Enquête sur le Border Collie Collapse

janvier 6th, 2017 | Redigé par admin in Etudes - (0 Comments)
border collie border collie collapse

© dvorakveronika

Le « Border Collie Collapse », ou BCC, est reconnu comme une forme d’intolérance à l’exercice chez les border collies, les Kelpies et les races apparentées aux Etats-Unis, au Canada et en Australie. Les chiens expérimentant un « BCC » sont normaux au repos, mais après 5-15 minutes d’exercice intense peuvent développer un manque de coordination ainsi qu’une altération de la lucidité.

Alors que de nombreux vétérinaires et propriétaires de chiens n’ont pas entendu parler de cette affection, Sue Taylor, DVM, DACVIM, chercheur principal sur l’étude BCC imprimée dans le JAAHA, explique que « ce n’est pas rare et c’est un problème important chez ces races. » La Border Collie Association, la AKC Canine Health Foundation et la Border Collie Society of America ont tous reconnu cela et appuyé la recherche du Dr Taylor.

Le « BCC » peut être un problème important, mais il n’existe aucune donnée sur sa prévalence, parce qu’il n’existe encore aucun test de diagnostic. Katie Minor, l’un des chercheurs impliqués dans l’étude, a participé à un test mené à grande échelle au Minnesota, sur un groupe de chiens dont près de 5% manifestaient des signes de BCC. Si ce pourcentage est indicatif de sa présence à travers la race, le BCC est à peu près aussi répandu que « l’exercise induced collapse » (EIC) chez les retrievers, mais les chercheurs doivent trouver la source de BCC pour déterminer plus précisément les chiffres.

L’EIC étudié en laboratoire semblait avoir beaucoup de similitudes avec le BCC, et on pensait d’ailleurs pendant longtemps que les deux étaient probablement connectés, mais il est désormais prouvé que les chiens manifestant le BCC n’ont pas le marqueur génétique qui cause l’EIC. Malgré l’absence de la mutation liée à l’EIC, le Dr Taylor a déclaré: « Nous pensons que le BCC est héréditaire et familiale, mais jusqu’à ce que nous trouvions la cause génétique, il est peu probable que nous comprenons la pathogenèse de ce type de malaise. »

La recherche sur le BCC se concentre maintenant sur la localisation de sa cause génétique. Le Dr. Minor a déclaré avoir collecté des échantillons d’ADN provenant d’environ 200 chiens jusqu’à présent. Les échantillons sont ensuite analysés dans le cadre d’une étude d’association génomique (GEDA) : « La plupart des échantillons d’ADN que nous avons ont été exécutés sur une puce GWAS avec 170 000 marqueurs. Il y aura bientôt une puce GWAS pour les chiens avec environ 700 000 marqueurs, ce qui peut fonctionner mieux avec le border collie, qui est une race diverse et ancienne ». En continuant à recueillir des échantillons de chiens avec BCC et de chiens normaux comme témoins, l’équipe espère déterminer l’emplacement approximatif où la mutation BCC réside et « mener le séquençage complet du génome des cas et des contrôles pour découvrir la mutation (s) sous-jacente causant la sensibilité BCC. »

Bien que la cause n’ait pas encore été déterminée, les études réalisées par l’équipe du Dr Taylor ont trouvé des informations utiles. De l’étude de questionnaire et d’analyse vidéo, le Dr Taylor a déclaré que les chercheurs ont découvert que « les chiens atteints ont une apparence et une altération mentale très typiques pendant les épisodes d’effondrement – ils ont un trouble neurologique épisodique provoqué par l’exercice ou l’hyperventilation, ou encore une hyperthermie induite par l’exercice ». Cela signifierait que l’exercice intense provoquerait des crises, et que les vétérinaires peuvent rechercher un ensemble spécifique de symptômes lors du diagnostic des chiens avec BCC. Le Dr Taylor estime qu’il faut examiner en particulier « les épisodes d’effondrement qui suivent toujours un exercice lié à une excitation intense, avec des caractéristiques qui incluent une altération mentale, l’ataxie des quatre membres, l’éraflure des membres pelviens et l’augmentation du tonus extenseur. »

Avant de diagnostiquer le BCC, les vétérinaires doivent exclure d’autres causes d’effondrement. Les études réalisées par le Dr Taylor montrent que les chiens atteints de BCC ont « une fonction cardiaque normale et des tests métaboliques normaux avant l’exercice et pendant l’effondrement, ainsi que des biopsies musculaires normales ». Par ailleurs, les chiens atteints de BCC démontrent une élévation de température après l’exercice, tout comme les chiens non atteints dans la même situation.

À l’heure actuelle, le seul traitement disponible est d’éviter l’exercice intense, surtout par temps chaud, comme une forme de prévention. L’exercice devrait être arrêté dès qu’un chien montre les premiers signes d’un effondrement, et les chiens symptomatiques doivent être refroidis.

La Dre Taylor souhaite que sa recherche attire l’attention sur le BCC et aide à en découvrir la cause, ce qui permettrait à son équipe de créer un test diagnostique et d’analyser les pratiques d’élevage. L’équipe poursuit son travail de collecte d’échantillons d’ADN, de questionnaires et de vidéos de chiens touchés.

