Revue de presse – Avril 2016

BREVES

FRANCE

SAVE THE DATE ! « Dog Revolution », un séminaire sur les comportements gênants canins début octobre à Nanterre

Sous l’égide des vétérinaires comportementalistes Thierry Bedossa et Antoine Bouvresse, l’unversité Nanterre Paris Ouest accueillera les 1er et 2 octobre un séminaire consacré à la gestion des comportements gênants chez le chien. De la prévention à la socialisation du chien à la place du chien dans notre société via les aspects législatifs, les connaissances en matière cognitive et de bien-être, de nombreux intervenants (scientifiques, chercheurs, éducateurs canins) exploreront la relation homme-chien, les souffrance que chacun peut vivre au sein de cette relation et les solutions pratiques pour y remédier.

Ce séminaire aura pour originalité de proposer une étude de cas pratiques avec présentation de propriétaires accompagnés de leur animal pendant la deuxième journée. Un appel à candidatures sera bientôt lancé !

FRANCE
Votre chien sait exactement ce que vous pensez et ressentez !

D’après une étude menée par Charlotte Duranton, éthologue de l’université de Marseille, les chiens peuvent dire ce que leurs propriétaires pensent des inconnus en observant leurs réactions.

Nos amis canins sauraient donc pratiquer ce que l’on nomme le référencement social : ils basent leur comportement envers les inconnus selon le comportement de leur propriétaire. Cette information leur permet de savoir s’ils doivent être amicaux ou hostiles envers la personne concernée.

Dans l’étude, publiée dans la revue Animal Behaviour, l’attitude des chiens variait selon que leur maître approchait, restait ou déplacé loin des personnes inconnues.

« Les chiens lançaient des regards référentiels vers leur propriétaire, et observaient également les alternances de regards entre l’expérimentateur, la personne inconnue, et leur propriétaire, » rapporte l’étude.

Lorsque les propriétaires s’éloignaient de la personne inconnue, les chiens l’observaient très rapidement et mettaient nettement plus de temps à entamer un contact avec elle que lorsque leur propriétaire s’en était approché.

Les chiens interagissaient également plus avec leurs propriétaires lorsqu’ils s’éloignaient.

Le phénomène de référencement social est également observé chez les jeunes enfants qui se tournent vers leurs parents pour observer leur réaction face à des inconnus, avant de formuler une réponse.

Pour les chercheurs, ces éléments pourraient permettre de mieux gérer les réactions des chiens face à des personnes inconnues dans des lieux publics.

Le sexe des chiens étudiés a également eu un effet sur leurs comportements – les mâles cherchaient moins d’informations auprès de leurs propriétaires que les femelles.

La race fut également un facteur impactant les réactions des chiens, les molosses type mastiff ou bouledogues étant plus indépendants que les chiens de berger, par exemple.

(source : Daily Mail, 20 mars 2016)

ETATS-UNIS

Et si votre chien était raciste ?

Oh stupeur ! Et si votre chien était raciste ? Bien sûr, ça ne vient pas de lui… mais les scientifiques se demandent si le comportement d’un propriétaire en la matière ne pourrait pas avoir une influence sur celui de son chien.

Sur le site Psychology Today, Stanley Coren célèbre professeur de psychologie, chercheur en neuropsychologie et auteur de nombreux livres sur l’intelligence et les capacités mentales des chiens, raconte cette anecdote : « Une dame est venue discuter avec moi, me confiant que le chien de sa fille était peut-être raciste. Elle était allée lui rendre visite à Boston. Le chien était un croisé entre un berger allemand et un border collie. C’est un gentil chien, avec la grande majorité des gens, pourtant d’après elle, lors d’une promenade, il semblait agir de façon raciste. A chaque fois qu’une personne noire s’approchait d’elles, le chien semblait inquiet, se rapprochant de sa maîtresse, et grognant lorsque la personne ‘suspecte’ passait à côté d’elles. »

Pour le chercheur, c’est évident : il n’est pas du tout plaisant de se dire que le meilleur ami de l’homme puisse manifester ce genre d’attitudes négatives et stéréotypées. Mais en l’occurrence, des propriétaires, souvent des femmes, se sont également plaints du fait que leur chien semblait sexiste : le chien semblait ne pas aimer les hommes ou en avait peur.

Il y a aussi les chiens qui n’aiment pas les personnes âgées, et puis ceux qui ont un problème avec les uniformes comme ceux des militaires ou de la police…

Nous savons que les préjugés humains tels que le racisme, le sexisme, le « jeunisme » et autres sont des comportements acquis, résultats très souvent d’une éducation, d’expériences traumatiques avec certaines catégories de personnes, ou encore d’une exposition à un environnement où ce genre d’attitudes est commun. Stanley Coren a donc voulu en savoir un peu plus sur le passé de la jeune femme en question : avait-elle vécu une expérience négative avec une personne noire dans un passé proche ? Il se trouvait qu’elle avait été agressée par un jeune homme en sweat, qui avait voulu lui voler son sac. Il n’avait pas réussi son coup, mais il avait tiré tellement fort qu’il avait projeté la jeune femme à terre et lui avait cassé le poignet. Pour sa mère, sa fille s’en est remise et n’a pas développé de préjugés particuliers envers les personnes noires. Pour elle, c’était simplement quelqu’un d’agressif qui se trouvait être afro-américaine, sans plus.

Le problème, c’est que même les comportements les plus discrets, les plus subtils à détecter, peuvent malgré tout influencer le comportement d’un chien et son attitude envers d’autres gens, suffisamment pour que l’animal finisse par développer du racisme ou du sexisme. La récente étude de Charlotte Duranton (voir plus haut) démontre que les chiens sont extrêmement attentifs aux comportements de leur propriétaire avant de fournir une réponse comportementale face à un étranger. C’est ce qu’on nomme le référencement social : un individu lit le comportement de ses congénères, ou des autres êtres qu’il connaît, de façon à déterminer la valeur de sa propre réponse face à une situation, une personne, un objet. Une toute petite nuance dans le comportement de l’humain peut faire la différence pour le chien. En l’occurrence, lorsqu’un propriétaire s’éloigne d’une personne inconnue, le chien se sent en insécurité. Il regardera plus intensément l’inconnu, et observera les jeux de regards entre les deux humains. Même comportement si le propriétaire reste figé sur place : pour un chien, rester sans bouger n’est pas naturel, aussi voir son propriétaire agir ainsi peut être négatif ou étrange pour lui. Cette attitude de se figer étant par ailleurs adoptée par de nombreux animaux sauvages à l’approche d’une menace.

Comment s’étonner que tout ce jeu subtil de comportements finisse par construire des comportements biaisés envers certaines catégories de personnes ? La jeune femme évoquée plus haut n’est sans doute pas devenue raciste, mais il est naturel pour elle, compte tenu de sa mauvaise expérience, d’hésiter, de s’arrêter et peut-être même de reculer à l’approche d’un homme noir en sweat-shirt, tandis qu’elle se promène dans la rue avec son chien. Si le chien sait lire ces indices émotionnels, même discrets, et qu’ils se manifestent suffisamment souvent, il est plus que naturel pour l’animal de développer une méfiance ou un désamour certain pour ces personnes. Alors non, le chien n’est pas raciste, mais reflète l’insécurité de son propriétaire.

D’une façon similaire, une femme qui n’est pas très confiante avec les hommes pourra hésiter ou reculer spontanément lors de rencontres fortuites, construisant ainsi une méfiance envers les hommes chez son chien. Toute crainte sociale peut être ainsi inculquée au chien, ça peut aller de la peur ou de la méfiance envers les policiers à la terreur des clowns !

Pour clore son analyse, Stanley Coren a demandé à la mère de la jeune femme si le chien exprimait les mêmes comportements envers les femmes noires. La réponse était non, confirmant l’hypothèse de départ d’un sentiment d’insécurité à l’approche de jeunes hommes noirs. Son chien n’est donc pas un raciste, mais simplement un bon lecteur des émotions de sa maîtresse.

Plus d’informations

Stanley Coren est l’auteur de nombreux livres comme Comment parler chien ? ou Ce que savent les chiens : l’intelligence canine

L’étude évoquée a pour auteurs Charlotte Duranton, Thierry Bedossa et Florence Gaunet (2016). When facing an unfamiliar person, pet dogs present social referencing based on their owners’ direction of movement alone. Animal Behaviour, 113, 147-156

ETATS-UNIS

La grippe canine touche également les chats

Et si parler de grippe ‘canine » était un abus de langage? Peut-être, à la lumière d’une récente découverte.

