La dermatite atopique

janvier 26th, 2017 | Redigé par admin in Atopie - (0 Comments)
atopie chien peau dermatite vétérinaire urgences Neuilly Thierry Bedossa

© nolamissesyou

Chez les humains, le terme « atopie » renvoie à une triade d’affections allergiques comprenant la rhinite, l’asthme, et la dermatite atopique. Chez les chiens, on ne retiendra que la dermatite atopique. On pense qu’il existe une forme de dermatite atopique féline, mais elle n’est pas encore bien décrite. Les chiens atopiques sont porteurs de gènes à l’origine d’une synthèse excessive d’lgE et d’une altération de la barrière cutanée. Les lgE sont produites en réaction à des allergènes environnementaux qui sont absorbés par l’épiderme ; on retrouve fréquemment des antigènes des acariens de la poussière des maisons (Dermatophagoides farinae, Dermatophagoides pteronyssinus) , ainsi que des pollens (provenant des arbres, des herbes ou des pelouses), les squames d’animaux ou d’humains, les moisissures (de la maison ou des champs) ou encore des allergènes provenant de staphylocoques ou de Malassezia. Les lgE spécifiques d’antigènes se fixent sur les mastocytes présents dans le derme ; lors de la deuxième exposition à l’allergène, les mastocytes libèrent le contenu de leurs vésicules dans le derme : histamine, leucotriènes, prostaglandines, protéases et cytokines. Ces médiateurs de l’inflammation engendrent une vasodilatation,une infiltration de cellules inflammatoires et du prurit. Lorsque les lymphocytes continuent à libérer des cytokines, l’inflammation cutanée devient chronique.

Anamnèse et signes cliniques

Certaines races sont prédisposées à la dermatite atopique, c’est le cas par exemple du West Highland white terrier, du cairn terrier, du golden retriever, du labrador retriever, du boxer, du bouledogue, du setter irlandais, du setter anglais, du shar pei, du dalmatien, du lhassa apso et du berger allemand. Les symptômes feront leur apparition entre 6 mois et 3 ans, parfois plus tard encore. Le principal signe clinique est le prurit, qui est généralement présent toute l’année, mais il peut aussi être saisonnier. Au début, les zones touchées sembleront saines, puis elles deviendront érythémateuses. Généralement la tête, les oreilles et les extrémités des membres seront touchées, mais si une infection secondaire se développe, elle pourra s’étendre à la face ventrale de l’abdomen, aux régions axillaires et au périnée. Au niveau individuel, on peut s’écarter de façon assez importante de ce schéma classique ; ainsi, certains chiens seront présentés avec une zone de prurit uniquement à l’extrémité des membres, sur la face ou au niveau des oreilles.

Techniques diagnostiques spécifiques

Le diagnostic d’une dermatite atopique ne pourra être établi que si l’anamnèse et les signes cliniques (lésions et répartitions) sont caractéristiques, et lorsque les autres dermatoses prurigineuses provoquées par des ectoparasites, des infections ou une hypersensibilité alimentaire auront été écartées des hypothèses diagnostiques. On aura alors le choix entre deux options :

  • un traitement symptomatique à long terme

  • des tests allergologiques pour confirmer l’hypersensibilité à lgE et identifier les allergènes afin de mettre en place une immunothérapie.

L’option choisie dépendra de beaucoup de facteurs, comme la sévérité du prurit, l’âge du chien, les ressources financières du client et ce qu’il souhaite pour son animal. Il est possible de débuter par un traitement symptomatique, puis de réaliser des tests allergologiques si les lésions s’aggravent.

Deux types de tests sont disponibles : un test intradermique et un test sérologique (dosage des lgE sanguines spécifiques d’un allergène). Le résultat du test ne sera significatif que si les signes cliniques concordent avec une dermatite atopique et que toutes les autres causes de prurit ont été éliminées. Les dermatologues recommandent généralement plutôt le test intradermique, car il évalue la réaction d’hypersensibilité directement dans l’organe cible. Cependant, si le chien a été méticuleusement examiné, l’un ou l’autre de ces tests permettra de déterminer les allergènes à utiliser pour les traitements par immunothérapie.

Traitement

Il est important d’informer les clients dès le départ que la dermatite atopique est une maladie incurable, afin qu’ils sachent à quoi s’attendre. Le traitement est donc à vie, et il sera plus palliatif que curatif. Il est ainsi nécessaire d’avoir exclu ou traité toutes les autres hypothèses diagnostiques avant de le démarrer. Le traitement de la dermatite atopique peut inclure certains de ces éléments : éviter certains allergènes, immunothérapie spécifique d’antigène, corticoïdes, ciclosporine, antihistaminiques, acides gras essentiels, herbes chinoises, traitements topiques, contrôle des infections cutanées et auriculaires secondaires. Si nécessaire, on pourra mettre en place jusqu’à trois des traitements précédents en même temps, en particulier si c’est dans le but d’éviter ou de diminuer l’utilisation de corticoïdes. Les cas les plus sévères pourront nécessiter jusqu’à quatre ou cinq traitements simultanés. Le rôle du clinicien est de trouver la bonne combinaison de traitements pour contrôler les signes cliniques tout en limitant les effets secondaires, tout cela en respectant le budget du propriétaire.

Eviter les allergènes est la méthode de choix pour contrôler la dermatite atopique, mais elle est difficile à mettre en place en pratique. Les tentatives de contrôle de la population d’acariens ou pour éviter les pollens sont rarement efficaces.

L’immunothérapie spécifique d’antigène ne peut être entreprise que si le chien a été soumis à un test allergologique. L’immunothérapie est bénéfique dans 50 à 75 % des cas, mais il faut attendre de 2 à 9 mois avant d’en voir les effets. Lorsqu’on vient de la mettre en place, il est souvent nécessaire de lui associer un traitement symptomatique afin de contrôler les signes cliniques. Le risque d’effets secondaires est très faible, et il est extrêmement rare d’observer des complications graves telles qu’un choc anaphylactique.

Les corticoïdes sont probablement les médicaments les plus utilisés pour traiter la dermatite atopique. Ils sont efficaces dans presque 100 % des cas et ne coûtent pas cher. Cependant, comparé à d’autres alternatives, ils sont à l’origine des effets secondaires les plus nombreux, en particulier à long terme. Voici quelques cas dans lesquels ils sont justifiés :

  • comme traitement initial à court terme du prurit , sévère ou lors de poussées (si les infections sont contrôlées)

  • comme traitement à long terme lorsque les propriétaires n’ont pas les moyens ou ne souhaitent pas envisager une autre alternative comme traitement adjuvant lorsque l’animal répond mal aux autres traitements mis en place

  • lors de dermatite atopique saisonnière n’excédant pas 3 mois

  • lorsqu’on débute une immunothérapie et que le 1e prurit est sévère

Il y a deux objectifs à atteindre lorsqu’on prescrit des AIS à long terme : arriver à atteindre la dose minimale efficace et arriver à mettre en place un autre traitement pour alterner. Les doses initiales de prednisolone seront comprises entre 0,5 et 1,0 mg/kg/j sur une durée de 5 à 10 jours. A l’issue de cette période, on espacera à une prise tous les deux jours. Pour une utilisation à long terme, il faudra essayer de réduire le plus possible la dose minimale efficace pour contrôler le prurit. On déconseille l’utilisation de corticoïdes injectables longue action, car on ne peut pas ajuster précisément leur concentration, il n’est pas possible d’alterner un jour sur deux avec un autre traitement et le risque d’effets secondaires est donc plus important.

La ciclosporine est un traitement possédant une AMM pour la dermatite atopique canine, il est efficace dans presque 80 % des cas. L’inconvénient principal de ce médicament est son prix. La posologie est de 5 mg/kg/j en une prise. Il faut l’administrer à jeun car la présence de nourriture dans l’estomac réduit sa biodisponibilité. Il faudra attendre 4 à 6 semaines pour atteindre l’efficacité maximale. Si l’animal répond bien au traitement, on pourra essayer de le donner un jour sur deux, voire de réduire à deux fois par semaine. La ciclosporine provoque moins d’effets secondaires à court ou moyen terme que la prednisolone, bien que ses effets à long terme ne soient pas encore connus. Son effet secondaire le plus courant est l’apparition de vomissements lors des premières prises. Cet effet s’atténuera généralement avec le temps; il est possible de maitriser les vomissements en réduisant ou en arrêtant temporairement le traitement, ou encore de le donner avec de la nourriture lors des premières fois. es effets secondaires moins courants incluent une hyperplasie gingivale, une hypertrichose ou une papillomatose.

Les antihistaminiques utilisés seuls ne sont pas très efficaces contre le prurit, on recommande de les utiliser comme traitement adjuvant. Ils ne possèdent pas d’AMM pour les chiens, mais ils seront efficaces dans 20 % des cas, en particulier au début de l’évolution de la dermatite atopique ou tant qu’elle reste modérée. Lorsqu’on prescrit des antihistaminiques, il est important d’essayer au moins deux médicaments différents durant une semaine chacun, avant de déterminer lequel est le plus efficace pour ce patient à long terme. Voici une liste de quelques molécules disponibles : le maléate de chlorphéniramine, l’association maléate de chlorphéniramine avec de l’hydroxyzine, l’hydroxyzine. Le principal effet secondaire des antihistaminiques est la sédation ; lorqu’elle apparaît, il est préférable d’arrêter le traitement.

Les acides gras essentiels seront bénéfiques dans 20 % des cas, et leur action sera synergique s’ils sont donnés en association avec des antihistaminiques. Afin d’atteindre leur efficacité maximale, on les prescrira durant au moins 6-8 semaines. L’association antihistaminique-acides gras essentiels ne fonctionne que chez une poignée d’animaux car leur action est plus spécifique que les corticoïdes ou la ciclosporine, et également parce qu’ils ne sont pas capables de contrôler une inflammation assez étendue à médiation par les lymphocytes T et les cytokines.

Le Phytopica® est un complément alimentaire contenant trois herbes chinoises différentes, qu’on utilise parfois dans le protocole du traitement de la dermatite atopique. Il est efficace dans environ 20 % des cas.

Les traitements topiques consistent en des shampooings ou des crèmes. Les shampoings sont utiles car ils aident à réduire les infections bactériennes secondaires et les infections à Malassezia ; ils permettent également de retirer les antigènes et les squames qui se déposent, tout en ayant un effet hydratant (bien que ces actions ne durent que 24-48h). Les corticoïdes topiques peuvent aussi être très utiles, en particulier lors d’inflammation difficile à maîtriser dans une région en particulier (ex : périnée, extrémité des membres, pavillon auriculaire).

Que faire si son état ne s’améliore pas ?

Il est important de mettre en place un traitement à long terme pour que le propriétaire puisse apprécier l’amélioration des signes cliniques chez son chien, plutôt que de prescrire des médicaments par intermittence lors de chaque visite. Cependant, les différentes options de traitement disponibles pour la dermatite atopique ne sont pas toujours efficaces pour un animal donné ; il est donc nécessaire d’en tester plusieurs afin de trouver la meilleure combinaison. Les causes les plus fréquentes d’échec thérapeutique sont un diagnostic erroné, lorsqu’on essaie d’évaluer l’efficacité du traitement avant d’avoir traité les infections secondaires, ou lorsqu’on initie une immunothérapie basée sur une sérologie (lgE) sans avoir effectué d’évaluation diagnostique et thérapeutique complète. L’aggravation soudaine des symptômes d’un animal dont le traitement était efficace jusqu’à présent ne signifie pas nécessairement que la dermatite atopique se complique, il peut s’agir d’une autre affection cutanée qu’il conviendra donc d’examiner avec attention.