Plus d’informations sur leurs recherches peuvent être trouvées sur leur site Web: http://z.umn.edu/bordercolliecollapse

(NewStat, 14 décembre)

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© koszivu

Un article co-écrit par des vétérinaires institutionnels et une association de protection animale explore pour la première fois le profil comportemental de chiens nord-américains ayant vécu en élevage intensif pour y produire des chiots, avant d’être adoptés en famille. Sans surprise, l’article démontre que la caractéristique dominante que manifestent ces chiens est la peur, même plusieurs années après le début de leur « 2ème vie » en famille d’adoption.

Les élevages commerciaux produisent une grande part des chiens de race dans le monde entier. Les Commercial Breeding Establishment ou CBE (appelés vulgairement moulins à chiots, ou « puppy mills », dans les pays anglosaxons) doivent répondre à des impératifs économiques et de production souvent comparables à ceux de l’élevage du bétail. Les éleveurs tendent dès lors à conserver le plus de chiens dans le minimum d’espace légalement autorisé et dans des conditions de salubrité très variables. Les chiens sont ainsi détenus dans un espace restreint pour toute la durée de leur vie de reproducteur, parfois sans sortie, ni enrichissement de l’environnement et avec des interactions sociales réduites au minimum. Les auteurs ont cherché à objectiver, via un questionnaire comportemental, les troubles comportementaux chroniques des chiens ayant vécu en CBE et ré-adoptés à l’âge adulte, en comparaison avec une population de chiens de compagnie adoptés jeunes.

Un questionnaire C-BARQ (Hsu & Serpell, 2003) était rempli par les propriétaires/adoptants, qui documentaient également l’âge d’adoption de leur chien et la possession éventuelles d’autres animaux. Les chiens issus de CBE étaient recrutés via les contacts d’associations de protection animale, une partie des chiens ayant été saisis dans des CBE par ces mêmes associations. L’étude était présentée comme visant à « évaluer, chez leur chien, l’impact de son ancienne vie en « puppy mill » sur son comportement et son équilibre psychologique ». Le terme « puppy mill », certes péjoratif, était choisi car plus reconnaissable que celui de CBE dans le texte de sollicitation à l’étude. Pour être inclus (groupe CBE, 332 chiens), le chien devait avoir vécu jusqu’à 8 mois au moins en CBE (1 an pour les non-reproducteurs) et avoir été adopté depuis. Les chiens du groupe contrôle (groupe C, 332 chiens) étaient recrutés via des sites internet, des clubs de race et des hôpitaux vétérinaires et étaient appariés aux chiens du groupe CBE selon l’âge (à 6 mois près), la race et en moindre mesure le sexe (les chiens du groupe CBE étant majoritairement stérilisés). Logiquement, le délai de possession (temps depuis l’adoption) était inférieur dans le groupe CBE (20 mois) par rapport au groupe C (56 mois), pour une moyenne d’âge de 7 ans environ. Dans le groupe C, les chiens étaient issus d’un élevage (55 %), d’un refuge (19 %), d’une animalerie (7 %), le reste étant nés à la maison (3 %), chez des connaissances (10 %), ou acquis différemment. Enfin, 83 % des chiens du groupe CBE vivaient dans des foyers « multi-chiens », contre 56 % des chiens du groupe C.

Dans le groupe CBE, 24 % des chiens présentent un problème de santé (contre 17 % dans le groupe C), 83 % présentent un trouble du comportement (contre 56 % dans le groupe C), se décomposant en 33 % présentant un trouble modéré à sérieux du comportement (20 % dans le groupe C) et 50 % un trouble mineur (36 % dans le groupe C). Les troubles du comportement sont donc fréquents dans les deux populations, mais statistiquement plus représentés dans le groupe CBE. Le C-BARQ permet de mettre en évidence les variables les plus augmentées dans le groupe CBE en comparaison

avec le groupe contrôle : peur des étrangers (OR = 8,12), peurs non sociales (OR = 6,62), sensibilité au toucher (OR = 3,19), marquage urinaire (OR = 2,06), malpropreté urinaire (OR = 2,06), mictions ou défécations quand reste seul (OR = 2,81 et 2,07), comportements compulsifs. A l’inverse, certaines variables sont significativement moins présentes dans le groupe CBE, par rapport au groupe C : agressions sur les propriétaires (OR = 0,55), les personnes étrangères (OR = 0,4), les autres chiens (OR = 0,30), capacité d’apprentissage, d’entraînement (OR = 0,25), excitabilité (OR = 0,47), énergie (OR= 0,29), comportement de chasse de petits animaux (OR = 0,20), fugues, vagabondage (OR = 0,56). Par ailleurs, les résultats montrent que le fait de vivre dans un foyer « multi-chiens » améliore les scores des chiens de CBE pour de nombreuses variables en comparaison avec les chiens de CBE vivant seuls en foyer (ce que souligne l’effet positif de ce que l’on peut appeler le « chien thérapeute » pour un chien peureux, NDR). Le fait d’être stérilisé ou non a peu d’effets en revanche et uniquement sur les symptômes reliés à la malpropreté. Enfin, sur la majorité des variables, l’augmentation du délai de possession diminue la différence entre le groupe CBE et le groupe C, indiquant une amélioration des symptômes avec le temps.

