La dermatite pyotraumatique ou Hot Spot

26, jan, 2017 | Rédigé par admin
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© Dogs

La dermatite pyotraumatique (dermatite aiguë suintante, hot spot, dermatite exsudative aiguë, est à l’origine de lésions focales très prurigineuses. Ces lésions sont souvent auto-infligées à la suite du prurit que provoque une hypersensibilité aux piqûres de puces, une sacculite anale, une otite externe, une dermatite atopique, une hypersensibilité d’origine alimentaire ou une pyodermite à staphylocoque. Il arrive cependant dans certains cas que le hot spot ne puisse être relié à aucune cause apparente. Lorsque l’animal commence à s’auto-mutiler, il entre dans un cycle qui s’entretient et qui aboutit à la macération de l’épiderme, ainsi qu’à des infections bactériennes secondaires. On ne rencontre pas de dermatite pyotraumatique chez les chats.

Anamnèse et signes cliniques

La dermatite pyotraumatique apparaît brutalement, ou lorsque le propriétaire ne s’est pas rendu compte que son chien souffrait d’une affection cutanée. Elle est souvent localisée sur la croupe, le cou ou la tête. Sans traitement, le chien va lécher, mordiller et gratter la zone atteinte en permanence. A l’examen clinique, les lésions apparaitront bien délimitées, exsudatives, érodées, et souvent recouvertes de poils abimés. Elles peuvent être douloureuses, assez étendues et sentir mauvais.

Techniques diagnostiques spécifiques

Il est facile de reconnaître une dermatite pyotraumatique car sa présentation clinique est très caractéristique. Si l’on veut examiner de façon plus détaillée la lésion afin de mettre en place un traitement efficace, on coupera délicatement les poils qui peuvent être collés à la peau ou autour de la lésion. Comme les lésions sont souvent douloureuses et que le chien peut s’agiter lorsqu’on essaie de couper les poils, il faudra assurer une bonne contention et faire attention avec les ciseaux. Il sera parfois nécessaire de sédater l’animal. On examinera ensuite attentivement la lésion pour évaluer la sévérité de l’infection bactérienne. Si on n’observe qu’une érosion bien délimitée et que la peau autour est encore saine, il s’agit d’une dermatite pyotraumatique superficielle. En revanche, si la lésion se présente comme une plaque épaisse, suintante et purulente, et que la peau autour présente ce que l’on appelle des lésions satellites (papules, pustules, nodules), il s’agit alors d’une dermatite pyotraumatique profonde. Cette distinction est importante à prendre en compte pour le traitement. Après avoir caractérisé correctement la lésion, les cliniciens examineront le reste du corps à la recherche d’une affection sous-jacente (comme décrit précédemment) qu’il faudra également traiter.

Traitement

Après avoir retiré tous les poils collés, on nettoiera les lésions avec une solution de chlorhexidine ou de povidone-iodée diluée pour enlever les exsudats et les croûtes. Comme les dermatites pyotraumatiques superficielles et profondes sont accompagnées d’un prurit sévère, on prescrira des corticoïdes pour briser le cycle prurigineux. Une injection de dexaméthasone à action rapide ou un traitement PO sur 3 à 5 jours de prednisolone à dose anti-inflammatoire est généralement suffisant. l’application topique d’une crème à base d’antibiotiques et d’AIS sera bénéfique pour atténuer le prurit et traitera également une infection bactérienne superficielle. Le traitement sera poursuivi jusqu’à disparition du prurit et cicatrisation de la peau. Lorsqu’on est face à une dermatite pyotraumatique profonde, on devra mettre en place un traitement antibiotique systémique. On pourra utiliser l’association amoxicilline-acide clavulanique, de la céfalexine, de la clindamycine, de la céfovécine, ou des sulfamides potentialisés. Certains cliniciens conseillent également le port d’une collerette pour empêcher le chien d’aggraver les lésions. Bien que cette stratégie soit très efficace, certains chiens les tolèrent très mal, et chez les races les plus grandes, elles peuvent poser problème au sein d’une maison encombrée. De plus, les collerettes ne peuvent pas se substituer à un traitement médical du prurit. Ainsi, les collerettes ne sont pas suffisamment bien tolérées pour que leur utilisation soit justifiée lors de dermatite pyotraumatique. Il conviendra aussi de traiter toute affection sous­-jacente. On pourra par exemple mettre en place un traitement contre les puces, vidanger les glandes anales, traiter une otite externe ou une allergie sous­-jacente.

Le traitement de la dermatite pyotraumatique est généralement rapidement efficace. Si les lésions ne régressent pas, les cliniciens devront vérifier qu’ils n’ont pas traité une dermatite pyotraumatique profonde comme une superficielle. Il conviendra alors de démarrer un traitement antibiotique systémique. Si les lésions ne s’améliorent toujours pas, on envisagera de faire une biopsie et une cytologie pour rechercher une infection atypique ou une tumeur.

Si les lésions disparaissent complètement à la suite du traitement, mais reviennent systématiquement, il faut rechercher une cause sous-jacente. Si le clinicien n’en trouve aucune, il faudra recommencer un traitement symptomatique à chaque récidive. Le mieux est alors que les propriétaires conservent chez eux un tube d’antibiotiques ou de corticoïdes pour traiter rapidement leur chien en cas de besoin. Ils éviteront ainsi que les lésions ne s’aggravent rapidement.

Le traitement d’une dermatite pyotraumatique superficielle ne revient généralement pas très cher. On pourra réduire le coût du traitement d’une dermatite pyotraumatique profonde en prescrivant des sulfamides potentialisés.

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