La dermatite atopique est une maladie incurable qui nécessite un traitement à vie. Cette affection impliquera donc inévitablement des dépenses durant toute la vie de l’animal. L’option la plus économique à long terme sera la prescription de corticoïdes, mais il faudra prévenir les propriétaires des effets secondaires possibles.

La dermatite pyotraumatique ou Hot Spot

janvier 26th, 2017 | Redigé par admin in Hot Spot - (0 Comments)
dermatite pyotraumatique chien peau dermatite vétérinaire urgences Neuilly Thierry Bedossa

© Dogs

La dermatite pyotraumatique (dermatite aiguë suintante, hot spot, dermatite exsudative aiguë, est à l’origine de lésions focales très prurigineuses. Ces lésions sont souvent auto-infligées à la suite du prurit que provoque une hypersensibilité aux piqûres de puces, une sacculite anale, une otite externe, une dermatite atopique, une hypersensibilité d’origine alimentaire ou une pyodermite à staphylocoque. Il arrive cependant dans certains cas que le hot spot ne puisse être relié à aucune cause apparente. Lorsque l’animal commence à s’auto-mutiler, il entre dans un cycle qui s’entretient et qui aboutit à la macération de l’épiderme, ainsi qu’à des infections bactériennes secondaires. On ne rencontre pas de dermatite pyotraumatique chez les chats.

Anamnèse et signes cliniques

La dermatite pyotraumatique apparaît brutalement, ou lorsque le propriétaire ne s’est pas rendu compte que son chien souffrait d’une affection cutanée. Elle est souvent localisée sur la croupe, le cou ou la tête. Sans traitement, le chien va lécher, mordiller et gratter la zone atteinte en permanence. A l’examen clinique, les lésions apparaitront bien délimitées, exsudatives, érodées, et souvent recouvertes de poils abimés. Elles peuvent être douloureuses, assez étendues et sentir mauvais.

Techniques diagnostiques spécifiques

Il est facile de reconnaître une dermatite pyotraumatique car sa présentation clinique est très caractéristique. Si l’on veut examiner de façon plus détaillée la lésion afin de mettre en place un traitement efficace, on coupera délicatement les poils qui peuvent être collés à la peau ou autour de la lésion. Comme les lésions sont souvent douloureuses et que le chien peut s’agiter lorsqu’on essaie de couper les poils, il faudra assurer une bonne contention et faire attention avec les ciseaux. Il sera parfois nécessaire de sédater l’animal. On examinera ensuite attentivement la lésion pour évaluer la sévérité de l’infection bactérienne. Si on n’observe qu’une érosion bien délimitée et que la peau autour est encore saine, il s’agit d’une dermatite pyotraumatique superficielle. En revanche, si la lésion se présente comme une plaque épaisse, suintante et purulente, et que la peau autour présente ce que l’on appelle des lésions satellites (papules, pustules, nodules), il s’agit alors d’une dermatite pyotraumatique profonde. Cette distinction est importante à prendre en compte pour le traitement. Après avoir caractérisé correctement la lésion, les cliniciens examineront le reste du corps à la recherche d’une affection sous-jacente (comme décrit précédemment) qu’il faudra également traiter.

Traitement

Après avoir retiré tous les poils collés, on nettoiera les lésions avec une solution de chlorhexidine ou de povidone-iodée diluée pour enlever les exsudats et les croûtes. Comme les dermatites pyotraumatiques superficielles et profondes sont accompagnées d’un prurit sévère, on prescrira des corticoïdes pour briser le cycle prurigineux. Une injection de dexaméthasone à action rapide ou un traitement PO sur 3 à 5 jours de prednisolone à dose anti-inflammatoire est généralement suffisant. l’application topique d’une crème à base d’antibiotiques et d’AIS sera bénéfique pour atténuer le prurit et traitera également une infection bactérienne superficielle. Le traitement sera poursuivi jusqu’à disparition du prurit et cicatrisation de la peau. Lorsqu’on est face à une dermatite pyotraumatique profonde, on devra mettre en place un traitement antibiotique systémique. On pourra utiliser l’association amoxicilline-acide clavulanique, de la céfalexine, de la clindamycine, de la céfovécine, ou des sulfamides potentialisés. Certains cliniciens conseillent également le port d’une collerette pour empêcher le chien d’aggraver les lésions. Bien que cette stratégie soit très efficace, certains chiens les tolèrent très mal, et chez les races les plus grandes, elles peuvent poser problème au sein d’une maison encombrée. De plus, les collerettes ne peuvent pas se substituer à un traitement médical du prurit. Ainsi, les collerettes ne sont pas suffisamment bien tolérées pour que leur utilisation soit justifiée lors de dermatite pyotraumatique. Il conviendra aussi de traiter toute affection sous­-jacente. On pourra par exemple mettre en place un traitement contre les puces, vidanger les glandes anales, traiter une otite externe ou une allergie sous­-jacente.

Le traitement de la dermatite pyotraumatique est généralement rapidement efficace. Si les lésions ne régressent pas, les cliniciens devront vérifier qu’ils n’ont pas traité une dermatite pyotraumatique profonde comme une superficielle. Il conviendra alors de démarrer un traitement antibiotique systémique. Si les lésions ne s’améliorent toujours pas, on envisagera de faire une biopsie et une cytologie pour rechercher une infection atypique ou une tumeur.

Si les lésions disparaissent complètement à la suite du traitement, mais reviennent systématiquement, il faut rechercher une cause sous-jacente. Si le clinicien n’en trouve aucune, il faudra recommencer un traitement symptomatique à chaque récidive. Le mieux est alors que les propriétaires conservent chez eux un tube d’antibiotiques ou de corticoïdes pour traiter rapidement leur chien en cas de besoin. Ils éviteront ainsi que les lésions ne s’aggravent rapidement.

Le traitement d’une dermatite pyotraumatique superficielle ne revient généralement pas très cher. On pourra réduire le coût du traitement d’une dermatite pyotraumatique profonde en prescrivant des sulfamides potentialisés.

La polyurie-polydipsie

janvier 26th, 2017 | Redigé par admin in Polyurie-polydipsie - (0 Comments)
polyurie polydipsie chien vétérinaire urgences Neuilly Thierry Bedossa

© K. Thalhofer

La polyurie et la polydipsie (souvent abréviées par PUPD) sont des symptômes fréquemment rencontrés en pra­tique canine. On définit la polydipsie comme une prise d’eau supérieure à 100 ml/kg/j, et la polyurie comme la production anormalement importante d’urine. Il peut être difficile de déterminer avec précision la quantité d’eau ingérée, surtout lorsque le client possède plusieurs animaux ou lorsque l’animal a accès à l’extérieur. Pour des raisons pratiques, on considérera donc qu’une prise de boisson supérieure à 2 ou 3 fois la normale sur plusieurs jours sera pathologique. Notez que le passage d’une alimentation humide vers une alimentation sèche peut être à l’origine d’une augmentation de la prise d’eau, mais sans aller jusqu’à une véritable polydipsie. La polydipsie dé­coule le plus souvent d’une anomalie ou d’une maladie à l’origine d’une polyurie, classiquement due à une osmola­rité urinaire ou à une mauvaise réponse à l’hormone anti­ diurétique (un mécanisme connu sous le nom de diabète insipide néphrogénique secondaire). Il est important de se souvenir que la PUPD est presque toujours l’expression d’une maladie assez sévère.

Principaux diagnostics différentiels

  • Troubles endocriniens, ex : diabète sucré, syndrome de Cushing, hyperthyroïdie (chats) ou maladie d’Addi­son

  • Atteinte rénale, ex : insuffisance rénale chronique ou pyélonéphrite

  • Pyomètre

  • Déséquilibre électrolytique, ex :hypokaliémie, hyper­ calcémie

  • Administration de certains médicaments, ex : furosémide, glucocorticoïdes ou phénobarbital.

On peut aussi inclure certains diagnostics différentiels moins communs comme une atteinte hépatique (ex : shunt porto-systémique ou insuffisance hépatique), une polyglobulie, une maladie rénale congénitale, un diabète insipide primaire ou une polydipsie primaire (psychogé­nique = potomanie).

Approche diagnostique

Il est essentiel d’adopter une approche structurée face à une PUPD, la première étape consistant à s’assurer qu’elle est bien présente. Si c’est faisable, le mieux est de demander au propriétaire de mesurer la quantité d’eau bue par jour, afin de confirmer la polydipsie. La polyurie est plus difficile à mettre en évidence, surtout chez les chats, et il faut bien la différencier de l’incontinence urinaire ou d’une dysurie. Les chiens souffrant d’incontinence urinaire tacheront souvent l’endroit où ils dorment avec de l’urine, on pourra aussi voir de petites pertes intermittentes au cours de la journée ;alors que les chiens souffrant de polyurie chercheront à sortir plus souvent, ou urineront de grandes quantités à côté de la porte. Il peut cependant aussi arriver qu’une polyurie concomitante aggrave les signes d’incontinence. La dysurie se caractérise par l’émission fréquente de petites quantités d’urine. Pour établir son diagnostic, on pourra aussi s’aider d’autres renseignements tels que l’âge de l’animal,s’il est stérilisé ou non, son appétit, d’éventuelles variations du poids et l’administration éventuelle de médicaments de façon récente. Un examen clinique complet peut permettre de trouver des indices sur la cause des symptômes, comme par exemple un écoulement vulvaire chez une chienne souffrant d’un pyomètre, une tachycardie ou un goître chez un chat souffrant d’hyperthyroïdie, une modification du pelage lors d’un syndrome de Cushing, ou encore une adénomégalie ou une augmentation de la taille des glandes anales qui peuvent être cohérents avec une hypercalcémie d’origine tumorale (Hypercalcémie Humorale Maligne : HHM).

L’étape suivante consiste à analyser un échantillon d’urine (densité, bandelette et sédimentation), pour évaluer sa concentration et afin de détecter un diabète sucré (glycosurie) ou une pyélonéphrite (qui sera mise en évidence par des signes d’inflammation après analyse du culot). Les échantillons récoltés au cours d’une miction spontanée chez les chiens seront conservés dans un pot propre. Il faut en fournir au propriétaire afin d’éviter qu’il emploie un vieux pot ayant déjà été utilisé et présentant des traces de produits interférant avec les tests qui seront réalisés, comme de la confiture pouvant être à l’origine d’une glycosurie artéfactuelle.

Il est possible d’obtenir de l’urine chez les chats en leur proposant une litière non absorbante dans leur caisse. Certains chats ou chiens nécessiteront la récolte d’urine par sondage ou par cystocentèse.

Dans tous les cas de PUPD, on réalisera une biochimie et une numération-formule sanguine indépendamment des informations obtenues dans l’anamnèse, l’examen clinique ou les analyses urinaires, parce que plusieurs maladies peuvent être présentes en même temps. Les paramètres les plus importants à évaluer dans la biochimie sont le glucose, l’urée, la créatinine, l’albumine, les globulines, les enzymes hépatiques, les acides biliaires, le sodium, le potassium, le calcium et le cholestérol. Ces premières analyses permettront de détecter un diabète sucré, une insuffisance rénale, un trouble hépatique ou un désordre électrolytique. Elles peuvent aussi mettre sur la voie d’un syndrome de Cushing (influence des corticoïdes sur la NF-sanguine, PAL augmentées, cholestérol augmenté) ou d’une maladie d’Addison (hyponatrémie, hyperkaliémie), justifiant alors de poursuivre les investigations. Chez les chats âgés, il est intéressant de mesurer la thyroxinémie.