La variable qui différencie le plus les groupes CBE et C est la « peur », même après plusieurs années en famille. Associée à la diminution des agressions, les chiens de CBE manifestent donc majoritairement une réponse « flight » (fuite, évitement) plutôt que « fight » (combat) face à un évènement inquiétant. Pour expliquer ce constat d’un profil-type du chien de CBE, les auteurs avancent trois types de causes :

- Psychopathologie induite par le stress : plusieurs études ont exploré le bien-être des chiens vivant en environnement confiné ; les premières ont d’ailleurs étudié les chiens de laboratoire, pour lesquels le stress fait varier les variables lors des expérimentations. Les éléments statistiquement associés au stress dans ces études sont : la restriction spatiale, une mauvaise régulation des températures, les interactions aversives avec le personnel du chenil, l’impossibilité pour le chien de contrôler son exposition à des situations aversives, l’accès limité aux contacts positifs intra- et interspécifiques. Tous ces éléments sont présents en CBE, leur influence étant sans doute maximisée par le nombre d’années que passe le chien dans l’élevage. Une étude récente en refuge montre que le stress chronique des chiens est confirmé par les scores physiques et comportementaux, une autre étude y démontre le développement de comportementaux anormaux type timidité, agressivité, hypermotricité ou comportements locomoteurs stéréotypés. De plus, la mise en évidence de problèmes de santé en plus grand nombre dans le groupe CBE illustre ce que l’on sait de la répercussion physique du stress : cette association stress chronique/maladie physique a été démontrée dans de nombreuses espèces, y compris chez l’homme.

- Un défaut de socialisation précoce (défaut d’exposition aux situations classiques d’une vie typique de chien de compagnie) : la période sensible pour la socialisation du chiot finit entre 4 et 6 mois. Le plus souvent, les reproducteurs des CBE y sont eux-mêmes nés et y ont passé leur période de socialisation. Plusieurs études expérimentales ont montré que de jeunes chiens élevés dans des conditions appauvries (déprivation sensorielle), au cours de leurs 4 à 6 premiers mois, avaient de grandes difficultés à s’adapter à un nouvel environnement, développant ce que l’on appelle le syndrome du chien de chenil (ou « kennel syndrom », NDR), caractérisé par une peur et une timidité excessive lors de l’exposition à un nouvel environnement humain et physique. Une autre étude a montré que des chiots isolés et déprivés entre 3 et 20 semaines manifestent des perturbations à vie et une altération des capacités d’apprentissages. Ces effets de l’exposition à un milieu de développement précoce hypostimulant sont le plus souvent extrêmement persistants et résistants à la réhabilitation, sans doute à cause d’altérations irréversibles de la structure du cerveau en développement du chiot. Dans cette étude, une grande partie des comportements typiques des chiens de CBE concordent avec les symptômes liés au défaut de socialisation précoce et à la privation sensorielle dans le jeune âge (et évoque fortement le tableau du Syndrome de Privation Sensorielle au stade 2, anxiété permanente, ou au stade 3, dépression chronique, tel que décrit par Pageat, 1995, NDR).

- Des traumatismes précoces : l’influence de la période prénatale ne doit pas être écartée, si l’on considère que les futurs reproducteurs ont d’abord été conçus et sont eux-mêmes nés en CBE. Plusieurs études ont montré à quel point le stress maternel pendant la gestation influence la santé et le comportement ultérieur du chiot, qui manifestera notamment : dysfonctionnement neuro-hormonal, sensibilité, peur, émotivité augmentées, exagération des réponses de stress, difficultés d’apprentissage, augmentation de la susceptibilité aux troubles psychopathologiques… Pour ce qui concerne la période post-natale, les conséquences des traumatismes précoces (ELA ou « Early Life Adversity ») ont été largement étudiées chez l’enfant et ont révélé -chez les adultes qu’ils devenaient- un risque accru de problèmes psychologiques, tels que l’instabilité des relations sociales, des troubles de l’humeur de type anxieux ou dépressif. La modélisation des ELA chez les rongeurs ou les primates (privation maternelle ou sociale) a confirmé la corrélation entre ELA et vulnérabilité ultérieure aux troubles psychopathologiques, de par des altérations à long terme de la réponse neuroendocrine au stress, de la régulation émotionnelle, de l’adaptabilité, des fonctions cognitives, de l’attachement et même une modification épigénétique de l’expression des gènes associés aux troubles anxieux ou de l’humeur.

De telles études chez le chien sont rares (et anciennes), mais concluent que la période de socialisation du chiot constitue une période à risque pour des dommages psychologiques permanents, une période de vulnérabilité au cours de laquelle une expérience aversive même unique (notamment autour de 8 semaines) peut avoir des conséquences à long terme.

La genèse de la pathologie comportementale manifestée chez les chiens de CBE est sans doute multi-factorielle et composite des trois catégories précitées. Les auteurs se sont appliqués à proposer une méthodologie statistique très sérieuse, menée par ailleurs sur un nombre significatif de chiens. La bibliographie riche et la proposition de causes générant les troubles observés chez les chiens de CBE permettent d’argumenter autour de la genèse du « kennel syndrom » (et par extension de celle du syndrome de privation sensorielle de l’école française, NDR).

Source :

McMillan FD et al., Mental health of dogs formerly used as ‘breeding stock’ in commercial breeding establishments, Applied Animal Behavior Science (2011)

berger allemand stérilisation troubles urinaires troubles articulaires

© Grigory Bruev

Connus pour leur intelligence, leur obéissance et leur fidélité, les bergers allemands sont souvent la race préférée pour la police et le travail militaire, ainsi que comme chiens de service et bien sûr animaux de compagnie. Mais ils sont également sujets à des troubles articulaires.