Le Programme de médecine en collectivités de l’école vétérinaire de l’Université du Wisconsin a confirmé que le virus qui a touché un grand nombre de chiens dans le Midwest l’an dernier a infecté également un groupe de chats dans la région.

L’équipe de chercheurs a récemment testé plusieurs chats d’un refuge pour animaux au nord-ouest de l’Indiana et les a trouvés positifs au virus H3N2 de la grippe canine.

« Les soupçons d’une épidémie chez les chats ont d’abord été soulevées quand un groupe a montré des signes inhabituels de maladie respiratoire », a déclaré Sandra Newbury, DVM, MS, professeur adjoint de clinique et directeur du programme de médecine en collectivités de l’école vétérinaire.

« Bien que ce premier rapport ait confirmé que plusieurs chats ont été testés positifs à la grippe canine aux Etats-Unis, ce qui montre que le virus peut affecter les félins, nous espérons que les infections et les maladies continueront d’être assez rares.« 

Des cas similaires ont été signalés précédemment en Corée du Sud ont suggéré que le virus, qui n’avait pas été détecté aux États-Unis jusqu’en 2015, était capable de passer des chiens aux chats. Cependant, un seul chat a été testé positif à H3N2 aux Etats-Unis l’an dernier. Aucun échantillonnage supplémentaire n’avait été fait, parce que l’échantillon initial n’a été détecté comme positif que bien après la convalescence du chat et la disparition de ses symptômes.

Il semble maintenant que le virus puisse se répliquer et se propager de chat à chat.

« L’échantillonnage séquentiel de ces chats s’est révélé positif et a montré une augmentation de la charge virale dans le temps », a déclaré Kathy Toohey-Kurth, PhD, section de virologie au Laboratoire de diagnostic vétérinaire du Wisconsin, se référant à la quantité de virus trouvé dans un échantillon donné.

Les travaux préliminaires pour étudier la signature génétique du virus montre qu’il est identique au virus H3N2 qui infecte les chiens. Les chercheurs de WVDL finalisent actuellement une analyse génétique complète et l’étude du virus.

Newbury et l’équipe de médecine de l’école vétérinaire travaillent en étroite collaboration avec un refuge pour animaux pour gérer l’épidémie de grippe, un certain nombre de chiens ayant également été testés positifs pour le virus.

« A cette époque, tous les chats infectés ont été mis en quarantaine, et aucun des chats ou des chiens infectés n’a quitté ce refuge » , dit Newbury. « Nous allons continuer à surveiller attentivement les cas de la maladie. »

Les chats qui ont contracté le virus au refuge ont affiché des symptômes des voies respiratoires importants, tels que écoulement nasal, congestion et malaise général, ainsi que des claquements de lèvres et une salivation excessive. Les symptômes ont disparu rapidement et à ce jour, le virus n’a pas été fatal aux chats.

Les chiens infectés peuvent développer une toux persistante, un écoulement nasal et de la fièvre. Certains chiens ne présentent aucun symptôme, tandis que d’autres présentent des signes plus graves de la maladie. Le virus a été lié à certains décès chez les chiens, mais la plupart des chiens récupérent avec des soins de soutien.

Les chiens et les chats infectés par le virus de la grippe canine doivent être logés séparément des autres animaux et des mesures d’hygiène doivent êtr eprises pour éviter la propagation du virus via les mains et les vêtements.

Un vaccin H3N2 est maintenant disponible pour les chiens, mais il n’existe actuellement aucun vaccin approuvé ou recommandé pour les chats. Un vétérinaire peut recommander ou non de demander un vaccin contre la grippe canine H3N2 pour les chiens.

(NewStat, 7 avril)

ETATS-UNIS

Les troubles urinaires liés à l’eau de boisson des animaux ?

Si vous vivez dans un secteur où votre eau a une teneur élevée en minéraux, aussi appelé « eau dure, » il se pourrait que vous constatiez une hausse des problèmes urinaires.

Le 7 Avril, Trupanion, une compagnie d’assurance pour animaux de compagnie, a publié des données qui établissent un lien entre les conditions de santé urinaires chez les animaux et la cartographie des villes ayant une note d’eau dure élevée, telles qu’identifiées par l’Environmental Protection Agency (EPA).


Dans les zones à « eau extrêmement dure, » les chats mâles avaient une incidence beaucoup plus élevée de problèmes de santé, surtout de calculs urinaires. Ils étaient aussi trois fois plus susceptibles d’avoir des complications urinaires par rapport aux chats mâles vivant dans des zones à eau « un peu dure », « dure » ou « très dure » de l’eau. En ce qui concerne les chiens, les propriétaires de chiennes sont 2,5 fois plus susceptibles de présenter leur animal à un vétérinaire pour des problèmes urinaires que les propriétaires de chiens mâles.

Ainsi la Floride, l’Illinois, certaines parties du Texas et du Michigan sont les Etats où les animaux domestiques rencontrent le plus de problèmes urinaires.


(Source : NewStat, 12 avril)

ETUDE

Caractéristiques comportementales de chiens suite à des situations de hoarding

F. McMillan, R. Vanderstichel, H. Stryhn, J. Yu, J. Serpell, Behavioural characteristics of dogs removed from hoarding situations, Applied Animal Behaviour Science 178 (2016) 69–79

Le « Hoarding » désigne une manie d’accumulation compulsive. On qualifie une situation de « hoarding » lorsqu’une personne accumule trop d’animaux dans un espace restreint, ce qui ne permet pas de satisfaire correctement les besoins des animaux notamment en terme de liberté et de besoin de repos. Les environnements typiques de ces situations sont généralement extrêmement insalubres et malsains, les animaux souffrant de malnutrition, maladies, pouvant entraîner la mort. Plusieurs rapports réalisés sur des chiens sortis de situations de hoarding relèvent de nombreux comportements « anormaux » chez ces animaux. Le but de la présente étude était d’établir les différences comportementales entre ces chiens et les chiens domestiques ordinaires.

Les chiens qui ont participé à l’étude ont été sélectionnés auprès de diverses associations américaines qui s’occupent de retrouver un foyer aux chiens sortis de cas de hoarding. Les évaluations comportementales ont été réalisées grâce au questionnaire C-BARQ (Canine Behavioural Assessment ad Research Questionnaire), qui a recours à des échelles pour quantifier l’intensité ou la fréquence de certains comportements.

Près de 408 chiens ont participé à l’étude. Parmi eux, le ratio mâle-femelle était de 0.82:1, et tous avaient déjà passé une moyenne de 2,2 ans dans leur nouveau foyer adoptif au moment de la réalisation du questionnaire. 28 éléments comportementaux ont été comparés entre ces chiens et des chiens ordinaires représentant un échantillon fiable de chiens domestiques (de même race, âge etc) comme groupe de contrôle. Par rapport à ces chiens, ceux qui avaient vécu une situation de hoarding montraient notamment :

  • beaucoup plus de signes d’anxiété (envers les étrangers, leurs congénères, voire un manque total de sociabilité)

  • une plus grande sensibilité au toucher

  • une forte demande d’attention et d’attachement

  • de l’anxiété de séparation

  • des problèmes d’incontinence lorsqu’ils se retrouvaient seuls à la maison

Des points positifs néanmoins : les chiens victimes de hoarding étaient nettement moins agressifs envers les étrangers (s’ils avaient été « relogés » dans une famille sans aucun autre chien) ainsi qu’envers leurs congénères (si les chiens en question avaient moins de 2 ans). Ils sont moins faciles à éduquer, chassent moins les petits animaux, sont moins facilement excités (seulement pendant les 2,5 premières années dans leur nouveau foyer), moins énergiques, recherchent moins la compétition avec leurs congénères et aboient également moins (s’ils sont là encore « relogés » sans autre compagnon canin dans le foyer). Ces éléments sont précieux afin de mieux comprendre les caractéristiques des troubles comportementaux de ces chiens et ainsi offrir des approches thérapeutiques adaptées en vue de leur réhabilitation.