S’il n’est pas possible de parvenir à un diagnostic à l’issue de ces premières analyses, il faut effectuer d’autres examens complémentaires. Chez les chiennes non stérilisées, l’hypothèse du pyomètre doit être privilégiée (ex : échographie). Si on suspecte une pyélonéphrite, on prélèvera un échantillon d’urine par cystocentèse pour analyse bactériologique. Mais attention, l’excrétion des bactéries peut être intermittente, et si c’est la principale hypothèse diagnostique, il peut être indiqué d’essayer un traitement antibiotique.

Si l’on suspecte un syndrome de Cushing, de par des signes cliniques évocateurs ou des résultats d’analyses, il faut effectuer un test de stimulation à l’ACTH. Ce test peut aussi servir à confirmer une maladie d’Addison (notez qu’on n’aura pas toujours de déséquilibre électrolytique chez les chiens atteint de cette maladie). Si le test de stimulation à l’ACTH est normal, ou douteux, il faut éliminer l’hypothèse d’un syndrome de Cushing en réalisant un freinage à la dexaméthasone à dose faible, ou en calculant le rapport cortisol / créatinine urinaire, même s’il n’y a pas d’autres signes indiquant un syndrome de Cushing. Une fois que les maladies les plus courantes ont été éliminées (ce qui peut être difficile à faire avec certitude dans le cas d’un syndrome de Cushing, de troubles rénaux débutant ou d’une pyélonéphrite), les hypothèses principales qui restent sont alors une polydipsie primaire ou un diabète insipide. Pour explorer ces deux hypothèses, il faut soit réaliser un test de restriction hydrique, soit essayer un traitement à base d’un analogue de la vasopressine (desmopressine ou DDAVP). Il faut tout de même savoir que les tests de restriction hydrique ne sont pas sans danger (en particulier si on est passé à côté d’un problème rénal), et qu’ils sont longs et difficiles à réaliser. L’interprétation de ces tests de restriction ainsi que des résultats d’un traitement à base de DDAVP est également délicate. Il est préférable de discuter du cas avec un spécialiste en médecine interne avant de se lancer dans ces procédures.

Traitement

Il n’existe pas de traitement symptomatique pour une PUPD ; pour améliorer l’état de l’animal, il faut trouver la cause et la traiter de façon adéquate. Une PUPD sévère chez un chien peut être gênante pour les propriétaires s’il éprouve le besoin d’uriner même la nuit ; il faut cependant les avertir des dangers auxquels ils exposent leur animal s’ils décident de réduire son apport hydrique.

Le traitement efficace d’une PUPD implique d’avoir identifié sa cause et de l’avoir traitée. Mais il faut avertir les propriétaires lorsque la maladie est incurable et nécessite un traitement à vie. Il faut aussi les avertir qu’il arrive que la polydipsie persiste malgré un traitement adapté, en particulier lors d’insuffisance rénale ou de maladie hépatique. Si la PUPD ne disparaît pas comme attendu, il faut envisager la présence d’une maladie concomitante ou une erreur de diagnostic.

La diarrhée

janvier 26th, 2017 | Redigé par admin in Diarrhée - (0 Comments)
diarrhée chien vétérinaire urgences Neuilly Thierry Bedossa

© javier brosch

La diarrhée se définit par la production de fèces trop riches en eau, ce qui provoque une augmentation de la fréquence d’émission, du volume et/ou une baisse de la fermeté des fèces. L’origine peut être gastro-intestinale ou non, et la diarrhée est fréquemment rencontrée en pratique générale, en particulier chez les chiens. Généralement, elle trouve son origine dans l’intestin grêle ou le gros intestin. Si elle provient de l’intestin grêle (IG), on observera une légère augmentation de la fréquence d’émission, une augmentation du volume des fèces mais pas de mucus ni de ténesme. Il est parfois possible d’observer du méléna (sang partiellement digéré). Une diarrhée chronique de l’IG sera à l’origine d’une perte de poids et parfois de polyphagie. Les vomissements sont plus fréquemment associés à une diarrhée de l’IG plutôt que du gros intestin. Lors de diarrhée provenant du gros intestin, on observera souvent une forte augmentation de la fréquence de défécation, avec la production de fèces en petite quantité à chaque fois. Si l’on observe une hématochézie (sang en nature), du mucus ou du ténesme, il est probable que la diarrhée provienne du gros intestin, tandis qu’on ne s’attendra pas à constater d’amaigrissement ou de polyphagie.

Ce chapitre se concentre sur les diarrhées provenant de l’intestin grêle ; celles provenant du gros intestin (colites) chez le chien seront traitées dans une autre fiche.

Principaux diagnostics référentiels

Diarrhée aiguë de l’intestin grêle

  • Origine alimentaire : mauvaises habitudes alimentaires, intolérance ou allergie

  • Maladie infectieuse : vers ronds, infection virale (parvovirus, coronavirus), infection bactérienne (Campylobacter; Salmonella, Clostridia), protozoaires (Giardia)

  • Affection du tube digestif : gastro-entérite hémorragique, obstruction partielle (intussusception, corps étranger), MICI, affection hépatique, pancréatite (provoque plutôt des vomissements et une diarrhée du gros intestin)

  • Affection métabolique/endocrinienne : insuffisance rénale aiguë, maladie d’Addison

  • Certains médicaments ou produits toxiques.

Diarrhée chronique de l’intestin grêle

  • Origine alimentaire : intolérance ou allergie

  • Maladie infectieuse : vers ronds, protozoaires (Giardia ; Trichomonas chez les chats provoque normalement plus une diarrhée du gros intestin), affection associée à une infection par le FeLV, le FIV ou la PIF chez les chats

  • Affection du tube digestif : MICI, entéropathie répondant aux antibiotiques, intussusception chronique, lymphangiectasie, insuffisance du pancréas exocrine, affection hépatique, tumeur (lymphome, adénocarcinome)

  • Affection métabolique/endocrinienne : maladie d’Addison, hyperthyroïdie (chez les chats).

Approche diagnostique

Il est important d’obtenir une anamnèse complète, en s’attardant surtout sur l’alimentation, l’aspect des fèces, l’identification de l’origine de la diarrhée (IG, gros intestin ou les deux), la présence ou non de vomissements, une baisse de l’appétit ou une perte de poids. Il convient d’effectuer un examen clinique complet en n’oubliant pas d’évaluer le comportement général de l’animal, sa note d’état corporel, son degré de déshydratation ainsi qu’une palpation abdominale consciencieuse.

Diarrhée aiguë de l’IG

La majorité de ces diarrhées est due à de mauvaises habitudes alimentaires lorsque l’état général de l’animal est conservé. Un traitement symptomatique sera suffisant et ce n’est pas la peine d’envisager d’autres analyses. En revanche, on recommande de poursuivre les investigations lorsque l’état général de l’animal est atteint, que la diarrhée est sévère, si l’on a observé du méléna ou lorsque le problème est récurrent.

Pour les cas aigus et sévères, l’origine est généralement infectieuse. Il est possible de mettre en évidence un agent pathogène entérique de nombreuses manières, par exemple en effectuant une culture, des analyses parasitologiques, un test ELISA ou une PCR. La PCR peut être utilisée pour isoler de nombreux agents pathogènes à partir d’un échantillon de selles (ex : Giardia, Cryptospondium, Salmonella, gène de l’entérotoxine A de Clostridium perfrignens, coronavirus à tropisme intestinal ; ainsi que pour les chiens le parvovirus et le virus de la maladie de Carré, et pour les chats Trichomonas fœtus, Toxoplasma et le parvovirus responsable du typhus. Un test ELISA sur fèces est disponible disponible pour le parvovirus canin. Remarquez qu’il est possible d’isoler Campylobacter à partir des fèces de beaucoup de chiens asymptomatiques ; la signification clinique de ce résultat n’est donc pas toujours évidente.

Cependant, lorsque le chien présente des symptômes et que cette bactérie a été isolée à partir des fèces, on recommande de le traiter dans ce sens (voir plus loin). Une coproscopie n’est pas la méthode la plus sensible pour mettre en évidence Giardia, on recommande plutôt d’effectuer une PCR ou un traitement d’essai avec du fenbendazole à la dose de 50 mg/kg durant 3-5 jours. Pour évaluer le degré de déshydratation et explorer les hypothèses de diarrhée d’origine extra-intestinale, on pourra effectuer une NF sanguine, une biochimie (avec l’urée, la créatinine, les globulines,les enzymes hépatiques, le glucose, le sodium, le potassium, le calcium et le cholestérol) et une analyse urinaire. On effectuera un cliché radiographique de l’abdomen pour rechercher des signes d’obstruction partielle qui pourrait nécessiter une opération chirurgicale.

Diarrhée chronique de l’IG

De la même façon, pour les cas de diarrhée chronique de l’IG, on recommande d’effectuer une coproscopie ou une PCR (s’ils n’ont pas déjà été réalisés). Lorsqu’on en est là, il est aussi conseillé d’envisager une origine alimentaire en mettant en place un régime d’exclusion, et d’essayer un traitement avec de l’oxytétracycline ou du métronidazole durant 2-3 semaines en cas de diarrhée répondant aux antibiotiques. S’il n’y a aucune amélioration, que les symptômes récidivent ou que le patient est en mauvais état général, il convient d’exclure une origine extra-intestinale en réalisant une analyse sanguine, une biochimie et une analyse urinaire. On dépistera les chats pour le FIV et le FeLV, et on effectuera un dosage de la T4.

Pour les chiens, on effectuera un dosage des acides biliaires pré- et postprandiaux ainsi qu’un test de stimulation de l’ACTH afin d’exclure les hypothèses d’une affection hépatique ou d’une maladie d’Addison (on ne retrouvera pas forcément de déséquilibre électrolytique chez tous les animaux). Pour une suspicion de pancréatite, le dosage de l’immunoréactivité du trypsinogène {TLI} permettra d’exclure une insuffisance pancréatique exocrine. Le dosage de la concentration sérique de la vitamine B9 et B12 peut être utile mais n’est pas indispensable ; une concentration élevée en vitamine B9 associée à une concentration faible en vitamine B12 suggère une prolifération bactérienne ; une baisse de la concentration en vitamine 89 suggère une atteinte de l’IG proximal et une concentration faible en vitamine B12 suggère une atteinte sévère de l’IG distal. Bien qu’il existe des tests sérologiques pour explorer l’hypothèse d’une allergie alimentaire, des études ont montré que leurs résultats ne concordent pas avec ceux des régimes d’exclusion ; il n’est donc pas recommandé de les utiliser.

Selon les hypothèses qu’envisage le clinicien, les radiographies seront effectuées avant ou après les analyses sanguines. Une radiographie de l’abdomen permettra d’exclure une obstruction partielle ; on pourra réaliser un transit baryté si un doute persiste. Une échographie abdominale réalisée par un clinicien spécialisé aidera à détecter une cause extra-digestive de diarrhée, permettra de mesurer l’épaisseur de la paroi intestinale, la taille des nœuds lymphatiques mésentériques et à détecter des lésions focales. Lors de méléna, on envisagera plutôt l’hypothèse d’un saignement provenant du tube digestif supérieur (ulcère ou tumeur) ou un trouble de l’hémostase.

Si toutes ces analyses ne permettent pas de déterminer l’origine de la diarrhée chronique, on pourra effectuer une endoscopie ou une laparotomie exploratrice afin d’obtenir plusieurs biopsies de l’IG.