Des chercheurs de l’Université Davis en Californie ont découvert que la stérilisation ou la castration des bergers allemands avant un an triple le risque d’un ou plusieurs troubles articulaires – en particulier du ligament croisé crânial et d’incontinence urinaire. Le risque de cancers ne semble pas augmenté par cette pratique, d’après l’étude.

Celle-ci a été publiée le 16 mai dans la revue Veterinary Medicine and Science.

De plus en plus, aux USA notamment, de stérilisations précoces (avant l’âge de 6 mois) sont pratiquées. En Europe, les habitudes varient selon les pays. Des études ont montré que cette manière de procéder pouvait favoriser l’apparition de maladies débilitantes telles que la dysplasie de la hanche, les ruptures des ligaments croisés, la dysplasie du coude. Le risque serait doublé voire triplé pour les ligaments croisés. Des recherches récentes, menées chez les golden et Labrador retrievers, ont montré après stérilisation précoce un risque multiplié par un facteur de 4 à 5 de développer ces troubles orthopédiques chez les premiers, doublé chez les seconds. Certains cancers, par ailleurs, se développent plus volontiers chez les animaux stérilisés. Il en va ainsi des ostéosarcomes, hémangiosarcomes, lymphomes et mastocytomes. Le risque d’ostéosarcome est doublé, celui d’hémangiosarcome cardiaque quadruplé chez les femelles. Le risque de mastocytome cutané serait quadruplé également, aussi bien chez les mâles que chez les femelles. Les auteurs de cet article en accès libre passent ensuite en revue toutes les études ayant montré une augmentation des risques cancéreux lors de stérilisation précoce.

Les chercheurs ont examiné les dossiers de cliniques vétérinaires sur une période de 14 ans, étudiant les cas de près de 1170 chiens bergers allemands intact et stérilisés (y compris castrés). Ils ont investigué pour trouver des cas de troubles articulaires et ainsi que de cancers communs déjà associés à la stérilisation. Les maladies ont été suivis pendant 8 ans, à l’exception du cancer du sein chez les femelles qui a été suivi pendant 11 ans.

Les chiens ont été classés comme intact (non castré), castrés avant 6 mois, castrés entre 6 à 11 mois, ou castrés entre 12 à 23 mois et 2 à 8 ans.

En résumé, les constatations sont les suivantes :

  • Chez les mâles intacts, 7% des mâles intacts ont été diagnostiqués avec un ou plusieurs troubles articulaires, contre 21% des mâles castrés avant un an
  • Chez les femelles intactes, 5% ont été diagnostiqués avec un ou plusieurs troubles articulaires, alors que chez les femelles stérilisées avant un an, le chiffre augmente de façon significative à 16%
  • Le cancer mammaire a été diagnostiquée chez 4% des femelles intactes par rapport à moins de 1% chez les femelles stérilisées avant un an (l’apparition des autres cancers suivie pendant 8 ans n’a pas été plus élevée dans les animaux stérilisés que chez les chiens intacts).
  • L’incontinence urinaire, non diagnostiquée chez les femelles intactes, a été diagnostiquée chez 7% des femmes stérilisées avant un an.

Troubles orthopédiques

La maladie la plus concernée est la rupture des ligaments croisés avec une incidence de moins de 1 % chez les mâles entiers, de 12,5 % lors de stérilisation précoce, de 8,3 % en cas de castration entre 6 et 11 mois. La différence observée pour la dysplasie de la hanche n’est pas significative. L’incidence de la dysplasie du coude est également supérieure mais de manière statistiquement non significative.

Au moins une anomalie de l’appareil locomoteur était présente chez 5,1 % des chiennes non stérilisées, versus 12,5 % lors de stérilisation avant 6 mois et 17 % quand elle intervenait entre 6 et 11 mois. Comme chez les mâles, les lésions des ligaments croisés sont plus fréquentes : 1 % chez les femelles non stérilisées, 4,6 % lors de stérilisation avant 6 mois, 8,3 % entre 6 et 11 mois. Toujours comme chez les mâles, l’incidence de la dysplasie de la hanche est plus importante, mais sans atteindre la significativité statistique. La dysplasie du coude n’est pas concernée.

Cancers

3% des mâles ont présenté un des cancers parmi les plus couramment observés (ostéosarcomes, hémangiosarcomes, lymphomes et mastocytomes). La stérilisation pour ces animaux n’augmente pas le risque de néoplasies même si on observe un peu plus de lymphomes : 4,2 % chez les chiens stérilisés avant 6 mois contre 1,5 % chez les mâles entiers. Chez les femelles, l’incidence globale des cancers était inférieure à 1 %. On ne note qu’une augmentation (non significative) de celle des mastocytomes.

Incontinence urinaire et pyomètre

Aucune femelle non stérilisée n’a développé d’incontinence urinaire, mais l’incidence est de 4,7 % chez les femelles opérées avant 6 mois. Le chiffre est de 7,3 % lors de stérilisation entre 6 et 11 mois. L’incontinence survient en moyenne à l’âge de 5,2 ans. Enfin, des pyomètres ont été diagnostiqués chez 1,5 % des chiennes non stérilisées. Les auteurs attribuent les troubles orthopédiques constatés chez les animaux stérilisés précocement à une influence hormonale sur des plaques de croissance non encore entièrement matures. Ils notent que contrairement à ce qui a été décrit chez le golden retriever, surtout chez la femelle, la stérilisation précoce ne semble pas, chez le berger allemand, favoriser l’éclosion de cancers. Pour autant, le risque de cette pratique doit être soigneusement pesé.

