Le chien souffrant d’anxiété de séparation

6, fév, 2015 | Rédigé par admin
© Valentin Bartolomeu

© Valentin Bartolomeu

Beaucoup de chiens ont un comportement destructeur lorsqu’ils sont laissés seuls, mais la vraie anxiété de séparation, résultant de l’attachement excessif à une personne, reste rare.

Principaux diagnostics référentiels

  • l’opportunisme ou l’ennui : les jeunes chiens s’amusent souvent à renverser les poubelles ou les étagères, à grignoter les meubles, déchirer les tissus ou le papier peint.

  • La frustration : lorsqu’un chien imaginait qu’il allait pouvoir sortir en promenade avec ses maîtres, il peut présenter une brève mais intense période de destructions et de vocalisations durant les quelques minutes suivant le départ des propriétaires

  • l’anxiété par anticipation du retour du propriétaire : les chiens qui ont été punis à plusieurs reprises à cause de leur comportement destructeur deviennent souvent anxieux par anticipation de la prochaine punition lors du retour du maître. Ils se montrent généralement soumis lorsqu’il rentre à la maison.

  • Une peur ou une phobie : s’il s’est produit un événement ayant effrayé le chien ou à la suite duquel il a développé une phobie alors qu’il était confiné dans une pièce en particulier, il peut devenir anxieux et essayer de s’échapper s’il est à nouveau enfermé dans cette pièce durant l’absence du propriétaire.

  • Un trouble de la cognition (sénilité) : la sénilité altère la capacité du chien à s’adapter à son environnement, il devient alors plus dépendant de la présence de son maître. Ces chiens peuvent devenir très anxieux lorsqu’ils sont laissés seuls.

  • Une véritable anxiété de séparation : l’anxiété de séparation touche plutôt les jeunes chiens, mais elle peut également survenir à la suite d’évènements bouleversant la composition de son environnement. C’est notamment le cas lors d’un déménagement ou lorsque l’un de ses maîtres recommence à travailler après une longue période d’inactivité.

Approche diagnostique

Le diagnostic sera établi grâce à l’analyse attentive des comportements évoqués précédemment. Il est capital de recueillir des informations concernant l’âge d’apparition des troubles, l’existence d’autres peurs ou phobies, et l’éventuelle présence de signes d’hyper-attachement pour pouvoir établir le diagnostic.

Pour déterminer qu’il s’agit d’une anxiété de séparation, le chien doit présenter les signes suivants :

  • signes d’anxiété lorsque le propriétaire se prépare à quitter la maison

  • apparition d’un stress même lorsque le chien est séparé de son maître pendant un temps très bref (par exemple, aller aux toilettes)

  • suivi du propriétaire afin d’en être le plus proche possible en permanence

  • une anxiété systématique dès que le maître est absent, même lorsqu’une autre personne est avec lui.

  • Une anxiété permanente tant que le maître est absent (agitation, pleurs, halètement, tremblements, perte de continence, ptyalisme)

  • un comportement destructeur dans le but de s’enfuir

Les chiens qui sont anxieux de façon intermittente lorsqu’ils sont seuls, mais qui ne présentent que peu d’autres signes d’hyper-attachement souffrent probablement d’une autre affection.

Il faut essayer autant que possible de confirmer le diagnostic grâce à des vidéos incriminant le comportement du chien. On essaiera d’en obtenir au moins deux à un moment où le chien était seul durant environ 40 minutes. Il faut inclure le moment où le propriétaire se prépare à partir.

Comment y remédier ?

Si le chien s’ennuie ou se montre opportuniste, il est possible d’y remédier en lui fournissant de nombreux objets qu’il peut détruire durant l’absence du propriétaire : un carton à déchirer, mâcher ou d’autres jouets pouvant distribuer de la nourriture (Kong ® ou Pipolino). Si le chien a peur de son retour, le propriétaire ne devra pas le punir.

Le traitement comportemental de l’anxiété de séparation est généralement plus efficace lorsqu’il est accompagné par un traitement à base de phéromones ou de clomipramine. On installera le diffuseur de phéromones à proximité de la zone de couchage du chien. Il ne faut pas l’allumer uniquement lorsque le propriétaire s’absente, mais au contraire le laisser allumé en permanence.

Beaucoup d’approches comportementales sont efficaces :

  • réduire l’importance que le chien accorde à la personne à laquelle il est hyper-attaché. Pour ce faire, on peut faire en sorte qu’une autre personne le nourrisse, joue avec lui et le promène.

  • Proposer au chien des activités l’encourageant à être plus indépendant, comme en jouant souvent avec lui lors des balades

  • aménager une zone de couchage propre au chien dans laquelle on l’encouragera à se reposer et à dormir sans aucun contact physique avec le propriétaire

  • désensibiliser le chien vis-à-vos des signes annonçant le départ du propriétaire (lorsqu’il prend ses clés, met sa veste ou ses chaussures, ferme les fenêtres ou éteint la télévision). Il faut que le propriétaire répète ces actions plusieurs fois dans la journée mais sans partir. Le chien va donc graduellement faire moins attention à ces indices de départ

  • habituer le chien à faire plusieurs balades de courte durée (moins de 2 minutes) par jour.

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