ETUDE

Le chien idéal, vu par les Italiens

S. Diverio, B. Boccini, L. Menchetti, P. C. Bennett, The Italian perception of the ideal companion dog, Journal of Veterinary Behavior 12 (2016) 27-35

Le sentiment des Italiens envers les animaux est globalement positif et teinté de respect. Les chiens sont très souvent perçus comme des membres à part entière de la famille et on considère qu’ils font beaucoup de bien à l’humain sur le plan psychologique et psychique. Pour autant, la relation entre l’humain et le chien peut parfois se rompre, comme en témoignent les nombreux animaux abandonnés. Cette rupture de lien entre un propriétaire et son chien peut survenir en raison d’un manque de correspondance entre l’idée que le propriétaire peut se faire du chien idéal et la réalité des faits. Le but de cette étude était d’identifier les caractéristiques démographiques, morphologiques et comportementales qui correspondent selon les Italiens au chien idéal, par l’intermédiaire d’un questionnaire déjà proposé au public australien. Les données récoltées émanaient de 770 volontaires (dont 74,3% étaient des femmes) entre 18 et 64 ans. Les caractéristiques physiques n’avaient pas grande importance pour définir le chien idéal, mais le pourcentage d’Italiens préférant un chien stérilisé était nettement plus faible que celui des Australiens (35% contre 64%). De surcroit, les hommes italiens préfèrent les chiens mâles non castrés à 68%. Les Italiennes sont plus disposées à passer du temps avec leur chien que les Italiens. La plupart des personnes interrogées ont affirmé que le coût généré par l’entretien du chien n’avait aucune importance, mais la majorité des propriétaires ont déclaré dépensé moins de 21 euros par semaine pour leur chien (70% d’entre eux).

En cohérence avec l’opinion des Australiens, le chien idéal doit être pour les Italiens gentil avec les enfants, éduqué, en bonne santé, gentil avec les humains et ses congénères, pouvant vivre longtemps et surtout obéissant.

Sur le plan comportemental, les auteurs ont retenu 5 critères majeurs : calme, sociabilité, bonne santé, facile à éduquer et s’adaptant à toutes les situations, énergique et facile à gérer. Il semblerait que les hommes préfèrent les chiens énergiques, et les propriétaires ayant des enfants privilégient un chien sociable et en bonne santé. Les séniors et les propriétaires vivant seuls attachent beaucoup d’importance à l’éducation. Il faut globalement que le chien soit facile à gérer pour son propriétaire.

En conclusion, le genre, les expériences passés, les préjugés sur la stérilisation et le sentiment global envers les animaux peuvent avoir une influence sur les attentes des propriétaires envers leur chien idéal. Les écarts entre cet idéal et la réalité auraient besoin d’investigations plus poussées.

Néanmoins, cet écart peut être réduit par davantage d’informations auprès des propriétaires sur la physiologie et l’éthologie du chien, et sur les effets positifs de l’éducation sur son comportement.

ETUDE

Caractéristiques génétiques et comportementales du chien de l’île de St Kitts

E. Grigg, B. Nibblett, B. N. Sacks, R. Hack, J. Serpell, L. Hart, Genetic and behavioral characteristics of the St. Kitts ‘island dog’, Applied Animal Behaviour Science 178 (2016) 88–95

Les études récentes sur les races anciennes de chiens, tout en nous donnant des informations sur les origines du chien domestique et sur le processus de domestication, peuvent également nous permettre de mieux comprendre le comportement des chiens d’aujourd’hui. Des traces génétiques des origines des chiens américains seraient potentiellement présentes chez les chiens libres de St. Kitts, une île des Caraïbes, qui vivent parmi les zones résidentielles humaines.

La palette comportementale est un entrelacs complexe de prédispositions génétiques et d’expériences individuelles, et toute tendance comportementale distinctive présente chez ces chiens peut représenter des adaptations (au sens évolutionniste du terme) au contexte culturel humain dans lequel ils évoluent.

Les auteurs ont cherché à savoir si ces chiens représentaient un modèle de chiens d’origine indigène vivant en étroite relation avec les humains, ce qui permettrait de comprendre l’impact des facteurs (génétiques VS contextuels) qui contribuent au comportement des chiens d’aujourd’hui.

Pour savoir si ces chiens insulaires possèdent une signature génétique d’origine indigène, les chercheurs ont utilisé l’acide mitochondrial désoxyribonucléique et le chromosome Y pour évaluer les origines géographiques et ancestrales de ces chiens. Pour savoir si ces chiens avec des caractéristiques comportementales différentes de celles des chiens croisés d’Amérique du Nord et donc issus d’une population plus large, les chercheurs ont comparé les scores des deux populations au questionnaire C-BARQ.

Aucun haplotype génétique, parmi ceux généralement associés à des origines indigènes chez les chiens d’Amérique, n’a été trouvé dans les échantillons issus des chiens insulaires, et les analyses génétiques indiquaient plutôt une origine européenne (donc post-coloniale). Ces chiens sont, de façon significative, plus peureux que les autres : ils montrent des signaux de peur ou d’inquiétude face à des bruits violents et/ou soudains, au trafic, à des situations ou objets qui ne leur sont pas familiers. La néophobie et la peur des bruits ont peut-être été sélectionnées chez ces chiens, compte tenu de la réalité de leur existence dans la rue, avec peu de soins et de surveillance de la part des humains.

D’un autre côté, ces chiens ont été sensibilisés à un certain nombre de stimuli, et à réagir en conséquence pour une question de survie, contrairement aux chiens domestiques nord-américains où les propriétaires humains interviennent en très grande majorité pour limiter les risques et fournir des soins médicaux.

En conclusion, ces chiens insulaires sont susceptibles de répondre à des pressions de sélection et des influences dans leur développement similaires à celles des chiens domestiques : les facteurs associés à la vie en relation avec les humains (notamment les pressions de sélection associées à la domestication).

CAS CLINIQUE

Les complications et l’efficacité de la dérivation ventriculo-péritonéale : illustration par un cas clinique

L’hydrocéphalie peut être acquise ou congénitale. Les cas acquis sont principalement dus aux encéphalites et/ou aux tumeurs alors que les cas congénitaux résultent principalement de malformations cérébrales (kystes, sténoses, agénésies) génétiques ou d’une exposition à des germes et/ou toxiques pendant la vie in utero. (in l’Essentiel n°404)

Les traitements médicaux donnent le plus souvent des résultats insuffisants. Seule la dérivation ventriculo-péritonéale est susceptible d’apporter un résultat notoire compatible avec une vie normale. Cependant elle nécessite une mise en garde particulière des propriétaires concernant les complications éventuelles et les résultats. Nous décrivons ici la réalisation d’une correction chirurgicale de cette anomalie.

Commémoratifs et anamnèse

Un Chihuahua mâle entier de 5 mois est présenté en consultation, pour retard de croissance et d’apprentissage.

Examen clinique

L’examen clinique révèle une déformation marquée de la tête, le crâne forme un dôme et la fontanelle encore ouverte laisse apparaître la masse cérébrale. Sur le plan neurologique l’animal présente un syndrome vestibulaire central avec une parésie des membres pelviens.

Examens complémentaires

Une échographie de l’encéphale par les fontanelles est réalisée afin de vérifier la taille des ventricules. Celle-ci met en évidence une dilatation des ventricules latéraux ainsi qu’une structure kystique anormale en région postérieure.

Une IRM de l’encéphale vient compléter l’exploration de l’anomalie cérébrale : elle confirme la dilatation des ventricules latéraux et du troisième ventricule. Le parenchyme cérébral est nettement réduit (3 mm d’épaisseur en région pariétale) avec des sillons cérébraux d’aspect normal. A l’étage sous-tentoriel, on observe la présence d’une structure kystique (image 4). Le quatrième ventricule ainsi que l’aqueduc mésencéphalique sont de taille normale. Absence d’anomalie de Chiari.

Diagnostic

Le diagnostic est le suivant :

hydrocéphalie par défaut d’écoulement au niveau de l’aqueduc mésencéphalique ;

kyste quadrigéminé.

Traitement

Après l’échec du traitement médical (furosémide, corticoïde), la mise en place d’une dérivation ventriculo-péritonéale de Sophysa est envisagée. Celle-ci est composée d’un cathéter-réservoir néonatal McComb, d’une valve anti-retour basse pression et d’un cathéter péritonéal.

Technique chirurgicale

Après l’assemblage des différents éléments précités une incision de 2 cm au niveau caudo-latéral de l’os pariétal est réalisée. La dérivation est passée sous la peau et une deuxième incision cutanée est effectuée à sa sortie en regard de l’abdomen et juste en arrière de la dernière côte. Le crâne est fraisé afin de créer un trou de diamètre légèrement supérieur au drain ventriculaire, puis la duremère est incisée et coagulée. Afin que le drain ne bouge pas, on suture le réservoir aux tissus adjacents avec un fil Nylon 4-0. Le drain ventriculaire est ensuite introduit à travers le cortex cérébral jusqu’au ventricule à l’aide d’un guide métallique. Après avoir vérifié la présence d’un écoulement de LCR au niveau du drain abdominal, on peut introduire celui-ci dans l’abdomen. Suture plan par plan avec un fil Polyglécaprone. Une radiographie postopératoire est réalisée afin de vérifier la bonne position du système.