Traitement

Pour le traitement symptomatique d’une diarrhée aiguë modérée de l’IG, on mettra en place un jeûne court (pas plus de 24h), suivi d’une réintroduction progressive de petites quantités d’aliments hautement digestibles et peu gras. On ne prescrira pas d’antibiotiques pour ces cas-là. Il existe des médicaments contenant des probiotiques, des prébiotiques, du kaolin et des pectines ; bien que leur utilisation soit largement répandue, il n’y a que peu d’études publiées démontrant leur efficacité. Les anti-spasmodiques tels que la butylscopolamine sont utiles lors de gêne abdominale ; cependant, il faudra dans ce cas envisager une cause plus sévère de diarrhée comme une obstruction. En l’absence d’amélioration, il convient d’examiner à nouveau le patient 2-3 jours plus tard. Il est important de ne pas oublier le traitement anti-parasitaire, surtout chez les chiots et les chatons.

Pour les cas sévères et aigus, il est généralement nécessaire de mettre en place une fluidothérapie pour réhydrater l’animal. Lors de méléna, on prescrira un gastro-protecteur (sucralfate, oméprazole ou un antagoniste des récepteurs H tel que la cimétidine). La suite du traitement dépend de l’origine de la diarrhée.

Lors d’une infection par Campylobacter symptomatique, on prescrira des comprimés d’érythromycine gastro­ résistants ; il ne faudra pas non plus oublier d’avertir le propriétaire de la nature zoonotique de cet agent afin qu’il maintienne une bonne hygiène. Lorsqu’un chien souffre d’une parvovirose, il lui faudra généralement des soins intensifs incluant une fluidothérapie (avec éventuellement des colloïdes et/ou du sang), un anti­-émétique, un gastro-protecteur, un soutien nutritionnel adapté ainsi que des antibiotiques en IV pour limiter le phénomène de translocation bactérienne lors d’hémorragie. Des études ont démontré l’efficacité de l’interféron oméga, recombinant d’origine féline, pour réduire la mortalité lors de parvovirose canine. Il ne faut pas oublier d’isoler les animaux souffrant d’une maladie infectieuse. Lorsqu’un chaton ou un chiot souffre de diarrhée, il ne faut pas négliger l’hypoglycémie qui s’installe rapidement ; on les supplémentera avec du glucose PO et IV.

Lors de diarrhée chronique ou récidivante de l’IG, il faut d’abord éliminer les origines parasitaires et alimentaires. Ceci étant fait, le traitement dépendra de la nature de l’affection sous-jacente.

Que faire si son état ne s’améliore pas ?

La majorité des cliniciens adopte une démarche par étape comme décrite précédemment pour le diagnostic et le traitement des diarrhées, car elles ne mettent généralement pas le pronostic vital en jeu. Bien que cette démarche soit justifiée sur le plan médical et qu’elle n’engendre pas de frais excessifs, elle signifie aussi que la diarrhée peut persister malgré le traitement initial. Il est donc important d’en informer les propriétaires afin qu’ils sachent que d’autres analyses seront peut-être nécessaires. Il arrive que certains animaux ne guérissent pas avant d’avoir établi le bon diagnostic et mis en place le traitement adapté.

La démarche par étapes décrite permet de limiter les frais, plutôt que d’effectuer tout un panel de tests d’un coup. La gestion des diarrhées aiguës modérées n’engendre généralement que très peu de frais, il suffit de donner quelques conseils simples sur l’alimentation. En revanche, pour les patients déshydratés dont l’état général est altéré, les frais seront forcément plus élevés, car il faudra les hospitaliser pour les réhydrater et les ré-alimenter. Pour les cas chroniques, des essais alimentaires et thérapeutiques successifs avec des anti-parasitaires ou des antibiotiques, tels que l’oxytétracycline ou le métronidazole, permettront de limiter les frais et de résoudre les signes cliniques dans de nombreux cas. Comme mentionné précédemment, les propriétaires doivent savoir qu’il peut être nécessaire de réaliser d’autres analyses, à l’origine de frais supplémentaires.

Le collapsus

janvier 26th, 2017 | Redigé par admin in Collapsus - (0 Comments)
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© Mikkel Bigandt

Un « collapsus » peut être provoqué par une perte de conscience ou une incapacité à conserver sa posture nor­male. On peut grossièrement regrouper les causes de col­lapsus en trois catégories. Un collapsus brutal se réfère aux patients chez qui un mécanisme physiopathologique aigu provoque une chute brutale. Un collapsus épisodique décrit des patients souffrant d’épisodes de collapsus récurrents, pouvant être causés par un problème inter­mittent, ou par un problème chronique se compliquant de crises (ex : exacerbation d’une cardiopathie au cours d’un exercice). Ces épisodes durent en général très peu de temps et l’animal semblera normal lorsqu’il sera amené chez le vétérinaire. Un collapsus apparent décrit des pa­tients couchés possédant encore la capacité de se dépla­cer, mais préférant ne pas le faire.

Principaux diagnostics différentiels

*Origine des collapsus brutaux

  • Choc hypovolémique : hémorragie à la suite d’un traumatisme ou d’une rupture d’une tumeur splé­nique, choc septique, dilatation-torsion d’estomac

  • Cardiopathie : insuffisance cardiaque congestive sévère, épanchement péricardique, thrombo-embolie aortique chez les chats

  • Affection respiratoire : obstruction des voies aé­riennes, pneumonie, atteinte de l’espace pleural

  • Affection orthopédique : fracture d’un membre

  • Désordre électrolytique : hypoglycémie, maladie d’Addison, altération sévère de l’équilibre électroly­ tique, encéphalose hépatique, acido-cétose diabé­tique, obstruction vésicale

  • Maladie neurologique/neuromusculaire, exemple : trau­matisme crânien, tumeur cérébrale, intoxication, syndrome vestibulaire, maladie inflammatoire du sys­tème nerveux central (SNC), botulisme

  • Atteinte de la colonne vertébrale, ex : fracture, hernie discale, embolie fibro-cartilagineuse, infarctus de la moelle épinière, subluxation atlanto-axiale (certains souffriront de collapsus épisodiques)

  • Anémie sévère.

*Origine des collapsus épisodiques

  • Convulsions provoquées par une atteinte intracrâ­nienne, extracrânienne (comme lors d’encéphalose hépatique ou d’hypoglycémie épisodique), ou par une épilepsie idiopathique

  • Épisodes de syncopes

  • Cardiopathie : sténose sub-aortique, sténose pulmonaire, arythmies intermittentes (bradydysrythmies ou tachyarythmies soutenues), cardio­ myopathie dilatée, cardiomyopathie hypertrophique (chats)

  • Troubles métaboliques : hypoglycémie inter­ mittente chez les patients ayant un insulinome

  • Hyperviscosité : polycythémie

  • Hypotension orthostatique, instabilité vasomotrice (mal définie chez le chien et le chat)

  • Troubles neuromusculaires, ex : myasthénie, narco­ lepsie/cataplexie, myopathies héréditaires

  • Episodes de collapsus induits par l’exercice chez les patients souffrant d’une maladie chronique car­ diaque, respiratoire ou neuromusculaire

* Origine des collapsus apparents

  • Affection orthopédique, ex : arthrose, polyarthrite, atteinte bilatérale des ligaments croisés

  • Douleur sévère, ex : postchirurgicale ou traumatique

  • Neuropathies et myopathies, ex : myopathie induite par les corticoïdes

  • On arrivera parfois à faire se relever et marcher cer­ tains patients souffrant d’un collapsus apparent selon la sévérité de l’atteinte.

Approche diagnostique

Lors de son arrivée au cabinet, il faut examiner rapidement l’animal afin d’écarter toute urgence vitale. On évaluera donc son système respiratoire (schéma respiratoire, fréquence respiratoire, obstacles), son système cardiovasculaire (fréquence et rythme cardiaque, qualité du pouls, couleur des muqueuses) et son système nerveux (facultés mentales, signes de convulsions, réflexes médullaires), puis on évaluera succinctement s’il peut encore se tenir debout ou marcher, et s’il présente des signes de globe vésical (chats). On prendra sa température si on soupçonne la présence d’une hyperthermie ou d’une hypothermie.

A l’issue de cet examen, les patients dont le pronostic vital est engagé devront être stabilisés avant d’envisager un examen clinique complet et de recueillir une anamnèse détaillée. On fera une prise de sang pour déterminer les paramètres d’urgence tels que l’hématocrite, les protéines totales, l’urée, le glucose, le sodium et le potassium. On réalisera un frottis pour l’examiner plus tard, et on mettra de côté des tubes de sang pour faire des analyses sanguines et biochimiques si besoin. On pourra aussi prendre des clichés radiographiques ou faire une échographie s’ils sont indiqués. Il n’est en général pas nécessaire de sédater les patients souffrant d’un collapsus. L’échographie permet en particulier de détecter rapidement une accumulation intracavitaire de liquide, par exemple lors d’hémorragie. Les autres examens dépendront des conclusions de l’examen clinique rapide.

Les animaux souffrant de collapsus épisodiques peuvent sembler cliniquement sains lors de leur examen. Il faudra alors interroger les propriétaires pour en apprendre plus sur la nature, la durée et la fréquence des crises, si elles se déclarent au repos ou lors d’exercice, toute modification de l’environnement précédant une crise, un changement de conscience ou une modification du schéma respiratoire, et s’il y a des signes neuro-végétatifs durant les crises comme une salivation, une défécation ou une miction. Il faut essayer d’établir si les crises s’apparentent à des syncopes ou à des convulsions. Une syncope se produit généralement au cours d’une excitation ou d’un exercice, et dure quelques secondes au cours desquelles l’animal apparaît « mou » ; il se remet ensuite en général rapidement et complètement. Les convulsions se produisent plutôt lorsque l’animal est au repos et peuvent durer de quelques secondes à plusieurs minutes ; elles sont souvent associées à des mouvements musculaires tonico-cloniques avec des signes neuro-végétatifs, puis suivies d’un état post-ictal.

Lorsqu’on débute les investigations d’un cas présen­tant des collapsus épisodiques, il faut commencer par un examen clinique et neurologique complet, réaliser des analyses sanguines et biochimiques (comprenant les électrolytes et la glycémie à jeun), et faire une ana­lyse urinaire. Il peut parfois être utile de demander au propriétaire de filmer une crise. Les autres examens complémentaires à effectuer dépendront du cas, on pourra envisager d’étudier un électrocardiogramme (ECG) – un examen Hotter durant 24h est particulière­ ment indiqué chez les races prédisposées aux dysryth­mies ventriculaires intermittentes comme les boxers et les dobermans; une mesure de la pression artérielle,des radiographies, une échocardiographie, une analyse des gaz sanguins artériels, un test de stimulation à lACTH.

Quel traitement ?

Les premiers examens devront permettre d’identifier tout problème mettant immédiatement en danger la vie de l’animal, afin de pouvoir les traiter de façon appropriée. Par exemple, il faudra administrer aux animaux en choc hypovolémique des bolus de fluides en IV (attention aux patients présentant des lésions pulmonaires ou avec une cardiopathie), supplémenter en oxygène ceux qui sont en détresse respiratoire en attendant d’identifier l’origine du problème et de le traiter, et administrer en urgence des anti-convulsivants tels que le diazépam aux animaux qui convulsent. La suite du traitement dépend de la nature de la maladie.

Que faire si l’état ne s’améliore pas ?

Un traitement efficace repose sur l’identification de la cause des collapsus, en utilisant une approche efficace et ordonnée. Certains patients souffrant d’un collapsus ont en réalité une maladie en stade terminal et il faudra alors envisager l’euthanasie.

Les investigations des collapsus épisodiques peuvent se révéler coûteuses et frustrantes, et les propriétaires doivent en être avertis dès le début. Pour les patients dont les crises restent rares et aucune anomalie n’est détectée à l’issue des premiers examens, on conseillera d’attendre de voir comment son état évolue. Toutefois, ceci n’est pas conseillé chez les boxers et les dobermans car ils sont prédisposés aux dysrythmies ventriculaires intermittentes pouvant potentiellement mettre leur vie en danger. Il faudra donc réaliser une échocardiographie et un examen Holter.