Source :

B.L Hart, Neutering of German Shepherd Dogs: associated joint disorders, cancers and urinary incontinence, Veterinary Medicine and Science.

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© Gajus

Animaux et humains sont plus semblables qu’on ne le pense. Il y a certaines similitudes dont les chiens aimeraient volontiers se passer !

Des chercheurs de la Michigan State University ont découvert une forme sévère et rare de l’hypertension artérielle pulmonaire chez les chiens. Jusqu’à présent, cette affection n’avait été classée que comme une maladie humaine du poumon.

L’étude a été publiée le 29 février dans la revue Veterinary Pathology.

« Notre recherche est la première à avoir fait état de l’existence de la maladie veino-occlusive pulmonaire, ou PVOD, chez les chiens », a déclaré Kurt Williams, DVM, PhD, DACVP, auteur principal de l’étude. « La PVOD est considérée comme l’une des formes les plus sévères de l’hypertension artérielle pulmonaire.« 

L’hypertension artérielle pulmonaire se développe à cause de vaisseaux sanguins anormaux dans les poumons, ce qui rend plus difficile pour le cœur de pousser le sang à travers eux et ainsi fournir de l’oxygène au reste du corps. En cas de maladie veino-occlusive, les petites veines dans les poumons se bouchent, ce qui augmente la pression dans ces vaisseaux sanguins, causant finalement une insuffisance cardiaque.

« Le même processus se produit chez les chiens », explique Williams. « Les chiens manifestent des symptômes semblables à l’homme, mais étant donné que les changements subtils que ceux-ci opèrent sur la santé ne peuvent pas être reconnus aussi rapidement chez les chiens, la mort peut survenir rapidement chez l’animal. »

Les symptômes comprennent la toux, l’augmentation du rythme de la respiration, la détresse respiratoire, la perte d’appétit, et la fatigue chronique. Une progression fatale de la maladie chez l’homme peut durer jusqu’à deux ans.

« La PVOD est une maladie mal comprise non seulement parce qu’elle est rare, mais aussi parce qu’il n’y a peu d’animaux identifiés comme pouvant la contracter », souligne Williams. « Notre découverte change les choses. »

(Source : NewStat, 16 mai)

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Crédits : DR

Le « Hoarding » désigne en général une manie d’accumulation compulsive. On qualifie une situation de « hoarding » lorsqu’une personne accumule trop d’animaux dans un espace restreint, ce qui ne permet pas de satisfaire correctement les besoins des animaux notamment en terme de liberté et de besoin de repos. Les environnements typiques de ces situations sont généralement extrêmement insalubres et malsains, les animaux souffrant de malnutrition, maladies, pouvant entraîner la mort. Plusieurs rapports réalisés sur des chiens sortis de situations de hoarding relèvent de nombreux comportements « anormaux » chez ces animaux. Une étude scientifique a tenté d’établir les différences comportementales entre ces chiens et les chiens domestiques ordinaires.

Les chiens qui ont participé à l’étude ont été sélectionnés auprès de diverses associations américaines qui s’occupent de retrouver un foyer aux chiens sortis de cas de hoarding. Les évaluations comportementales ont été réalisées grâce au questionnaire C-BARQ (Canine Behavioural Assessment ad Research Questionnaire), qui a recours à des échelles pour quantifier l’intensité ou la fréquence de certains comportements.

Près de 408 chiens ont participé à l’étude. Parmi eux, le ratio mâle-femelle était de 0.82:1, et tous avaient déjà passé une moyenne de 2,2 ans dans leur nouveau foyer adoptif au moment de la réalisation du questionnaire. 28 éléments comportementaux ont été comparés entre ces chiens et des chiens ordinaires représentant un échantillon fiable de chiens domestiques (de même race, âge etc) comme groupe de contrôle. Par rapport à ces chiens, ceux qui avaient vécu une situation de hoarding montraient notamment :

  • beaucoup plus de signes d’anxiété (envers les étrangers, leurs congénères, voire un manque total de sociabilité)
  • une plus grande sensibilité au toucher
  • une forte demande d’attention et d’attachement
  • de l’anxiété de séparation
  • des problèmes d’incontinence lorsqu’ils se retrouvaient seuls à la maison

Des points positifs néanmoins : les chiens victimes de hoarding étaient nettement moins agressifs envers les étrangers (s’ils avaient été « relogés » dans une famille sans aucun autre chien) ainsi qu’envers leurs congénères (si les chiens en question avaient moins de 2 ans). Ils sont moins faciles à éduquer, chassent moins les petits animaux, sont moins facilement excités (seulement pendant les 2,5 premières années dans leur nouveau foyer), moins énergiques, recherchent moins la compétition avec leurs congénères et aboient également moins (s’ils sont là encore « relogés » sans autre compagnon canin dans le foyer). Ces éléments sont précieux afin de mieux comprendre les caractéristiques des troubles comportementaux de ces chiens et ainsi offrir des approches thérapeutiques adaptées en vue de leur réhabilitation.

Références :

F. McMillan, R. Vanderstichel, H. Stryhn, J. Yu, J. Serpell, Behavioural characteristics of dogs removed from hoarding situations, Applied Animal Behaviour Science 178 (2016) 69–79

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Et si parler de grippe « canine » était un abus de langage? Peut-être, à la lumière d’une récente découverte.