Suivi

Une amélioration considérable est observée les trois premiers jours postopératoire avec disparition du syndrome vestibulaire et de la parésie des postérieurs. Puis une dégradation brutale est survenue en fin de première semaine. Une radiographie du crâne ainsi qu’une échographie des ventricules ont mis en évidence un déplacement du drain ventriculaire. Une reprise chirurgicale n’a pu être effectuée que 3 semaines plus tard avec forage d’un deuxième trou crânien afin de fixer le drain solidement au crâne. La dérivation était obstruée et le flush de celle-ci a permis d’extraire un imposant caillot sanguin. L’animal a retrouvé un état d’éveil quasi normal avec disparition du syndrome vestibulaire mais aucune amélioration de la parésie des postérieurs n’est notée à 1 mois après la deuxième chirurgie.

Discussion

Les complications

On constate environ 22-29 % de complications per et postopératoires. La plupart surviennent dans les trois premiers mois suivant la chirurgie et la majorité entraînent une rechute clinique brutale, parfois progressive, avec aggravation des signes cliniques originels lors de surinfection. La complication la plus fréquente (11-21 %) est l’obstruction du système. Elle peut se localiser à n’importe quel endroit. Dans l’abdomen par interposition du mésentère, dans le ventricule par prolifération de tissu glial ou interposition de cellules épendymaires et au niveau des valves par formation de caillot sanguin ou bouchon protéinique. Dans tous les cas il est souvent nécessaire de réintervenir chirurgicalement afin de déboucher le montage.

Cependant certains montages possédant un réservoir et une valve unidirectionnelle permettent l’évacuation vigile des obstructions. Un dosage des protéines dans le LCR peut être utile en préopératoire. Les animaux avec un haut taux protéinique (principalement les hydrocéphalies acquises, secondaires aux maladies inflammatoires ou tumeurs) seront plus enclins à cette complication. Il arrive parfois que le système se contamine par des germes et entraîne une méningo-encéphalite (8,5-14,2 %). La plupart du temps les infections surviennent secondairement aux obstructions et/ou aux migrations du système. Il n’est donc pas nécessaire de mettre en place une antibiothérapie postopératoire systématique. Une bonne asepsie chirurgicale ainsi qu’un suivi régulier de l’état clinique sont les points clés pour éviter ce problème. L’infection du système est très contraignante, elle peut être suspectée cliniquement et/ou à l’IRM mais le diagnostic doit être fait par prélèvement de liquide céphalorachidien avec analyse cytologique et mise en culture. Une antibiothérapie avec antibiogramme est indiquée en première intention pendant minimum 4 semaines, malheureusement les récidives sont fréquentes et un remplacement total de la dérivation est parfois nécessaire.

La migration et/ou la déconnexion du système n’est pas rare (2,8-7,1 %), elle est facilement visible à la radiographie et/ou à l’échographie. Dans la majorité des cas le déplacement concerne le drain ventriculaire, il est important de fixer cette partie de la dérivation au crâne de l’animal. Le déplacement abdominal est plus rare mais il peut être évité en fixant le drain à la dernière côte. Un repos strict est obligatoire les premières semaines afin de limiter les contraintes appliquées au système. Le retour à un état de conscience normale du patient ainsi que l’enthousiasme des propriétaires entraînent souvent un non-respect du repos pouvant provoquer la migration de la dérivation. D’autres complications comme le collapsus cérébral lors de vidange trop brutale ou l’apparition de crises épileptiformes sont décrites (1 %). Le collapsus peut être évité par la mise en place de valves haute pression ou de valves basse pression à ouverture progressive, parfois plus adaptées à la basse pression intracrânienne des patients atteints d’hydrocéphalie congénitale (< 1 cm H2O). L’apparition des crises reste encore d’origine inconnue mais le site d’implantation ventriculaire pourrait en être à l’origine. Les fractures ou écrasements d’implant et nécroses cutanées sont décrits mais restent néanmoins très rares.

L’efficacité de la chirurgie

La dérivation ventriculo-péritonéale est un traitement palliatif qui ne traite pas la cause de l’hydrocéphalie, c’est pourquoi elle n’apportera une amélioration clinique que si les symptômes neurologiques sont en majorité liés à l’hydrocéphalie elle-même et non à la cause primaire. La dérivation d’une hydrocéphalie associée à une malformation de type lissencéphalie aura un effet bénéfique très faible voire nul. Dans le cas d’une tumeur cérébrale une amélioration à long terme sera très peu probable, mais elle est envisageable à court terme. Dans ce cas clinique, un kyste quadrigéminé est observé. Les kystes de ce type peuvent entraîner des symptômes neurologiques par compression et nécessiter une fenestration ou dérivation. Toutefois ce sont des découvertes fortuites sans conséquence clinique dans 50 % des cas. Sur la base de ces informations associées aux images IRM et à l’amélioration clinique satisfaisante de l’animal lors de la première chirurgie, le traitement chirurgical du kyste n’a pas été envisagé.

L’hydrocéphalie elle-même entraîne des lésions cérébrales progressives par compression du parenchyme menant à sa destruction directe ou secondaire à l’hypovascularisation de celui-ci. Dans un premier temps les lésions sont réversibles et correspondent à un oedème, une démyélinisation, une dégénérescence axonale et une prolifération d’astrocytes au niveau de la substance blanche périventriculaire. Dans un deuxième temps le cortex est détruit avec formation de vacuoles par perte neuronale localisée. La chirurgie doit être entreprise dans les plus brefs délais, lorsque les symptômes sont peu marqués afin que les lésions neurologiques ne deviennent pas irréversibles.

La première chirurgie effectuée dans ce cas clinique est réalisée précocement ce qui peut expliquer

l’amélioration clinique spectaculaire du patient. Cependant le délai d’intervention plus long de la deuxième chirurgie et les symptômes neurologiques avancés du patient peuvent expliquer une récupération partielle même après une chirurgie réussie. Le caractère réversible des symptômes nerveux va dépendre de la capacité du cerveau à supporter une compression ainsi que de la quantité de matière grise atteinte. Lorsque le cortex est préservé, le shunt ventriculaire entraîne une réexpansion de la substance blanche avec une remyélinisation et une régénération axonale. Si le cortex est atteint, les dommages neuronaux persistent dans le temps, même après la chirurgie. Malheureusement, mis à part certaines lésions évidentes, le caractère irréversible ou non des dommages cérébraux est presque impossible à évaluer en préopératoire.

La dérivation ventriculo-péritonéale est donc une chirurgie complexe encore peu pratiquée en médecine vétérinaire par la peur de l’échec, en raison du coût pour le propriétaire et de l’incertitude d’amélioration clinique. Cependant on observe une amélioration neurologique partielle ou totale dans 75 % des cas à court terme et dans 64 % des cas à long terme Ces chiffres sont encourageants mais ne doivent pas faire oublier qu’elle reste source de complications nécessitant une réintervention.

Bibliographie

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6. S.M. Platt. Imaging diagnosis-ventriculoperitoneal shunt associated infection in a dog. 2012 Veterinary Radiology & Ultrasound, Vol. 53, No. 1, 2012, pp 80-83.

7. A De Stefani. Surgical technique, Post operative complications and outcomes in 14 dogs treated for hydrocephalus by ventriculoperitoneal shunting. Vet Surg 2011 feb;40(2).183-91.

SYNTHESE

Le chat constipé : traitement médical ou chirurgical ?

La constipation chronique est un motif de consultation relativement fréquent chez nos patients félins. L’inconfort et les conséquences physiologiques qu’elle entraîne en font un réel syndrome. A l’occasion du congrès Afvac 2015, les Drs Lecoindre, Priymenko et Maitre ont fait le point sur la prise en charge médicale, nutritionnelle et chirurgicale de cette affection. (in l’Essentiel n°404)

La constipation correspond au ralentissement du transit des matières fécales associé à leur déshydratation. On s’intéressera ici à la constipation chronique qui traduit ou entraîne une anomalie fonctionnelle du côlon.

Aspects cliniques

La constipation chronique touche surtout les chats adultes de 5-6 ans en moyenne, le plus souvent des mâles, sans prédisposition raciale connue. Le mégacôlon idiopathique et la sténose du canal pelvien (suite à une fracture du bassin par exemple) sont les deux principales causes de constipation chronique (respectivement 62 et 23 % des cas). Viennent ensuite les troubles métaboliques (hypokaliémie, hypercalcémie), les causes neurologiques innées ou acquises, les maladies infiltratives (MICI, tumeur), les troubles comportementaux et l’obésité. Le mégacôlon dilaté (ou atrophique) se caractérise par une dilatation anormale de l’organe. Irréversible, il peut être idiopathique ou secondaire à un mégacôlon obstructif.