La démodécie

janvier 26th, 2017 | Redigé par admin in Démodécie - (0 Comments)
démodécie chien chat urgences vétérinaires pont de neuilly urgences vétérinaires neuilly-sur-seine

© Dogs

La démodécie est une affection cutanée provoquée par la prolifération des acariens Demodex canis, Demodex injai ou d’un Demodex auquel on n’a pas encore attribué de nom ayant un corps plus court. Certains demodex font partie de la flore cutanée commensale des animaux de compagnie et de l’homme ; on les retrouve au niveau des follicules pileux de la tête et des paupières. Ces acariens colonisent les animaux durant leurs premiers jours de vie à l’occasion de l’allaitement. Le chien est la seule espèce à être assez couramment atteinte de démodécie. On pense que les chiens déclarant une démodécie et âgés de moins de 18 mois seraient porteurs d’une anomalie empêchant leur système immunitaire de réguler la multiplication des demodex. Chez les adultes, le développement de cette maladie peut être dû à un traitement avec des corticoïdes, des médicaments cytotoxiques, à un syndrome de Cushing, une hypothyroïdie, une tumeur ou encore être idiopathique.

Anamnèse et signes cliniques

Lors de démodécie, on observe classiquement une chute de poils. Du prurit est associé dans 30 % des cas. La démodécie peut se présenter sous une forme localisée, généralisée ou podale. La peau peut être érythémateuse, de couleur normale ou parfois hyperpigmentée. Lorsqu’on examine la peau de près, on pourra trouver des comédons ou des manchons pilaires qui sont révélateurs d’une hyperkératose folliculaire. Lors d’infections bactériennes secondaires, on observe des pustules, des nodules ou des fistules.

Techniques diagnostiques spécifiques

La démodécie fait partie du diagnostic différentiel de toute alopécie focale, multifocale ou généralisée (que du prurit soit associé ou non), mais également de façon générale dès lors qu’on observe du prurit et que son , origine reste inconnue. On ne peut établir un diagnostic de démodécie qu’après visualisation des demodex à partir d’un prélèvement cutané. Il est fortement déconseillé de baser son diagnostic uniquement sur les signes cliniques, car le traitement d’une démodécie est long et fastidieux, et nécessite un suivi régulier de la prolifération des demodex pour être efficace.

Voici quelques tests pouvant être utilisés afin de détecter la présence de Demodex :

  • Raclage profond : il faut aller jusqu’à la rosée sanguine. On conseille de placer le prélèvement dans une goutte de lactophénol puis sur une lame ; on pourra l’observer au microscope au grossissement x4. Chez les chiens souffrant de démodécie, on observera facilement leur présence. Certains cliniciens pensent qu’il est normal de trouver quelques demodex chez un chien sain. Ce n’est pas vrai : si l’on trouve des Demodex sur un raclage cutané, c’est que le chien souffre d’une démodécie clinique. La population commensale n’est pas suffisamment nombreuse pour que l’on puisse en trouver sur un raclage.

  • Arracher quelques poils (trichogramme) : il est plus facile à réaliser qu’un raclage, en particulier autour de la tête ou au niveau des membres. On cherchera les acariens au niveau du bulbe et de la tige.

  • Biopsie cutanée : elle n’est normalement pas indiquée pour diagnostiquer une démodécie. Si le diagnostic est établi par cette voie, c’est que le clinicien a mal évalué les signes cliniques de l’animal.

Quel traitement ?

Pour qu’un chien guérisse d’une démodécie, il faut que les symptômes disparaissent et qu’on ne trouve plus de demodex lors de l’examen microscopique. Il s’agit d’une différence majeure comparé au traitement des autres atteintes parasitaires. Il est important de suivre cette recommandation car l’animal peut sembler guéri cliniquement, alors que les demodex sont toujours nombreux ; un arrêt du traitement provoquerait alors une rechute. C’est pour cela qu’il faut mettre en place un suivi de l’animal et effectuer un raclage et/ou un trichogramme régulièrement.

Les jeunes chiens atteints de démodécie localisée modérée guériront spontanément dans 90% des cas grâce à une réponse efficace de leur système immunitaire. Dans ces cas-là, on conseille de l’expliquer au propriétaire et d’attendre avant de débuter un traitement. On programmera une visite de contrôle quatre semaines plus tard pour s’assurer que son état s’est amélioré. Cette approche permettra de savoir si le chien est prédisposé à développer une nouvelle démodécie plus tard dans sa vie, en particulier s’il est amené à prendre des molécules immuno-suppressives pour le traitement d’une autre maladie. S’il s’avère nécessaire de traiter une démodécie localisée dès le départ, en particulier lorsque le propriétaire insiste, on se limitera à des molécules peu agressives comme de la moxidectine ou une application topique d’amitraz.

Lorsque les lésions sont plus sévères et très étendues, il est peu probable que la guérison soit spontanée, il faut donc mettre en place un traitement. Pour le moment, seules l’amitraz en topique et la moxidectine en spot-on ont une AMM pour traiter la démodécie, les cliniciens préfèreront donc l’utilisation de l’un de ces deux molécules. Toutefois, la moxidectine en spot-on n’est pas la plus efficace pour traiter une démodécie généralisée ; on choisira donc plutôt soit l’amitraz en première intention, soit on démarrera le traitement avec de la moxidectine pour le poursuivre avec de l’amitraz si elle se révèle inefficace.

Le protocole classique consiste à réaliser des shampoings toutes les semaines avec de l’amitraz et de revenir pour un contrôle tous les mois. Chez les races à poils longs, il pourra être nécessaire de couper leurs poils afin que le traitement pénètre plus facilement dans la peau. Si la peau est recouverte de nombreuses squames ou croûtes, on effectuera un premier shampoing à base de peroxyde de benzoyl. Si c’est le propriétaire qui effectue les shampoings, on lui recommandera de porter des gants et un tablier de protection, ainsi que de faire le shampoing dans un endroit bien ventilé. On préparera la solution d’amitraz selon les recommandations du fabricant, puis on la répartira sur tout le corps de l’animal avec une éponge, et on la laissera sécher.Dans les zones difficiles comme la tête, on pourra répartir la solution avec du coton. Pour bien traiter l’extrémité des membres, on conseille de mettre le chien debout avec l’extrémité des membres dans la solution pendant qu’on l’applique au reste du corps. Il faudra empêcher le chien de se lécher le temps que le produit sèche.

On pratiquera des raclages cutanés tous les mois afin de déterminer quand on pourra arrêter le traitement. Il sera terminé lorsque les lésions auront disparu et que deux raclages à un mois d’intervalle seront négatifs. Ainsi, la plupart du temps, le traitement devra être poursuivi durant au moins 2 mois, et pour les cas les plus sévères il pourra durer jusqu’à six mois.

Voici quelques conseils à suivre pour augmenter les chances de réussite :

  • Ne jamais administrer de corticoïdes à un chien atteint de démodécie, même lorsqu’il souffre d’un prurit sévère. Ils augmenteront la durée du traitement et empêcheront une guérison complète.

  • Lors d’infection bactérienne secondaire, on associera aux shampoings des antibiotiques par voie systémique jusqu’à résolution de la pyodermite

  • Les chiennes non-stérilisées devront l’être lorsque la maladie commence à guérir mais avant sa résolution complète. En effet, les variations hormonales survenant autour de l’œstrus peuvent déstabiliser les interactions entre le système immunitaire et les demodex, et provoquer une rechute

  • Si le chien est adulte lorsque la maladie se déclare, il faut s’assurer qu’il ne souffre pas d’une maladie sous-jacente. On réalisera des analyses de routine telles qu’une NF sanguine, une biochimie, une analyse d’urine, et on éliminera l’hypothèse d’un syndrome de Cushing.

Que faire si son état ne s’améliore pas ?

La plupart des cas de démodécie guériront si les consignes précédentes ont été bien suivies pendant le temps nécessaire. Mais il peut arriver que les demodex persistent malgré la disparition des lésions. Si le chien n’a reçu qu’un traitement en spot-on de moxidectine, on démarrera les shampoings d’amitraz. On envisagera un traitement hors AMM si, à l’issue de 3 à 6 mois de traitement avec de l’amitraz, les demodex sont toujours présents. Le plus souvent, on prescrira de la milbémycine ou de l’ivermectine. Les cliniciens ne s’engageront dans ces protocoles que s’ils sont familiers avec les posologies et les effets secondaires potentiels. Il peut arriver que les demodex ne disparaissent pas complètement lors des contrôles malgré de nombreux traitements avec différentes molécules : il faudra alors mettre en place un traitement à poursuivre à vie.

certificat de capacité CCAD clinique vétérinaire du pont de neuilly

© highwaystarz

Dans la foulée du colloque Dog Revolution qui s’est tenu début octobre à Nanterre, les docteurs vétérinaires Thierry Bedossa et Antoine Bouvresse proposent une formation pour l’obtention du certificat de capacité (CCAD),  qui sera certifiée par la SCP Bedossa, durant trois jours, les 19, 20 et 21 décembre.

Ce certificat est, depuis le décret du 16 juin 2014, obligatoire pour toute personne exerçant une activité commerciale en lien avec les animaux de compagnie. Sont ainsi concernés les éleveurs, éducateurs, mais aussi promeneurs, pensions, fourrières, dresseurs, handlers… Seuls les professionnels de santé animale et les toiletteurs n’ont pas pour obligation d’obtenir ce certificat, qui doit faire l’objet d’un renouvellement tous les dix ans de façon à être au fait des évolutions législatives.

Demandez le programme !

Aucun pré-requis n’est demandé pour suivre les 20 heures de cours réparties en quatre modules, avec deux fois 30 minutes d’évaluation :

  1. Approche réglementaire : 4 heures
    • Le cadre juridique
      • Les principes légaux
      • Identification des animaux
      • Réglementation sur le commerce
      • Obligations incombant aux propriétaires d’animaux
      • Rôles et missions des acteurs de la protection animale
    • Le logement
      • Les différentes installations
      • Aménagement et fonctionnement des locaux
      • Maîtrise de l’ambiance dans les locaux
      • Lutte contre les nuisances
      • Dispositions relatives à l’élevage
      • Nettoyage, désinfection, marche en avant
    • Le transport
      • Transport inférieur à 65km
      • Autorisations de transport et qualifications
      • Dispositif réglementaire
      • Connaissance de l’animal et de ses comportements
      • Mesures d’urgences
  1. Approche vétérinaire : 6 heures
    • La santé animale
      • Anatomie fonctionnelle
      • Notions de base en gastro-entérologie
      • Notions de base en dermatologie
      • Les parasites
      • Les maladies infectieuses
      • Prophylaxie
      • Vaccination des chiots
    • L’alimentation
      • Equilibre nutritionnel
      • Principe de distribution d’eau et de nourriture
      • Hygiène alimentaire
      • Calcul de la ration d’un chien adulte
    • La reproduction
      • Notion d’anatomie des appareils génitaux
      • Notions nécessaires au bon déroulement des différentes étapes de la

reproduction

      • Soins à apporter aux nouveaux-nés
  1. Approche pluridisciplinaire : 6 heures
    • Comportement
      • Evolution, domestication du chien domestique
      • Expression de la socialité chez le chien domestique
      • Ontogenèse chez le chien domestique
      • Identifier les signes de stress et évaluer le bien-être
      • Grands principes d’éducation
    • Principes et pratiques dans la sélection
      • Les groupes de races
      • Les principales races de chiens
      • Les différents organismes officiels
      • Les démarches à effectuer
      • Les notions basiques de génétique
      • Bien-être et sélection artificielle
      • Les facteurs impactant l’espérance de vie

La formation est assurée par des vétérinaires, des scientifiques éthologues et des professionnels du secteur, basée sur des exercices de construction et d’acquisition des connaissances, avec les supports classiques (présentation, livret pédagogique complet imprimé pour chaque candidat).