Le Programme de médecine en collectivités de l’école vétérinaire de l’Université du Wisconsin a confirmé que le virus qui a touché un grand nombre de chiens dans le Midwest l’an dernier a infecté également un groupe de chats dans la région.

L’équipe de chercheurs a récemment testé plusieurs chats d’un refuge pour animaux au nord-ouest de l’Indiana et les a trouvés positifs au virus H3N2 de la grippe canine.

« Les soupçons d’une épidémie chez les chats ont d’abord été soulevées quand un groupe a montré des signes inhabituels de maladie respiratoire », a déclaré Sandra Newbury, DVM, MS, professeur adjoint de clinique et directeur du programme de médecine en collectivités de l’école vétérinaire.

« Bien que ce premier rapport ait confirmé que plusieurs chats ont été testés positifs à la grippe canine aux Etats-Unis, ce qui montre que le virus peut affecter les félins, nous espérons que les infections et les maladies continueront d’être assez rares.« 

Des cas similaires ont été signalés précédemment en Corée du Sud ont suggéré que le virus, qui n’avait pas été détecté aux États-Unis jusqu’en 2015, était capable de passer des chiens aux chats. Cependant, un seul chat a été testé positif à H3N2 aux Etats-Unis l’an dernier. Aucun échantillonnage supplémentaire n’avait été fait, parce que l’échantillon initial n’a été détecté comme positif que bien après la convalescence du chat et la disparition de ses symptômes.

Il semble maintenant que le virus puisse se répliquer et se propager de chat à chat.

« L’échantillonnage séquentiel de ces chats s’est révélé positif et a montré une augmentation de la charge virale dans le temps », a déclaré Kathy Toohey-Kurth, PhD, section de virologie au Laboratoire de diagnostic vétérinaire du Wisconsin, se référant à la quantité de virus trouvé dans un échantillon donné.

Les travaux préliminaires pour étudier la signature génétique du virus montre qu’il est identique au virus H3N2 qui infecte les chiens. Les chercheurs de WVDL finalisent actuellement une analyse génétique complète et l’étude du virus.

Newbury et l’équipe de médecine de l’école vétérinaire travaillent en étroite collaboration avec un refuge pour animaux pour gérer l’épidémie de grippe, un certain nombre de chiens ayant également été testés positifs pour le virus.

« A cette époque, tous les chats infectés ont été mis en quarantaine, et aucun des chats ou des chiens infectés n’a quitté ce refuge » , dit Newbury. « Nous allons continuer à surveiller attentivement les cas de la maladie. »

Les chats qui ont contracté le virus au refuge ont affiché des symptômes des voies respiratoires importants, tels que écoulement nasal, congestion et malaise général, ainsi que des claquements de lèvres et une salivation excessive. Les symptômes ont disparu rapidement et à ce jour, le virus n’a pas été fatal aux chats.

Les chiens infectés peuvent développer une toux persistante, un écoulement nasal et de la fièvre. Certains chiens ne présentent aucun symptôme, tandis que d’autres présentent des signes plus graves de la maladie. Le virus a été lié à certains décès chez les chiens, mais la plupart des chiens récupèrent avec des soins de soutien.

Les chiens et les chats infectés par le virus de la grippe canine doivent être logés séparément des autres animaux et des mesures d’hygiène doivent être prises pour éviter la propagation du virus via les mains et les vêtements.

Un vaccin H3N2 est maintenant disponible pour les chiens, mais il n’existe actuellement aucun vaccin approuvé ou recommandé pour les chats. Un vétérinaire peut recommander ou non de demander un vaccin contre la grippe canine H3N2 pour les chiens.

(NewStat, 7 avril)

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© antoine-photographe

Le déficit en facteur VII est une maladie du sang rare et héréditaire qui provoque une coagulation du sang légère à modérée. Elle frappe surtout les beagles, airedales, Alaskan Klee kais, schnauzers géants et races deerhound écossais, selon l’Université de Californie UC Davis. Une nouvelle étude suggère cependant un remède.

Des chercheurs de l’Université de Caroline du Nord et le Centre Raymond G. Perelman de l’Hôpital des enfants de Philadelphie ont utilisé une injection unique de thérapie génique pour corriger le déficit en facteur VII chez les chiens. L’étude a été publiée le 23 décembre 2015, dans la revue scientifique Blood.

« Nous avons développé un modèle animal unique de cette maladie après avoir identifié les chiens naturellement déficients en facteur VII », a déclaré Paris Margaritis, DPhil, et auteur principal de l’étude. « Nos enquêtes nous ont permis de concevoir le gène correctif à insérer dans notre vecteur de virus. »

Les chercheurs ont caractérisé le facteur VII chez quatre chiens. En utilisant les vecteurs AAV fournis par Margaritis, les chercheurs ont injecté aux chiens des doses variables et surveillé leurs effets sur leur santé et leurs marqueurs biologiques sur plusieurs années.

D’après l’état des fonctions rénales, hépatiques, et des résultats des prises de sang chez les chiens, le traitement était sûr et n’a pas provoqué de réponses immunitaires indésirables.

(source : NewStat, 15 mars)

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© Khorzhevska

Il est généralement difficile, surtout pour les propriétaires, d’identifier les signes de douleur chez leur chat. Une nouvelle étude a tenté de mener l’enquête et de les cataloguer.