Les propriétaires relatent des défécations espacées, du ténesme, de la dyschésie, des selles dures et sèches. L’émission de glaires, de sang ou de mucus, secondaire à l’irritation mécanique de la paroi du côlon, est parfois confondue avec de la diarrhée. La palpation abdominale suffit généralement à poser le diagnostic : le côlon est distendu, rempli et douloureux. La région anale est examinée avec attention pour rechercher une éventuelle cause à la difficulté de défécation : abcès, fistule, déformation, dermatose. L’examen clinique général peut mettre en évidence une déshydratation, un amaigrissement, un affaiblissement. D’éventuels autres signes de dysautonomie doivent être recherchés : mydriase, bradycardie, incontinence. La palpation rectale, sous sédation, peut mettre en évidence une sténose secondaire à un processus inflammatoire de l’anus et/ou du rectum ou une anomalie du détroit pelvien.

L’examen radiographique permet de confirmer la suspicion clinique et de rechercher une masse abdominale, une fracture ou déformation du bassin, une ostéofibrose. Le diamètre normal du côlon doit être inférieur à 1,5 fois la longueur de L7. Une échographie abdominale est utile lors de masse extraluminale, une endoscopie est utilisée lors de lésion pariétale (à la recherche d’un mastocytome colique notamment).

Prise en charge médicale

Le traitement médical ou chirurgical consiste avant tout à traiter la cause de l’obstruction lorsque celle-ci est identifiée. Soulager l’animal et pratiquer une réanimation liquidienne sont les premiers soins à prodiguer. Le lavement colorectal se pratique sous anesthésie générale et intubation trachéale (car la manipulation du côlon peut engendrer des vomissements) et en surveillant étroitement l’animal, le plus souvent choqué et déshydraté. La vidange du côlon est facilitée par l’introduction de 5-10 ml/kg d’eau tiédie. Les selles sont évacuées petit à petit, sans chercher à évacuer l’intégralité du côlon pour ne pas prolonger l’anesthésie. Le risque de translocations bactériennes n’est pas nul et un traitement antibiotique doit être initié. Lors de constipation occasionnelle, le traitement à court terme vise à stimuler la motricité par l’administration de laxatifs hyperosmotiques (lactulose 0,5 ml/kg), d’émollients (dioctyl sulfosuccinate de sodium (5-10 ml/chat) et de stimulants du transit (bisacodyl 5 mg/chat/jour). Les laxatifs lubrifiants (paraffine et vaseline) ont un effet modeste et empêchent l’absorption de certains nutriments. Ils sont donc à utiliser à court terme sur des constipations bénignes. Les agents prokinétiques, associés au lactulose, sont réservés aux constipations fonctionnelles sans obstruction : le cisapride n’étant plus disponible en France, du prucalopride peut être prescrit mais la posologie chez le chat n’est pas encore déterminée. La ranitidine et le misoprostol ont un effet prokinétique démontré in vitro.

Prise en charge nutritionnelle

Les grands principes de la prise en charge nutritionnelle des patients atteints de constipation chronique sont les suivants :

favoriser l’abreuvement, en augmentant l’eau de boisson ou la quantité d’eau disponible dans les aliments en proposant une alimentation ménagère ou industrielle humide ;

éviter la prise de poids et/ou faire maigrir si nécessaire, en diminuant de 10 à 20 % la prise calorique journalière ;

hydrater les selles en apportant des fibres solubles ;

stimuler le transit en apportant des fibres insolubles.

Les fibres insolubles (son de blé par exemple) stimulent la motricité intestinale en augmentant le volume du bol alimentaire donc des fèces. Les fibres solubles (psyllium, lactulose), fermentées par les bactéries du côlon, forment des gels qui favorisent l’hydratation des selles.

L’approche nutritionnelle doit s’adapter au patient : lorsque la motricité est ralentie, on apporte essentiellement des fibres insolubles. En cas de constipation sans mégacôlon, fibres solubles et insolubles sont ajoutées. Lors de mégacôlon, on commence par proposer une alimentation hyperdigestible puis les fibres solubles et insolubles sont ajoutées très progressivement (maximum 1/2-1 cuillère à café/jour dans l’alimentation et après trempage pour le psyllium). L’idéal est probablement de proposer une ration ménagère équilibrée car les matières premières sont d’excellente qualité et l’apport d’eau est important. Par exemple, pour un chat de 4 kg, stérilisé à l’entretien, le besoin énergétique (100 x poids (kg)0,67 x 0,8) est couvert par l’apport de 80 g de filet de poulet, 1 cuillère à café d’huile de colza, 55 g de riz blanc cuit, 2 g de Vit’i 5 Ca/P® = 3, ó cuillère à café de psyllium et 15 g de légumes verts cuits. Lorsque l’observance de la ration ménagère pose problème, il est possible de proposer une transition alimentaire vers un aliment industriel conçu pour la constipation du chat, malheureusement uniquement disponible sous forme sèche, en humidifiant les croquettes.

Les traitements médical et nutritionnel offrent généralement une amélioration clinique de quelques mois mais les récidives chez certains chats amènent à envisager un traitement chirurgical.

Prise en charge chirurgicale

Il y a une indication chirurgicale lors de mégacôlon hypertrophique obstructif. Si les lésions ont moins de 6 mois, le mégacôlon hypertrophique est généralement réversible. L’objectif de la chirurgie est alors de lever le plus rapidement possible cette obstruction. Plusieurs cas de figure existent en fonction de l’origine de l’obstruction. Lors d’obstruction secondaire à un rétrécissement de la filière pelvienne par une fracture du bassin par exemple, la chirurgie consiste à réduire la fracture pour restaurer la filière. Une hernie périnéale, un abcès anal, une masse colique ou rectale intra-luminale entravant le passage normal des selles peuvent nécessiter une intervention chirurgicale. Lors de mégacôlon atrophique irréversible (idiopathique ou si les lésions sont anciennes), une colectomie sub-totale doit être envisagée. Les coloplasties et colectomies partielles ne fonctionnent pas dans cette indication. Le côlon est réséqué dans sa quasi-totalité, depuis la jonction iléocaecale ou l’iléon jusqu’au côlon descendant. L’anastomose est réalisée sans tension par sutures (fil monofilament résorbable déc.1,5 aiguille ronde, sertie, points simples ou surjet), par pince automatique ou anneaux biofragmentables. Des diarrhées postopératoires sont fréquentes et durent quelques jours à quelques semaines. Elles sont consécutives à la diminution du temps de transit et au manque d’absorption de l’eau des selles par le côlon. Certains chats peuvent présenter des selles molles à diarrhéiques toute leur vie (8-10 % des cas), à la limite de la continence, notamment si la valvule iléo-c.cale a été retirée. Le taux de récidive est faible, la gestion de ces cas est médicale et nutritionnelle. Les déhiscences postopératoires, heureusement assez rares, entraînent une péritonite grave nécessitant une intervention en urgence. La période à risque est maximale les 3 à 4 premiers jours après la chirurgie. L’alimentation proposée en période postopératoire est hyperdigestible. La prise en charge des constipations chroniques du chat est donc le plus souvent triple : médicale et nutritionnelle en première intention puis chirurgicale pour les cas les plus graves. La chirurgie est bien souvent curative et il est rarissime de revoir ensuite les chats opérés pour constipation.

SYNTHESE

Torsion splénique : une étude rétrospective de 102 cas

Dans le JAVMA du 15 mars 2016, DeGroot et coll. font le point sur une affection rare chez le chien, la torsion du pédicule splénique, à partir de l’étude de 102 cas. Cette publication confirme les prédispositions raciales de ce trouble et détaille le pronostic, qui est globalement bon, en l’absence de complications majeures comme les péritonites ou les hémorragies. (in l’Essentiel n°404)

La torsion du pédicule splénique (TPS) est une affection rare, correspondant à une rotation de la rate autour des ligaments gastrosplénique et phrénicosplénique. Elle est le plus souvent rapportée chez les chiens de grand format, particulièrement chez le berger allemand et le dogue allemand. Des formes aiguës et chroniques sont décrites. Lors de présentations aiguës, on peut observer une douleur abdominale intense, un collapsus cardiovasculaire. Il s’agit d’une urgence. En revanche, la torsion chronique peut poser des dilemmes diagnostiques, avec des signes cliniques comme des vomissements, une léthargie, une faiblesse, une douleur abdominale, une hématurie, une diarrhée, des symptômes peu spécifiques et frustes.