L’évaluation de la formation se fera sous la forme de QCM réalisé sur le site Internet du ministère de l’Agriculture (ccad.educagri.fr).

Les modalités retenues sont les suivantes :

  • Nombre de questions variables (en fonction du nombre de catégories choisies) : 30 questions pour 1 catégorie, 45 questions pour 2 catégories, 60 questions pour 3 catégories
  • Durée variable maximale de l’évaluation : 30 minutes (1 catégorie), 45 minutes (2 catégories), 60 minutes (3 catégories)
  • Seuil de réussite : 60 % de bonnes réponses au total et minimum 45 % pour chaque catégorie. Le logiciel propose un 2ème essai en cas d’échec. Chaque candidat a donc 2 essais pour valider l’attestation de connaissance. En cas d’échec au 2 essais, le candidat doit repasser par la voie de la formation.

A l’issue de l’évaluation, chacun des candidats reçoit de l’organisme de formation habilité :

  • Un bordereau de score d’évaluation personnalisé, précisant la date de l’évaluation, le n° de session, les catégories d’animaux objets de l’évaluation et le seuil de réussite
  • Une attestation de fin de formation, conforme à l’article L.6353-1 du code du travail
  • Feuille d’émargement et attestation de présence

Infos pratiques 

Où ? Clinique vétérinaire du Pont de Neuilly, SCP Bedossa

8 rue Ybry, 92200 Neuilly-sur-Seine

Quand ? 19, 20, 21 décembre 2016
Horaires : 8h30 – 12h30 / 14h-18h

Combien ? 380 euros nets pour l’intégralité de la formation, catégories « chien » et « chat » ainsi que le passage de l’examen (majoration de 10% en cas de prise en charge par un organisme de financement)
Hébergement et repas à la charge des participants

Nombre de participants : 10 personnes maximum

Inscription et contact : ccadformation@gmail.com

Event Facebook : https://www.facebook.com/events/721013548075273/

Les infections auriculaires

septembre 6th, 2016 | Redigé par admin in Infections auriculaires - (0 Comments)
infections auriculaires chien chat otites urgences vétérinaires 92 thierry bedossa

© antoine-photographe

Les infections auriculaires sont très courantes chez les chiens, moins chez les chats. Elles ont toujours pour origine une otite (inflammation du conduit auditif). L’otite peut être externe, dans ce cas elle sera limitée au conduit auditif externe vertical et horizontal, ou bien elle peut être interne lorsqu’elle touche l’oreille moyenne. Dans ce cas, l’infection aura progressé au-delà de la membrane tympanique jusqu’à la bulle tympanique. Les otites internes sont extrêmement rares et correspondent à une inflammation touchant la cochlée ou les conduits semi­ circulaires. Tout comme les autres affections cutanées, les infections auriculaire sont généralement secondaires à une maladie sous-jacente.

Différents facteurs et maladies prédisposant au développement d’otites chez le chien.

*Facteurs prédisposants :

  • oreilles tombantes

  • conduit auditif étroit congénital

  • nombreux poils dans les conduits auditifs

  • production de cérumen excessive

  • bains trop fréquents

*Causes primaires :

  • corps étranger (ex : épillet)

  • infestation par Otodectes cynotis

  • modification transitoire de la flore

  • dermatite atopique

  • allergie alimentaire

  • polype ou tumeur dans le conduit auditif

  • intolérance à certains médicaments auriculaires

  • hypothyroïdie

  • affections séborrhéiques

  • hyperplasie des glandes cérumineuses

  • otite à démodécie

*Facteurs d’entretien :

  • infection bactérienne résistante (ex : Pseudomonas)

  • otite moyenne

  • sténose progressive du conduit auditif

  • fibrose du conduit auditif

  • calcification du conduit auditif

  • ostéomyélite de la bulle tympanique

Les causes sous­ jacentes d’une otite sont regroupées en trois groupes : les facteurs de prédisposition, les causes primaires et les facteurs d’entretien. Les facteurs de prédisposition sont de nature anatomique, physiologique, ou comportementale ; ils favorisent le développement de l’otite, mais ne sont pas nécessairement des facteurs déterminants. Les causes primaires sont des maladies spécifiques, dans lesquelles les otites font partie du tableau clinique. Les facteurs d’entretien correspondent à des modifications chroniques pathologiques qui rendront les otites récurrentes ou réfractaires aux traitements. Chez les chats, les deux principales causes d’otite sont les Otodectes et les masses situées dans le canal auriculaire (polypes et tumeurs).

Indépendamment de l’origine de l’otite, le conduit auditif est généralement infecté par des levures ou des bactéries. Au départ, il s’agit d’une multiplication de la flore commensale, avec notamment Staphycococcus intermedius, Streptocoçcus canis ou Malassezia pachydermatis. Avec leur multiplication, on verra également apparaître des bactéries gram négatives comme Escherichia Coli, Proteus spp. ou Pseudomonas aeruginosa, en particulier lorsque le traitement initié au début de l’otite était inadapté.

Anamnèse et signes cliniques

On observe typiquement du prurit, des signes de douleur, une inflammation du conduit auditif,une odeur désagréable, un écoulement et l’animal secoue la tête. Les symptômes d’une otite moyenne sont les mêmes que ceux d’une otite externe; cependant, ils sont généralement plus persistants et récurrents, et peuvent conduire à une paralysie faciale. Bien que les otites internes soient rares, elles peuvent entrainer une surdité et un syndrome vestibulaire (tête penchée, nystagmus, ataxie). On interrogera en détail le propriétaire et on réalisera un examen dermatologique complet afin de détecter des signes d’une affection sous­-jacente. Par exemple, lorsque le chien se met brusquement à secouer la tête, l’hypothèse du corps étranger est la plus probable, alors qu’une apparition progressive du prurit est plus caractéristique d’une allergie.

Techniques diagnostiques spécifiques

Il existe deux techniques particulières à réaliser dès que l’on suspecte une otite : un examen otoscopique et une analyse cytologique de l’écoulement. L’examen otoscopique permettra de mettre en évidence un éventuel corps étranger, la présence d’acariens, l’aspect des conduits auditifs horizontaux et verticaux, l’aspect et l’intégrité de la membrane tympanique et de caractériser la nature de l’écoulement. Lorsqu’une seule oreille est touchée, le clinicien examinera en premier celle qui est saine. Il évitera ainsi de propager l’infection à l’oreille saine et gardera l’examen inconfortable pour la fin. Il peut arriver que le conduit soit trop douloureux, enflé, ou rempli de sécrétions au point qu’il soit difficile de réaliser un examen otoscopique complet. Il conviendra alors soit de sédater le chien, soit de l’anesthésier pour examiner correctement son oreille, ou encore de démarrer un traitement pour l’examiner à nouveau quelques jours plus tard. Le choix de la marche à suivre dépendra de la sévérité de l’atteinte, et du degré de suspicion des autres hypothèses diagnostiques. Tôt ou tard, il sera de toute façon indispensable de réaliser un examen otoscopique complet.

On effectuera une analyse cytologique de l’exsudat lors de la première visite ainsi que lors des visites de suivi. Cet examen est toujours réalisable, même lorsque l’oreille est trop douloureuse pour qu’il soit possible d’effectuer un examen complet. Il permet de déterminer rapidement la nature des agents infectieux en cause (coques, bacilles ou Malassezia). Lorsqu’on trouve des coques ou Malassezia, il est possible de démarrer un traitement empirique, car leur profil de sensibilité est assez facilement prévisible. En revanche, si l’on rencontre des bacilles, il est recommandé de faire une culture bactérienne afin d’obtenir un antibiogramme permettant d’adapter l’antibiothérapie. En effet, la résistance aux antibiotiques est beaucoup plus fréquente chez les bactéries Gram négatives. On recommande aussi d’en faire une lorsque le traitement se révèle inefficace.

Lorsqu’on est limité par le temps, plusieurs stratégies existent afin de faciliter l’introduction des examens cytologiques dans la clinique :

  • Apprendre à une auxiliaire spécialisée vétérinaire comment colorer et examiner les lames pendant que le client patiente

  • Garder le chien à la clinique quelques heures afin d’examiner la lame lorsqu’on en a le

temps

  • Mettre de côté le prélèvement pour l’examiner plus tard. Dans l’hypothèse où il faudrait réaliser une culture bactérienne parce que des bacilles sont présents, on collectera également un échantillon stérile. On recommande moins cette méthode car le choix du traitement doit être de préférence prescrit à la lumière de l’examen cytologique. Idéalement, il faudrait que le client attente les résultats de l’analyse pour démarrer le traitement.

En plus de diagnostiquer et traiter l’infection en elle­- même, le clinicien doit essayer de déterminer l’affection sous-jacente. Ceci est particulièrement vrai chez les animaux souffrant d’otites récurrentes. Si le vétérinaire n’effectue pas cette démarche, l’otite risque de devenir chronique ou réfractaire.

Quel traitement ?

Certaines otites surviennent sans raison identifiable et peuvent être soignées en un seul traitement. Ces cas sont susceptibles d’être causés par des modifications passagères de l’écosystème dans le conduit auditif induites par des changements de température, d’humidité ou de la population microbienne. Cependant, si l’infection revient quelques jours ou quelques semaines plus tard, on recherchera une cause sous-jacente afin de la traiter pour éviter qu’elle ne devienne chronique.

Les infections limitées aux canaux verticaux et horizontaux pourront être traitées avec des gouttes auriculaires disponibles dans le commerce contenant diverses associations d’antibiotiques, antifongiques et corticoïdes. Les cliniciens choisiront les médicaments en fonction des organismes mis en évidence par la cytologie ou après culture et antibiogramme. Traiter des otites sans savoir quel est le type d’organisme présent favorise le développement d’antibiorésistances. Pour les infections n’impliquant que des coques, les antibiotiques de choix sont l’acide fusidique ou la polymyxine B. Lorsqu’il y a des bacilles, les options possibles (en attendant les résultats de la culture et de l’antibiogramme) sont la néomycine, la framycétine, la polymyxine B, la gentamicine ou la marbofloxacine, bien que ces deux dernières molécules aient le plus large spectre d’activité contre les bactéries gram-négatives. Il est possible de choisir l’un de ces antibiotiques avant réception des résultats de la culture, mais il faudra parfois en changer selon les résultats de l’antibiogramme. Si la membrane tympanique s’est rompue, ou si son intégrité ne peut être déterminée, on évitera de prescrire de la gentamicine car elle est la plus ototoxique. Les autres agents topiques peuvent généralement être utilisés en toute sécurité, mais les cliniciens doivent être conscients que tout médicament peut se révéler ototoxique, et il faudra envisager de référer si un doute persiste.

Lorsque seules des Malassezia sont présentes,l a résistance n’est pas un problème, et toutes les molécules antifongiques disponibles dans le commerce sous forme de gouttes auriculaires sont susceptibles d’être efficaces, comme le miconazole, le clotrimazole ou la nystatine. Il est donc préférable de choisir des gouttes ne contenant pas d’antibiotiques de dernière génération si un antifongique efficace est disponible. Ainsi, on évitera les produits contenant de la gentamicine ou de la marbofloxacine en association avec des molécules antifongiques, car ils sont très utiles pour traiter les infections à bactéries Gram négatives, et leur utilisation irraisonnée peut favoriser le développement de résistances, en particulier si seules des Malassezia sont présentes.