Universitaires et praticiens cliniques à travers le monde, spécialistes en médecine interne, anesthésiologie, oncologie, dentisterie, comportement, dermatologie, ophtalmologie et neurologie ont identifié 25 signes comportementaux que les chats affichent et qui pourraient indiquer qu’ils souffrent de douleur. La recherche a été publiée dans la revue scientifique PLOS ONE le 24 février.

Le but de l’étude était de recueillir et de classer l’opinion d’experts sur les signes comportementaux possibles chez les chats qui dénotent la douleur. Ces signes ont été classés comme « suffisant» (leur présence indique que le chat a mal) ou « nécessaire » (ces signes doivent être présents pour conclure que le chat a mal) afin de permettre une évaluation de la présence ou non de douleur.

En répétant un processus d’analyse du comportement et de la sélection, le travail des chercheurs a révélé 25 principaux signes « suffisants », comme une absence de toilettage, une posture voûtée, un évitement des zones trop exposées à la lumière, un changement de comportement alimentaire, et de la difficulté à sauter, qui tous indiquent la présence d’une douleur, mais aucun signe « nécessaire ».

« Les propriétaires et les vétérinaires sont clairement capables de reconnaître de nombreux changements de comportement chez les chats qui se rapportent à la douleur », a déclaré Daniel S. Mills, Ph.D., professeur de médecine vétérinaire comportementale à l’Université de Lincoln et un des auteurs de l’étude. « Toutefois, les propriétaires ne peuvent pas toujours reconnaître la pertinence clinique de ce qu’ils voient. Par exemple, ils peuvent voir les changements comme une partie inévitable du vieillissement naturel, et ne pas les signaler… jusqu’à ce que les comportements deviennent très graves. Nous espérons que d’avoir une liste convenue de critères plus objectifs, qui se rapporte à des signes spécifiques de la douleur, pourrait améliorer la capacité des propriétaires et des vétérinaires pour le reconnaître. « 

« Behavioral signs of pain in cats : an expert consensus »

http://journals.plos.org/plosone/article?id=10.1371/journal.pone.0150040

(source : PLOS ONE, 24 février)

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© waldru

Les chiens et les chats, malgré la mise en place de vermifugations régulières, sont encore aujourd’hui une source importante de contamination indirecte de l’homme par les nématodes du genre Toxocara spp. Les praticiens doivent garder à l’esprit les risques que la toxocarose représente pour l’homme. La connaissance de la biologie des parasites permet d’élaborer un plan stratégique de prévention adapté à chaque cas et de justifier auprès des propriétaires de chiens ou de chats des mesures hygiéniques à respecter.

Les oeufs de Toxocara canis et T. cati disséminés dans l’environnement par l’intermédiaire des matières fécales des chiens et des chats sont la principale source de contamination humaine. Un développement larvaire, d’une durée de 3 semaines à quelques mois en fonction des conditions environnementales, doit se produire afin que l’oeuf soit infestant : on parle alors d’oeuf embryonné.

L’homme se contamine par ingestion de cette forme infestante, en portant à sa bouche ses mains souillées ou en mangeant des légumes mal lavés. Les occasions sont fréquentes, car il existe une forte contamination des sols, particulièrement dans les jardins publics et les aires de jeu (les bacs à sable sont très exposés), d’autant que les oeufs embryonnés peuvent survivre plusieurs années dans un environnement favorable. les chiens et les chats ne sont pas les seuls responsables de cette contamination environnementale : il semble que l’implantation de renards roux en milieu urbain puisse jouer un rôle non négligeable. La contamination humaine via le pelage des animaux de compagnie est assez improbable, les oeufs adhérant fortement aux poils et étant peu souvent embryonnés. il existe une autre source de contamination possible : l’ingestion de la viande mal cuite d’un hôte paraténique (ruminants, porcs, oiseaux) contenant des larves enkystées.

La toxocarose chez l’homme

L’homme se comporte lui-même comme un hôte paraténique. Après ingestion, les oeufs embryonnés libèrent des larves qui, migrant à travers la paroi du tube digestif, s’enkystent dans divers tissus, pouvant y survivre plusieurs années. il existe plusieurs formes de toxocarosehumaine : la toxocarose commune, parfois asymptomatique,parfois à l’origine de signes cliniques frustrescomme de l’asthénie, des douleurs digestives ou musculaires, des troubles du sommeil, des formes allergiques (rash cutané, prurit, toux) ; la forme appelée larva migrans viscérale, avec atteinte de l’état général, fièvre, hépatomégalie, troubles digestifs, signes pulmonaires et cutanés ; la toxocarose oculaire, avec uvéite et choriorétinite ; la toxocarose neurologique, plus rare, avec méningite ou/et encéphalite. le diagnostic de toxocarose est mal aisé. Un dosage des anticorps circulants anti-Toxocara est possible par une méthode EliSA ou par immuno-empreinte (Western Blot), mais ces anticorps persistent plus de 2 ans après contamination. le diagnostic doit donc prendre en compte le taux d’anticorps, la présence d’une éosinophilie sanguine et de signes cliniques compatibles. Parfois, l’imagerie permet d’observer les larves enkystées dans le tissu hépatique, pulmonaire ou cérébral. lors de forme oculaire, les igG doivent être recherchées dans des prélèvements oculaires.

Quoi qu’il en soit, la contamination humaine par Toxocara sp. n’est pas rare : la séroprévalence dans les pays européens varie de 2,5 à 44 % suivant la région et la tranche d’âge. la moyenne générale est de l’ordre de 19 % aux Pays-Bas. Ces chiffres sont beaucoup plus élevés dans les zones tropicales. Ainsi, à la réunion, la séroprévalence est de 93 % chez les enfants !