Dogue et berger allemands en première ligne

L’étiologie de la TPS est encore mal connue. Parmi les causes proposées, une faiblesse ou une absence congénitale des ligaments qui soutiennent la rate ou une hyperlaxité acquise à la suite d’une intervention chirurgicale, d’un traumatisme ou d’un syndrome dilatation torsion de l’estomac. Même si des chirurgies permettant de conserver la rate ont été décrites, le traitement habituel est la splénectomie. Peu d’études ont été consacrées à cette affection, la plus importante enquête rétrospective concernant 19 chiens. Elle indiquait une prédisposition des bergers allemands et dogues allemands mâles.

102 cas passés en revue

Ici, les auteurs passent en revue une série de 102 cas. Les signes cliniques incluaient notamment une splénomégalie (69,4 %), un hémopéritoine (30,6 %), une péritonite septique (8,2 %). 9,8 % des patients présentaient des troubles cardiaques (tachycardie et extrasystoles ventriculaires). 70 chiens ont subi une radiographie abdominale. Elle a confirmé une splénomégalie dans 67,6 % des cas. Plus rarement, on observait une dilatation de l’estomac (11,8 %), une position anormale de la rate (7,4%) et la présence de gaz dans cet organe (4,4 %). A l’échographie, pratiquée chez 83 chiens, on pouvait confirmer la splénomégalie (86,6 %), une réduction ou l’absence de vascularisation splénique (73,2 %), une hypoéchogénicité de la rate (46,3 %), un épanchement péritonéal (46,3 %).

Moins souvent, on pouvait constater une position anormale de la rate (31,7 %), une hyperéchogénicité du mésentère (28 %), la présence de gaz (2,4 %). Chez les 102 chiens, le diagnostic a été confirmé par la laparotomie exploratrice.

Résultats de la splénectomie

Une chirurgie épargnant la rate n’a été réalisée que dans un cas, le reste des patients subissant une splénectomie. 68 chiens ont également bénéficié d’une gastropexie prophylactique. Quatre animaux avaient déjà subi cette intervention auparavant. La durée médiane des procédures chirurgicales a été de 90 minutes (31 à 265 minutes). 28,4 % des patients ont souffert de complications sous la forme d’hémorragies importantes (9,8 %), d’arythmies ventriculaires (8,8 %), de bloc auriculoventriculaire (3,9 %), etc. 26,5 % des malades ont nécessité une transfusion. Cent chiens ont survécu à l’intervention, non sans complications (35 %), principalement des anémies et des troubles cardiaques, les différents événements survenus étant détaillés par les auteurs. Les résultats des examens histopathologiques sont sans surprise, consécutifs à l’occlusion vasculaire : congestion, hémorragies, nécrose, etc. La durée médiane d’hospitalisation a été de 3 jours. Au total, 8,8 % des chiens sont morts. Les risques relatifs majeurs de décès sont la préexistence d’une péritonite septique (x 32,4), la survenue d’une hémorragie pendant l’intervention (x 22,6), une détresse respiratoire postopératoire (x 35,7), le poids (x 1,6 chez les chiens de plus de 20 kilos). Le pronostic de ces affections est donc globalement favorable.

Gérer la diarrhée

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© Click Images

La diarrhée se définit par la production de fèces trop riches en eau, ce qui provoque une augmentation de la fréquence d’émission, du volume et/ou une baisse de la fermeté des fèces. L’origine peut être gastro-intestinale ou non, et la diarrhée est fréquemment rencontrée en pratique générale, en particulier chez les chiens. Généralement,elle trouve son origine dans l’intestin grêle ou le gros intestin. Si elle provient de l’intestin grêle (IG), on observera une légère augmentation de la fréquence d’émission, une augmentation du volume des fèces mais pas de mucus ni de ténesme. Il est parfois possible d’observer du méléna (sang partiellement digéré). Une diarrhée chronique de l’IG sera à l’origine d’une perte de poids et parfois de polyphagie. Les vomissements sont plus fréquemment associés à une diarrhée de l’IG plutôt que du gros intestin. Lors de diarrhée provenant du gros intestin, on observera souvent une forte augmentation de la fréquence de défécation, avec la production de fèces en petite quantité à chaque fois. Si l’on observe une hématochézie (sang en nature), du mucus ou du ténesme, il est probable que la diarrhée provienne du gros intestin, tandis qu’on ne s’attendra pas à constater d’amaigrissement ou de polyphagie.

Ce chapitre se concentre sur les diarrhées provenant de l’intestin grêle ; celles provenant du gros intestin (colites) chez le chien seront traitées dans une autre fiche.

Principaux diagnostics référentiels

Diarrhée aiguë de l’intestin grêle

  • Origine alimentaire : mauvaises habitudes alimentaires, intolérance ou allergie

  • Maladie infectieuse : vers ronds, infection virale (parvovirus, coronavirus), infection bactérienne (Campylobacter; Salmonella, Clostridia), protozoaires (Giardia)

  • Affection du tube digestif : gastro-entérite hémorragique, obstruction partielle (intussusception, corps étranger), MICI, affection hépatique, pancréatite (provoque plutôt des vomissements et une diarrhée du gros intestin)

  • Affection métabolique/endocrinienne : insuffisance rénale aiguë, maladie d’Addison

  • Certains médicaments ou produits toxiques.

Diarrhée chronique de l’intestin grêle

  • Origine alimentaire : intolérance ou allergie

  • Maladie infectieuse : vers ronds, protozoaires (Giardia ; Trichomonas chez les chats provoque normalement plus une diarrhée du gros intestin), affection associée à une infection par le FeLV, le FIV ou la PIF chez les chats

  • Affection du tube digestif : MICI, entéropathie répondant aux antibiotiques, intussusception chronique, lymphangiectasie, insuffisance du pancréas exocrine, affection hépatique, tumeur (lymphome, adénocarcinome)

  • Affection métabolique/endocrinienne : maladie d’Addison, hyperthyroïdie (chez les chats).

Approche diagnostique

Il est important d’obtenir une anamnèse complète, en s’attardant surtout sur l’alimentation, l’aspect des fèces, l’identification de l’origine de la diarrhée (IG, gros intestin ou les deux), la présence ou non de vomissements, une baisse de l’appétit ou une perte de poids. Il convient d’effectuer un examen clinique complet en n’oubliant pas d’évaluer le comportement général de l’animal, sa note d’état corporel, son degré de déshydratation ainsi qu’une palpation abdominale consciencieuse.

Diarrhée aiguë de l’IG

La majorité de ces diarrhées est due à de mauvaises habitudes alimentaires lorsque l’état général de l’animal est conservé. Un traitement symptomatique sera suffisant et ce n’est pas la peine d’envisager d’autres analyses. En revanche, on recommande de poursuivre les investigations lorsque l’état général de l’animal est atteint, que la diarrhée est sévère, si l’on a observé du méléna ou lorsque le problème est récurrent.

Pour les cas aigus et sévères, l’origine est généralement infectieuse. Il est possible de mettre en évidence un agent pathogène entérique de nombreuses manières, par exemple en effectuant une culture, des analyses parasitologiques, un test ELISA ou une PCR. La PCR peut être utilisée pour isoler de nombreux agents pathogènes à partir d’un échantillon de selles (ex : Giardia, Cryptospondium, Salmonella, gène de l’entérotoxine A de Clostridium perfrignens, coronavirus à tropisme intestinal ; ainsi que pour les chiens le parvovirus et le virus de la maladie de Carré, et pour les chats Trichomonas fœtus, Toxoplasma et le parvovirus responsable du typhus. Un test ELISA sur fèces est disponible disponible pour le parvovirus canin. Remarquez qu’il est possible d’isoler Campylobacter à partir des fèces de beaucoup de chiens asymptomatiques ; la signification clinique de ce résultat n’est donc pas toujours évidente.

Cependant, lorsque le chien présente des symptômes et que cette bactérie a été isolée à partir des fèces, on recommande de le traiter dans ce sens (voir plus loin). Une coproscopie n’est pas la méthode la plus sensible pour mettre en évidence Giardia, on recommande plutôt d’effectuer une PCR ou un traitement d’essai avec du fenbendazole à la dose de 50 mg/kg durant 3-5 jours. Pour évaluer le degré de déshydratation et explorer les hypothèses de diarrhée d’origine extra-intestinale, on pourra effectuer une NF sanguine, une biochimie (avec l’urée, la créatinine, les globulines,les enzymes hépatiques, le glucose, le sodium, le potassium, le calcium et le cholestérol) et une analyse urinaire. On effectuera un cliché radiographique de l’abdomen pour rechercher des signes d’obstruction partielle qui pourrait nécessiter une opération chirurgicale.