La présence de corticoïdes dans les gouttes est intéressante pour réduire l’inflammation et la douleur ; le type de corticoïde ne semble pas être important et n’est pas pris en compte dans le choix du traitement. Lorsque le conduit auditif est extrêmement sténosé, un traitement court à base de corticoïdes systémiques peut s’avérer efficace pour réduire l’inflammation et rétablir la lumière du conduit. Les solutions auriculaires contenant des céruménolytiques et des agents asséchants peuvent également être bénéfiques pour la gestion des otites. Ces produits sont particulièrement utiles lorsque le conduit auditif est très cérumineux ou trop sale pour permettre aux gouttes antibiotiques de pénétrer, ou encore dans la gestion à long terme des otites chroniques cérumineuses.

Les animaux traités pour une otite doivent être ré­examinés après 5-7 jours de traitement afin d’assurer un suivi clinique. Ceci est important car les clients ne sont pas en mesure d’évaluer si l’infection a bien été traitée dans le canal horizontal. On recommande d’effectuer des examens cytologiques réguliers afin de surveiller l’évolution de la nature des micro-organismes présents, car il n’est pas rare qu’il soit nécessaire de modifier le traitement. Si l’infection n’a pas totalement disparu,on poursuivra le traitement. Si la nature de l’otite a changé (ex : micro-organisme différent), le traitement doit être modifié.

Si une cause sous-jacente est identifiée, il faut la prendre en compte et la traiter. Une mauvaise aération et une humidité accrue, associées à des facteurs de prédisposition nécessiteront d’effectuer des nettoyages réguliers des oreilles et éventuellement d’épiler les poils. Si ces mesures sont insuffisantes, et que le clinicien n’est pas certain de leur implication dans le processus pathologique, un traitement chirurgical du conduit auditif par résection de la paroi latérale ou ablation du canal vertical peut être bénéfique.

Les causes primaires nécessitent un traitement spécifique : retrait des épillets et autres corps étrangers, traitement des acariens, retrait des polypes ou des tumeurs. Cependant, si l’origine est allergique, le traitement sera long, tout comme la gestion de la composante cutanée. Une intervention chirurgicale n’est pas indiquée pour le traitement des causes primaires, sauf s’il faut retirer une tumeur.

Les facteurs d’entretien sont parfois les plus difficiles à traiter car ils peuvent rendre l’infection récurrente ou chronique. Si les facteurs d’entretien ne sont pas traités, le canal auditif peut finir par être définitivement et irréversiblement endommagé. Si les démarches diagnostiques et thérapeutiques décrites ci-dessus sont bien suivies, il est généralement possible d’éviter que ne se développent des facteurs d’entretien. Une fois qu’ils sont installés en revanche, il sera nécessaire de réaliser une intervention médicale et/ou chirurgicale assez complexe pour les traiter.

Technique standard de nettoyage des oreilles

Afin d’augmenter les chances de réussite du traitement, on montrera aux propriétaires comment nettoyer correctement les oreilles de leur animal. On inonde le conduit de nettoyant auriculaire tout en tenant fermement le pavillon. Ensuite, il faut masser les cartilages des conduits horizontaux et verticaux. Il faut ensuite montrer aux propriétaires comment masser la partie profonde du conduit afin que le nettoyage soit efficace. Lorsqu’il est bien effectué, on entendra un bruit caractéristique de succion. Le chien peut ensuite secouer la tête pour éliminer une bonne partie du produit. On retirera doucement le surplus avec une compresse légèrement humide ou un morceau de coton. Il est préférable d’éviter d’utiliser des cotons-tiges car ils repoussent les débris au fond du conduit. Les propriétaires devront bien examiner la compresse pour voir ce qu’elle a ressorti de l’oreille. Cette étape est très importante lorsque les nettoyages sont effectués à long terme, car elle permet de déterminer la fréquence des nettoyages nécessaire. Ces nettoyages pourront n’être effectués que temporairement, afin d’augmenter l’efficacité du traitement de l’infection. En revanche, s’ils sont poursuivis à long terme, l’aspect de la compresse après le nettoyage permet de déterminer à quelle fréquence les renouveler. Si la compresse est très sale, on renouvellera le nettoyage des oreilles le lendemain. Si elle ressort complètement propre, le nettoyage pourra être espacé à un jour sur deux. Si la compresse reste propre lors des nettoyages suivants, on espacera à deux fois par semaine, et on pourra parfois réduire à une seule fois. Lorsque la compresse redevient sale, il faut augmenter à nouveau la fréquence des nettoyages.

Que faire si son état ne s’améliore pas ?

Il y a deux issues que le propriétaire peut considérer comme des « échecs ». Il est d’abord possible que l’infection initiale régresse, mais elle peut récidiver. Il est alors presque sûr que le clinicien est passé à côté d’une infection sous-jacente. Tant qu’elle n’aura pas été identifiée, le problème ne sera jamais complètement résolu. Sinon, il est possible que l’infection ne réponde pas au traitement mis en place initialement. Cette situation est généralement due à la présence de germes résistants tels que Pseudomonas aeruginosa. On réalisera alors une culture associée à un antibiogramme afin d’utiliser un antibiotique approprié.

Si l’origine est établie de façon certaine et qu’elle est traitable (corps étranger, acariens, modification de la flore suite à de nombreux bains), la gestion de l’infection ne devrait pas impliquer de frais importants. Les coûts supplémentaires qu’engendreront les examens cytologiques seront largement compensés par le risque que représente la mise en place d’un traitement inadapté, pouvant conduire à la sélection de bactéries résistantes. Les otites nécessitant un traitement chirurgical (tumeur dans le conduit auditif) ou associées à des affections à vie (allergies) reviendront inévitablement plus cher à traiter. La facture deviendra très élevée lorsque des facteurs d’entretien s’installent, tels que des infections à Pseudomonas résistants, une otite moyenne ou un autre processus irréversible. Il est la plupart du temps possible d’éviter cet écueil en initiant rapidement un traitement adapté dès la première visite.

La distension abdominale

septembre 2nd, 2016 | Redigé par admin in Distension abdominale - (0 Comments)
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La distension abdominale peut être un motif de consulta­tion ou être remarquée par le clinicien au cours d’un exa­men clinique. Elle peut être due à l’accumulation de gaz, de liquide, à une augmentation de taille d’un organe ou à une combinaison de ces éléments. Certains propriétaires auront l’impression que leur animal a pris du poids, sans remarquer qu’une distension abdominale progressive peut être associée à un amaigrissement du reste du corps et à une fonte musculaire, particulièrement marquée sur le dos et la croupe.

Principaux diagnostics différentiels

  • Dilatation-torsion gastrique

  • Gestation ou pyomètre

  • Globe vésical (chats surtout)

  • Accumulation de liquide (ascite)

- Transsudat – hypoprotéinémie, hypertension por­tale préhépatique

- Transsudat modifié – affection hépatique, tumeur, affection péricardique, insuffisance cardiaque congestive droite, PIF (chats)

- Exsudat – péritonite, PIF (chats)

- Autre liquide – bile, sang,urine, chyle

  • Augmentation de taille d’un organe : en particulier, les affections infiltrantes et cancéreuses du foie ou de la rate

  • Syndrome de Cushing : rassemble une hépatomégalie, une faiblesse musculaire et une redistribution de la graisse (abdomen pléthorique)

Approche diagnostique

Lors d’une atteinte aiguë, on essaiera d’évaluer s’il faut mettre en place un traitement d’urgence ou non. Par exemple, les patients souffrant d’une obstruction vésicale ou d’une dilatation-torsion de l’estomac devront être pris en charge rapidement. Si l’atteinte est chronique, on prendra soin de recueillir une anamnèse complète en s’attardant surtout au passé reproducteur des chiennes non stérilisées. On réalisera aussi un examen clinique complet. Il est possible de palper un organe hypertrophié, mais il est souvent difficile d’identifier avec certitude duquel il s’agit. La présence d’un épanchement peut être révélée par un signe du flot positif. Une fois sa présence identifiée, on recherchera la présence d’un reflux hépato-jugulaire. Pour ce faire, un assistant exerce une pression ferme et continue sur le foie, ce qui provoque une augmentation du retour veineux vers l’atrium droit ; si la pression atriale droite était déjà élevée à cause d’une atteinte péricardique ou d’une insuffisance cardiaque droite, l’atrium droit n’arrivera pas à évacuer le surplus de sang et on pourra observer une distension jugulaire. Ce test est facile à réaliser,bien qu’il ne soit pas très sensible. On retiendra qu’il ne faut pas éliminer trop vite une affection péricardique ou une affection du cœur droit comme origine de l’ascite.

Lorsqu’on suspecte fortement la présence de liquide dans l’abdomen, on pratiquera une abdominocentèse et on enverra le prélèvement pour faire une analyse cy­tologique, biochimique (dont les protéines totales, l’al­bumine et d’autres paramètres énoncés plus haut), ain­si qu’éventuellement une culture avec antibiogramme. Il est intéressant de faire également une analyse bio­ chimique du sérum afin de comparer les résultats, ainsi que pour identifier une hypoalbuminémie sévère (va­leur en général < 15 g/L), pouvant être à l’origine de la formation d’un transsudat. La présence dans l’épanche­ment de granulocytes neutrophiles toxiques avec des inclusions bactériennes intracellulaires, associée à une glycémie basse et une lactatémie augmentée, orientera vers une péritonite septique nécessitant une chirurgie d’urgence. Dans le cas d’un uropéritoine, la concentration en créatinine de l’épanchement sera supérieure à celle du sérum. De même lors d’une pancréatite, les concentrations en amylase et lipase seront supérieures dans le hquide par rapport au sérum; et lors d’une péritonite biliaire, la concentration de la bilirubine sera supérieure dans le liquide d’épanchement. On pourra mieux cerner la chronicité et la sévérité d’une hémorragie chez les patients ayant un hémoabdomen grâce à la mesure de !’hématocrite et des protéines totales. On pourra réaliser ces analyses avec la majorité des analyseurs disponibles en clinique.

Une échographie permettra de confirmer la présence de liquide. Elle pourra aussi révéler une hypertrophie d’un organe, un pyomètre ou une gestation. Si on identifie une organomégalie, il est possible d’envisager de faire une biopsie. L’échographie permet aussi de vérifier qu’il n’y a pas d’épanchement pleural concomitant ; la mise en évidence d’une effusion bi­-cavitaire restreint les hypothèses diagnostiques à une hypoprotéinémie, une insuffisance cardiaque droite, une tumeur ou la PIF (chats). On l’utilisera également pour diagnostiquer une affection péricardique ou une insuffisance cardiaque droite.

Une radiographie peut aider à identifier les lésions grossières, mais ne présente qu’un intérêt limité lors de la présence de fluide à cause de la perte de contraste qu’il induit. On pourra cependant identifier un épanchement pleural ou une cardiomégalie grâce à des clichés radiographiques.

Traitement

La prise en charge initiale dépend de l’origine de la distension abdominale. Une dilatation-torsion de l’estomac, une obstruction vésicale, un uroabdomen, une péritonite septique ou un pyomètre sont des urgences. Les patients souffrant d’une hémorragie abdominale aiguë nécessiteront également une prise en charge en urgence afin de les perfuser, de poser un bandage abdominal compressif, et éventuellement d’envisager une chirurgie. Lors d’effusion péricardique, il faudra parfois réaliser une péricardiocentèse en urgence, selon la sévérité de la tamponnade cardiaque.