La toxocarose chez le chien et le chat

La prévalence chez le chien et le chat est également variable en fonction du mode de vie et de l’âge. En Europe de l’ouest, elle est de 3,5 à 34 % chez le chien et de 8 à 76 % chez le chat. La toxocarose clinique est plus fréquente chez les chiots et les chatons, mais beaucoup d’adultes sont porteurs asymptomatiques et assurent ainsi un rôle de réservoir. Les chiens et les chats se comportent à la fois comme des hôtes définitifs, chez lesquels les larves ingérées se transformeront en adultes dans les voies digestives et comme hôtes paraténiques, des larves pouvant s’accumuler et survivre dans les tissus. La contamination des chiens et des chats se fait par ingestion d’oeufs embryonnés, par ingestion de larves enkystées (rongeurs, oiseaux, alimentation carnée mal cuite), mais aussi par voie galactogène chez le chiot ou le chaton à l’allaitement (jusqu’à au moins 38 jours après la naissance) ou encore par voie intra-utérine chez le chiot : les chiots d’une mère contaminée ont près de 100 % de risques d’être infestés par cette voie. Le délai moyen entre l’ingestion d’un oeuf embryonné et l’excrétion d’oeufs dans les selles est de 4 à 5 semaines chez le chien et de 8 semaines chez le chat.

Application à la prévention de la toxocarose humaine

Aucune action de décontamination de l’environnement n’ayant fait ses preuves, la prévention de la toxocarose humaine passe d’une part par le respect de mesures hygiéniques et d’autre part par une vermifugation régulière des animaux de compagnie. Il faut convaincre les propriétaires de chiens et de chats de ramasser les selles de leur animal, limiter leur accès aux potagers, respecter les restrictions d’accès aux espaces de jeu, aux plages et autres endroits publics, laver soigneusement les légumes, cuire correctement la viande. Ils doivent également mettre en place un traitement stratégique de leur animal. En ce qui concerne les chiots, les risques de contamination par voie intra-utérine puis par le lait justifient une vermifugation dès l’âge de 2 semaines, puis à 4, 6 et 8 semaines, puis tous les mois jusqu’à l’âge de 6 mois. Chez le chaton, pour lequel la contamination intra-utérine n’existe pas, la vermifugation pourra être faite à 3, 5, 7 et 9 semaines, puis tous les mois jusqu’à l’âge de 6 mois. En ce qui concerne les animaux plus âgés, leur rôle de réservoir est à prendre en considération. Il a été démontré qu’une vermifugation tous les 6 mois était insuffisante. Il est donc préférable de recommander a minima 4 vermifugations par an, voire une vermifugation toutes les 4 à 6 semaines en cas de contamination environnementale avérée et de risques majorés (présence de jeunes enfants, de personnes immunodéprimées). La vermifugation des reproductrices en cours de gestation est pertinente si l’on utilise un anthelminthique larvicide. Par ailleurs, les mères seront vermifugées systématiquement en même temps que leur progéniture.

Bibliographie

• Charlot S. : Transmission des ascarides de carnivores domestiques à l’homme : analyse de 20 cas de toxocarose humaine diagnostiqués à Toulouse (Haute-Garonne) et en région parisienne (2007), thèse Doct.Vét, ENVA.

• ESCCAP : Guide n°1 : Lutte contre les nématodes et les cestodes des carnivores domestiques (2013), http://www.esccap.fr/vers-du-chien-et-du-chat.html.

• Fillaux J., Magnaval J.-F.: Laboratory diagnosis of human toxocariasis (2013), Veterinary Parasitology, 193, 327–336.

• Overgaauw P.A.M , van Knapen F: Veterinary and public health aspects of Toxocara spp (2013), Veterinary Parasitology, 193, 4, 398–403.

• Strube C., Heuer L., Janecek E.: Toxocara spp. infections in paratenic hosts (2013), Veterinary Parasitology, 193, 4, 375–389.

(source : L’Essentiel n°395)

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Si vous avez déjà suivi un régime alimentaire, vous savez que cela peut vous rendre irascible et de mauvaise humeur. Est-ce la même chose pour nos amis félins? Pas nécessairement !

Les chercheurs du College of Veterinary Medicine de l’université de Cornell ont fait suivre à des félins deux régimes différents pour voir le poids qu’ils perdraient et si leurs comportements envers leurs propriétaires changeraient pendant ces régimes. Tous les chats ont perdu du poids. Et bien que les chats suivant un régime amaigrissant aient exprimé des comportements tels que la mendicité avant d’être nourris, ils ont également affiché plus d’affection après avoir mangé.

L’étude a été publiée dans le Journal of Veterinary Behavior, le 30 novembre 2015.

58 chats ont été divisés en deux groupes et mis sur différents régimes alimentaires, l’un riche en fibres, l’autre faible en glucides et riche en protéines. Le poids et les comportements envers leurs propriétaires ont été vérifiés à quatre et huit semaines.

Quel que soit le régime, tous les chats ont perdu du poids au bout de huit semaines. En outre, chez les chats qui ont montré des changements de comportement, beaucoup ont réagi à la diète en mendiant, en miaulant, et en changeant de rythme avant le repas. Post-repas, les chats ont augmenté leur affection pour leurs propriétaires en sautant sur leurs genoux et en utilisant le bac à litière.

(source : NewStats, 23 février)