Diarrhée chronique de l’IG

De la même façon, pour les cas de diarrhée chronique de l’IG, on recommande d’effectuer une coproscopie ou une PCR (s’ils n’ont pas déjà été réalisés). Lorsqu’on en est là, il est aussi conseillé d’envisager une origine alimentaire en mettant en place un régime d’exclusion, et d’essayer un traitement avec de l’oxytétracycline ou du métronidazole durant 2-3 semaines en cas de diarrhée répondant aux antibiotiques. S’il n’y a aucune amélioration, que les symptômes récidivent ou que le patient est en mauvais état général, il convient d’exclure une origine extra-intestinale en réalisant une analyse sanguine, une biochimie et une analyse urinaire. On dépistera les chats pour le FIV et le FeLV, et on effectuera un dosage de la T4.

Pour les chiens, on effectuera un dosage des acides biliaires pré- et postprandiaux ainsi qu’un test de stimulation de l’ACTH afin d’exclure les hypothèses d’une affection hépatique ou d’une maladie d’Addison (on ne retrouvera pas forcément de déséquilibre électrolytique chez tous les animaux). Pour une suspicion de pancréatite, le dosage de l’immunoréactivité du trypsinogène {TLI} permettra d’exclure une insuffisance pancréatique exocrine. Le dosage de la concentration sérique de la vitamine B9 et B12 peut être utile mais n’est pas indispensable ; une concentration élevée en vitamine B9 associée à une concentration faible en vitamine B12 suggère une prolifération bactérienne ; une baisse de la concentration en vitamine 89 suggère une atteinte de l’IG proximal et une concentration faible en vitamine B12 suggère une atteinte sévère de l’IG distal. Bien qu’il existe des tests sérologiques pour explorer l’hypothèse d’une allergie alimentaire, des études ont montré que leurs résultats ne concordent pas avec ceux des régimes d’exclusion ; il n’est donc pas recommandé de les utiliser.

Selon les hypothèses qu’envisage le clinicien, les radiographies seront effectuées avant ou après les analyses sanguines. Une radiographie de l’abdomen permettra d’exclure une obstruction partielle ; on pourra réaliser un transit baryté si un doute persiste. Une échographie abdominale réalisée par un clinicien spécialisé aidera à détecter une cause extra-digestive de diarrhée, permettra de mesurer l’épaisseur de la paroi intestinale, la taille des nœuds lymphatiques mésentériques et à détecter des lésions focales. Lors de méléna, on envisagera plutôt l’hypothèse d’un saignement provenant du tube digestif supérieur (ulcère ou tumeur) ou un trouble de l’hémostase.

Si toutes ces analyses ne permettent pas de déterminer l’origine de la diarrhée chronique, on pourra effectuer une endoscopie ou une laparotomie exploratrice afin d’obtenir plusieurs biopsies de l’IG.

Traitement

Pour le traitement symptomatique d’une diarrhée aiguë modérée de l’IG, on mettra en place un jeûne court (pas plus de 24h), suivi d’une réintroduction progressive de petites quantités d’aliments hautement digestibles et peu gras. On ne prescrira pas d’antibiotiques pour ces cas-là. Il existe des médicaments contenant des probiotiques, des prébiotiques, du kaolin et des pectines ; bien que leur utilisation soit largement répandue, il n’y a que peu d’études publiées démontrant leur efficacité. Les anti-spasmodiques tels que la butylscopolamine sont utiles lors de gêne abdominale ; cependant, il faudra dans ce cas envisager une cause plus sévère de diarrhée comme une obstruction. En l’absence d’amélioration, il convient d’examiner à nouveau le patient 2-3 jours plus tard. Il est important de ne pas oublier le traitement anti-parasitaire, surtout chez les chiots et les chatons.

Pour les cas sévères et aigus, il est généralement nécessaire de mettre en place une fluidothérapie pour réhydrater l’animal. Lors de méléna, on prescrira un gastro-protecteur (sucralfate, oméprazole ou un antagoniste des récepteurs H tel que la cimétidine). La suite du traitement dépend de l’origine de la diarrhée.

Lors d’une infection par Campylobacter symptomatique, on prescrira des comprimés d’érythromycine gastro­ résistants ; il ne faudra pas non plus oublier d’avertir le propriétaire de la nature zoonotique de cet agent afin qu’il maintienne une bonne hygiène. Lorsqu’un chien souffre d’une parvovirose, il lui faudra généralement des soins intensifs incluant une fluidothérapie (avec éventuellement des colloïdes et/ou du sang), un anti­-émétique, un gastro-protecteur, un soutien nutritionnel adapté ainsi que des antibiotiques en IV pour limiter le phénomène de translocation bactérienne lors d’hémorragie. Des études ont démontré l’efficacité de l’interféron oméga, recombinant d’origine féline, pour réduire la mortalité lors de parvovirose canine. Il ne faut pas oublier d’isoler les animaux souffrant d’une maladie infectieuse. Lorsqu’un chaton ou un chiot souffre de diarrhée, il ne faut pas négliger l’hypoglycémie qui s’installe rapidement ; on les supplémentera avec du glucose PO et IV.

Lors de diarrhée chronique ou récidivante de l’IG, il faut d’abord éliminer les origines parasitaires et alimentaires. Ceci étant fait, le traitement dépendra de la nature de l’affection sous-jacente.

Que faire si son état ne s’améliore pas ?

La majorité des cliniciens adopte une démarche par étape comme décrite précédemment pour le diagnostic et le traitement des diarrhées, car elles ne mettent généralement pas le pronostic vital en jeu. Bien que cette démarche soit justifiée sur le plan médical et qu’elle n’engendre pas de frais excessifs, elle signifie aussi que la diarrhée peut persister malgré le traitement initial. Il est donc important d’en informer les propriétaires afin qu’ils sachent que d’autres analyses seront peut-être nécessaires. Il arrive que certains animaux ne guérissent pas avant d’avoir établi le bon diagnostic et mis en place le traitement adapté.

La démarche par étapes décrite permet de limiter les frais, plutôt que d’effectuer tout un panel de tests d’un coup. La gestion des diarrhées aiguës modérées n’engendre généralement que très peu de frais, il suffit de donner quelques conseils simples sur l’alimentation. En revanche, pour les patients déshydratés dont l’état général est altéré, les frais seront forcément plus élevés, car il faudra les hospitaliser pour les réhydrater et les ré-alimenter. Pour les cas chroniques, des essais alimentaires et thérapeutiques successifs avec des anti-parasitaires ou des antibiotiques, tels que l’oxytétracycline ou le métronidazole, permettront de limiter les frais et de résoudre les signes cliniques dans de nombreux cas. Comme mentionné précédemment, les propriétaires doivent savoir qu’il peut être nécessaire de réaliser d’autres analyses, à l’origine de frais supplémentaires.

Gérer les vomissements

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Les vomissements sont fréquemment rencontrés en pratique courante. ll est important de différencier les vomissements (expulsion forcée du contenu de l’estomac et/ou de l’intestin grêle), des régurgitations (expulsion de substances présentes dans le pharynx ou l’œsophage) car l’approche diagnostique et le traitement sont différents. Contrairement au vomissement, la régurgitation est un phénomène assez passif au cours duquel il n’y a pas d’efforts expulsifs ou de nausée ; on ne retrouve normalement pas de bile dans les substances produites. Chez certains patients, il est difficile de faire la différence entre ces deux symptômes. Le plus souvent, le vomissement est un mécanisme protecteur du tube digestif, mais il peut également révéler une affection systémique grave.

Principaux diagnostics différentiels

  • Affection gastro-intestinale – mauvaises habitudes alimentaires, obstruction, maladie inflammatoire (ex : gastro-entérite aiguë, maladie inflammatoire chronique de l’intestin (MICI)), maladie infectieuse comme lors de parasitisme, d’ulcération, de tumeur, d’une infection par un parvovirus ou par Giardia (souvent associée à de la diarrhée)

  • Trouble abdominal extra-digestif – pancréatite, affection hépatique, insuffisance rénale, pyomètre, péritonite, prostatite

  • Affection métabolique/endocrinienne-hyperthyroïdie chez les chats, hypercalcémie, maladie d’Addison, cétoacidose diabétique

  • Médicament/produits toxiques

  • Mal des transports

  • Atteinte du SNC – syndrome vestibulaire, tumeur cérébrale.