L’évolution des autres causes de distension abdominale est en général plus lente. La prise en charge initiale visera à établir un diagnostic pour traiter la maladie de façon adéquate. Il arrive lors d’ascite sévère qu’une ponction thérapeutique de suffisamment de liquide soulage l’animal en attendant les résultats des analyses. Lors d’hémoabdomen en revanche, il ne faut pas ponctionner, car ceci peut faire empirer l’hémorragie et empêche la réabsorption de l’hémoglobine et des protéines. Il ne faut pas répéter les drainages trop souvent au risque d’épuiser les réserves protéiques de l’animal.

Si l’état ne s’améliore pas ?

Un traitement ne sera efficace que si l’origine de la maladie a été déterminée. Si le diagnostic n’est pas certain, il faut réexaminer l’animal, se pencher à nouveau sur les résultats des analyses, et faire de nouveaux examens complémentaires si nécessaire.

Excepté lors d’une gestation, les affections responsables d’un épanchement engendreront des frais assez élevés. Elles sont toutes susceptibles de nécessiter des soins d’urgence, une chirurgie ou une gestion médicale conséquente. Il faut essayer d’estimer le pronostic pour en informer le propriétaire avant de se lancer dans des analyses ou une chirurgie poussée. Pour les cas chroniques, il faudra procéder par étape, en réalisant d’abord une échographie complète (ou une abdominocentèse suivie d’une analyse du liquide s’il y en a) pour tenter d’aboutir à un diagnostic. Bien que des radiographies puissent donner quelques renseignements, elles nécessitent souvent une sédation, et l’échographie permettra d’établir un diagnostic plus facilement.

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Un article co-écrit par des vétérinaires institutionnels et une association de protection animale explore pour la première fois le profil comportemental de chiens nord-américains ayant vécu en élevage intensif pour y produire des chiots, avant d’être adoptés en famille. Sans surprise, l’article démontre que la caractéristique dominante que manifestent ces chiens est la peur, même plusieurs années après le début de leur « 2ème vie » en famille d’adoption.

Les élevages commerciaux produisent une grande part des chiens de race dans le monde entier. Les Commercial Breeding Establishment ou CBE (appelés vulgairement moulins à chiots, ou « puppy mills », dans les pays anglosaxons) doivent répondre à des impératifs économiques et de production souvent comparables à ceux de l’élevage du bétail. Les éleveurs tendent dès lors à conserver le plus de chiens dans le minimum d’espace légalement autorisé et dans des conditions de salubrité très variables. Les chiens sont ainsi détenus dans un espace restreint pour toute la durée de leur vie de reproducteur, parfois sans sortie, ni enrichissement de l’environnement et avec des interactions sociales réduites au minimum. Les auteurs ont cherché à objectiver, via un questionnaire comportemental, les troubles comportementaux chroniques des chiens ayant vécu en CBE et ré-adoptés à l’âge adulte, en comparaison avec une population de chiens de compagnie adoptés jeunes.

Un questionnaire C-BARQ (Hsu & Serpell, 2003) était rempli par les propriétaires/adoptants, qui documentaient également l’âge d’adoption de leur chien et la possession éventuelles d’autres animaux. Les chiens issus de CBE étaient recrutés via les contacts d’associations de protection animale, une partie des chiens ayant été saisis dans des CBE par ces mêmes associations. L’étude était présentée comme visant à « évaluer, chez leur chien, l’impact de son ancienne vie en « puppy mill » sur son comportement et son équilibre psychologique ». Le terme « puppy mill », certes péjoratif, était choisi car plus reconnaissable que celui de CBE dans le texte de sollicitation à l’étude. Pour être inclus (groupe CBE, 332 chiens), le chien devait avoir vécu jusqu’à 8 mois au moins en CBE (1 an pour les non-reproducteurs) et avoir été adopté depuis. Les chiens du groupe contrôle (groupe C, 332 chiens) étaient recrutés via des sites internet, des clubs de race et des hôpitaux vétérinaires et étaient appariés aux chiens du groupe CBE selon l’âge (à 6 mois près), la race et en moindre mesure le sexe (les chiens du groupe CBE étant majoritairement stérilisés). Logiquement, le délai de possession (temps depuis l’adoption) était inférieur dans le groupe CBE (20 mois) par rapport au groupe C (56 mois), pour une moyenne d’âge de 7 ans environ. Dans le groupe C, les chiens étaient issus d’un élevage (55 %), d’un refuge (19 %), d’une animalerie (7 %), le reste étant nés à la maison (3 %), chez des connaissances (10 %), ou acquis différemment. Enfin, 83 % des chiens du groupe CBE vivaient dans des foyers « multi-chiens », contre 56 % des chiens du groupe C.

Dans le groupe CBE, 24 % des chiens présentent un problème de santé (contre 17 % dans le groupe C), 83 % présentent un trouble du comportement (contre 56 % dans le groupe C), se décomposant en 33 % présentant un trouble modéré à sérieux du comportement (20 % dans le groupe C) et 50 % un trouble mineur (36 % dans le groupe C). Les troubles du comportement sont donc fréquents dans les deux populations, mais statistiquement plus représentés dans le groupe CBE. Le C-BARQ permet de mettre en évidence les variables les plus augmentées dans le groupe CBE en comparaison

avec le groupe contrôle : peur des étrangers (OR = 8,12), peurs non sociales (OR = 6,62), sensibilité au toucher (OR = 3,19), marquage urinaire (OR = 2,06), malpropreté urinaire (OR = 2,06), mictions ou défécations quand reste seul (OR = 2,81 et 2,07), comportements compulsifs. A l’inverse, certaines variables sont significativement moins présentes dans le groupe CBE, par rapport au groupe C : agressions sur les propriétaires (OR = 0,55), les personnes étrangères (OR = 0,4), les autres chiens (OR = 0,30), capacité d’apprentissage, d’entraînement (OR = 0,25), excitabilité (OR = 0,47), énergie (OR= 0,29), comportement de chasse de petits animaux (OR = 0,20), fugues, vagabondage (OR = 0,56). Par ailleurs, les résultats montrent que le fait de vivre dans un foyer « multi-chiens » améliore les scores des chiens de CBE pour de nombreuses variables en comparaison avec les chiens de CBE vivant seuls en foyer (ce que souligne l’effet positif de ce que l’on peut appeler le « chien thérapeute » pour un chien peureux, NDR). Le fait d’être stérilisé ou non a peu d’effets en revanche et uniquement sur les symptômes reliés à la malpropreté. Enfin, sur la majorité des variables, l’augmentation du délai de possession diminue la différence entre le groupe CBE et le groupe C, indiquant une amélioration des symptômes avec le temps.

La variable qui différencie le plus les groupes CBE et C est la « peur », même après plusieurs années en famille. Associée à la diminution des agressions, les chiens de CBE manifestent donc majoritairement une réponse « flight » (fuite, évitement) plutôt que « fight » (combat) face à un évènement inquiétant. Pour expliquer ce constat d’un profil-type du chien de CBE, les auteurs avancent trois types de causes :

- Psychopathologie induite par le stress : plusieurs études ont exploré le bien-être des chiens vivant en environnement confiné ; les premières ont d’ailleurs étudié les chiens de laboratoire, pour lesquels le stress fait varier les variables lors des expérimentations. Les éléments statistiquement associés au stress dans ces études sont : la restriction spatiale, une mauvaise régulation des températures, les interactions aversives avec le personnel du chenil, l’impossibilité pour le chien de contrôler son exposition à des situations aversives, l’accès limité aux contacts positifs intra- et interspécifiques. Tous ces éléments sont présents en CBE, leur influence étant sans doute maximisée par le nombre d’années que passe le chien dans l’élevage. Une étude récente en refuge montre que le stress chronique des chiens est confirmé par les scores physiques et comportementaux, une autre étude y démontre le développement de comportementaux anormaux type timidité, agressivité, hypermotricité ou comportements locomoteurs stéréotypés. De plus, la mise en évidence de problèmes de santé en plus grand nombre dans le groupe CBE illustre ce que l’on sait de la répercussion physique du stress : cette association stress chronique/maladie physique a été démontrée dans de nombreuses espèces, y compris chez l’homme.

- Un défaut de socialisation précoce (défaut d’exposition aux situations classiques d’une vie typique de chien de compagnie) : la période sensible pour la socialisation du chiot finit entre 4 et 6 mois. Le plus souvent, les reproducteurs des CBE y sont eux-mêmes nés et y ont passé leur période de socialisation. Plusieurs études expérimentales ont montré que de jeunes chiens élevés dans des conditions appauvries (déprivation sensorielle), au cours de leurs 4 à 6 premiers mois, avaient de grandes difficultés à s’adapter à un nouvel environnement, développant ce que l’on appelle le syndrome du chien de chenil (ou « kennel syndrom », NDR), caractérisé par une peur et une timidité excessive lors de l’exposition à un nouvel environnement humain et physique. Une autre étude a montré que des chiots isolés et déprivés entre 3 et 20 semaines manifestent des perturbations à vie et une altération des capacités d’apprentissages. Ces effets de l’exposition à un milieu de développement précoce hypostimulant sont le plus souvent extrêmement persistants et résistants à la réhabilitation, sans doute à cause d’altérations irréversibles de la structure du cerveau en développement du chiot. Dans cette étude, une grande partie des comportements typiques des chiens de CBE concordent avec les symptômes liés au défaut de socialisation précoce et à la privation sensorielle dans le jeune âge (et évoque fortement le tableau du Syndrome de Privation Sensorielle au stade 2, anxiété permanente, ou au stade 3, dépression chronique, tel que décrit par Pageat, 1995, NDR).

- Des traumatismes précoces : l’influence de la période prénatale ne doit pas être écartée, si l’on considère que les futurs reproducteurs ont d’abord été conçus et sont eux-mêmes nés en CBE. Plusieurs études ont montré à quel point le stress maternel pendant la gestation influence la santé et le comportement ultérieur du chiot, qui manifestera notamment : dysfonctionnement neuro-hormonal, sensibilité, peur, émotivité augmentées, exagération des réponses de stress, difficultés d’apprentissage, augmentation de la susceptibilité aux troubles psychopathologiques… Pour ce qui concerne la période post-natale, les conséquences des traumatismes précoces (ELA ou « Early Life Adversity ») ont été largement étudiées chez l’enfant et ont révélé -chez les adultes qu’ils devenaient- un risque accru de problèmes psychologiques, tels que l’instabilité des relations sociales, des troubles de l’humeur de type anxieux ou dépressif. La modélisation des ELA chez les rongeurs ou les primates (privation maternelle ou sociale) a confirmé la corrélation entre ELA et vulnérabilité ultérieure aux troubles psychopathologiques, de par des altérations à long terme de la réponse neuroendocrine au stress, de la régulation émotionnelle, de l’adaptabilité, des fonctions cognitives, de l’attachement et même une modification épigénétique de l’expression des gènes associés aux troubles anxieux ou de l’humeur.

De telles études chez le chien sont rares (et anciennes), mais concluent que la période de socialisation du chiot constitue une période à risque pour des dommages psychologiques permanents, une période de vulnérabilité au cours de laquelle une expérience aversive même unique (notamment autour de 8 semaines) peut avoir des conséquences à long terme.

La genèse de la pathologie comportementale manifestée chez les chiens de CBE est sans doute multi-factorielle et composite des trois catégories précitées. Les auteurs se sont appliqués à proposer une méthodologie statistique très sérieuse, menée par ailleurs sur un nombre significatif de chiens. La bibliographie riche et la proposition de causes générant les troubles observés chez les chiens de CBE permettent d’argumenter autour de la genèse du « kennel syndrom » (et par extension de celle du syndrome de privation sensorielle de l’école française, NDR).

Source :

McMillan FD et al., Mental health of dogs formerly used as ‘breeding stock’ in commercial breeding establishments, Applied Animal Behavior Science (2011)