Le premier objectif est d’arriver à savoir si les vomissements sont provoqués par une affection systémique ou gastro-intestinale. Il est important de recueillir une anamnèse complète afin de vérifier qu’il s’agit bien de vomissements, quelle est leur fréquence, depuis quand sont-ils apparus et s’ils font suite à une situation particulière (par exemple un lien avec le moment du repas). Il faut aussi demander quel est l’aspect du vomi, s’il y a une diarrhée ou un amaigrissement associé, et s’il y a eu d’autres changements récents tels qu’une modification de la prise de boisson, de nourriture, ou du comportement. Certains animaux vomissant souvent compenseront la perte de liquide par une augmentation de la prise de boisson, alors que d’autres ne boiront plus du tout et risquent davantage d’être déshydratés. Si la polydipsie précède les vomissements, il est probable que l’animal souffre d’une maladie systémique, comme un diabète sucré, une insuffisance rénale, un pyomètre ou une hypercalcémie. Il faut aussi demander au propriétaire s’il a récemment modifié l’alimentation de son animal ou s’il l’a vu mâcher des cailloux, des ordures,ou s’il a eu accès à des médicaments ou des produits toxiques. Lorsqu’il y a du sang dans le vomi,il peut être frais ou à moitié digéré (ressemble à du marc de café). Si le propriétaire décrit des efforts expulsifs pour vomir mais sans que l’animal y arrive, il faut penser à une dilatation-torsion de l’estomac.

On effectuera un examen clinique complet en prêtant une attention particulière à la palpation abdominale. Il est important de remarquer que certains corps étrangers situés dans l’estomac ou dans l’intestin ne seront pas palpables. Les corps étrangers linéaires sont particulièrement difficiles à diagnostiquer. On examinera attentivement la cavité buccale afin de détecter par exemple la présence d’un fil qui se serait entortillé autour de la base de la langue, en particulier chez les chatons. Une palpation abdominale sous sédation ou anesthésie générale peut dans certains cas être utile. Il est important de rechercher tout signe de maladie systémique, par exemple lors de pyomètre (chez les chiennes entières), d’ulcère urémique, de goitre {chez les chats) ou de prostatite (chez les chiens mâles entiers).

Les mauvaises habitudes alimentaires sont souvent à l’origine de l’apparition de vomissements aigus et de diarrhée chez les chiens, mais il faut aussi envisager la possibilité qu’il y ait un corps étranger ou une pancréatite. Les corps étrangers sont moins fréquents chez les chats, mais pas impossible pour autant. Lorsque des vomissements persistants surviennent chez les animaux âgés, ils sont souvent provoqués par une affection grave.

Le recours aux examens complémentaires dépend des cas. L’anamnèse et l’examen clinique sont généralement suffisants pour diagnostiquer un mal des transports, un syndrome vestibulaire ou une intoxication. Pour les autres cas, l’approche dépendra de la sévérité et de la chronicité des vomissements, ainsi que des éventuels signes associés.

Les vomissements aigus modérés

Si l’état général du patient est bon et que l’hypothèse d’un corps étranger a été exclue, on recommande de mettre en place un traitement symptomatique et de revoir l’animal 2-3 jours plus tard selon le cas (ou avant si son cas ne s’améliore pas).

Les vomissements aigus sévères

L’objectif initial est de déterminer si les vomissements sont d’origine gastro-intestinale ou non, et si le traitement est médical ou chirurgical (pour retirer un corps étranger par exemple). Pour explorer les causes extra-intestinales et pour évaluer la sévérité de la déshydratation ou du déséquilibre électrolytique pouvant faire suite aux vomissements, on recommande d’effectuer une NF sanguine, une biochimie (incluant l’urée, la créatinine, les enzymes hépatiques, la bilirubine, l’albumine, les globulines, le glucose, le sodium, le potassium, le chlore, le calcium ± l’amylase et la lipase) :t une analyse urinaire. On effectuera une palpation transrectale de la prostate chez les chiens non castrés. On réalisera des clichés radiographiques de l’abdomen (vue latérale droite et ventro-dorsale) afin de rechercher la présence d’un corps étranger ou d’une autre source d’obstruction intestinale nécessitant une intervention chirurgicale ; lorsque l’on détecte le « signe du gravier » (accumulation de petites particules de densité minérale dans l’intestin grêle correspondant au chyme intestinal) associé à une dilatation des anses de l’intestin grêle, il s’agit très probablement d’une obstruction. Si le clinicien n’est pas sOr qu’il y ait une obstruction intestinale, il peut effectuer un transit baryté. L’échographie abdominale est utile pour diagnostiquer un pyomètre, une péritonite ou une pancréatite. Lors de suspicion de pancréatite, on recommande d’effectuer un dosage de la lipase pancréatique sérique grâce à l’immuno-réactivité spécifique d’espèce (cPLI ou fPLI). Lors d’hématémèse, on pourra explorer l’hypothèse d’un ulcère gastro-intestinal (en particulier secondaire aux AINS), d’une tumeur ou d’un trouble de l’hémostase.

L’endoscopie est très utile pour diagnostiquer (et souvent retirer) un corps étranger gastrique, ainsi que pour détecter des lésions de la muqueuse stomacale ou duodénale et faire une biopsie.

Les vomissements chroniques ou récurrents

On effectuera des analyses sanguines, biochimiques et urinaires comme décrit précédemment, qu’on pourra compléter par un examen radiographique ± échographique. Pour explorer la fonction hépatique, il est possible d’effectuer un test de stimulation des acides biliaires, et pour exclure une maladie d’Addison atypique, un test de stimulation à l’ACTH (chez les chiens),car ces affections ne pourront pas forcément être diagnostiquées uniquement avec une analyse biochimique classique. Chez les chats, on effectuera un test de dépistage du FeLV/FIV ainsi qu’un dosage de la thyroxine (T.). Pour les cas chroniques ou récidivants, lorsque toutes les origines gastro-intestinales ont été exclues, on recommande de mettre en place un 1 régime d’exclusion strict avec de nouvelles sources de protéines et de glucides avant d’envisager une procédure plus invasive. Bien qu’il soit possible de faire une sérologie pour diagnostiquer une allergie alimentaire, l’interprétation et la fiabilité des résultats sont sujets à controverse, il n’existe aucune alternative fiable au régime d’exclusion. Si l’on pense que les vomissements sont d’origine gastro-intestinale, il est possible de poursuivre les investigations en réalisant plusieurs biopsies par endoscopie ou laparotomie.

Traitement

Le traitement symptomatique des vomissements aigus modérés consiste en un jeûne de 24h suivi de l’introduction d’une petite quantité de nourriture très digestible et pauvre en graisse. Il est important d’inciter l’animal à boire régulièrement de petites quantités ; des solutions appétentes contenant des électrolytes pourront être proposées en plus de l’eau plate. Si toute obstruction gastro-intestinale a été exclue, il est possible d’administrer des anti-émétiques (métoclopramide ou maropitant). Il convient d’examiner à nouveau les patients dont l’état ne s’améliore pas après 2-3 jours, ou avant si leur état s’est aggravé. il est possible d’envisager un traitement anti-parasitaire, en particulier chez les chiots et les chatons ; cependant, si les vomissements persistent, un traitement oral n’est pas le plus adapté et il faut trouver une autre voie d’administration. Les antibiotiques ne sont pas indiqués pour traiter une gastro-entérite aiguë en routine.

Pour les patients souffrant de vomissements aigus sévères, on conseille de corriger la déshydratation et les éventuels déséquilibres électrolytiques en mettant en place une fluidothérapie, le temps de réaliser d’autres examens complémentaires. Lors d’hématémèse, on administrera des protecteurs de la muqueuse gastrique (sucralfate et oméprazole ou un anti-histaminique de type 2 tel que la cimétidine).

Le traitement des vomissements chroniques ou récurrents dépend de l’identification de la cause sous- 1 jacente. Pour le traitement du mal des transports, il existe du maropitant sous forme de comprimé avec une AMM pour le chat et le chien (Cérénia•).

Si le traitement initial est sans effet, ou si les symptômes récidivent, il convient d’examiner à nouveau l’animal pour effectuer d’autres analyses comme décrit précédemment. Si l’on souhaite limiter les frais, il faut éviter l’hospitalisation autant que possible. Cependant, il est important de bien faire comprendre au propriétaire l’importance de ramener l’animal s’il n’y a aucune amélioration de son état. Pour les cas aigus sévères, on conseille d’effectuer rapidement une radiographie abdominale afin d’essayer d’exclure toute affection nécessitant une intervention chirurgicale urgente. Pour les cas plus chroniques, on recommande d’effectuer des analyses sanguines et biochimiques {ainsi qu’un dosage de la T4) en priorité afin d’exclure les origines systémiques les plus courantes de vomissements. On effectuera les analyses par étape, il est important de ne pas négliger les causes non intestinales de vomissements. Avant d’effectuer des analyses plus coûteuses, il est possible d’essayer un traitement anti-parasitaire ou un régime alimentaire d’exclusion ; cependant, il est important d’informer le propriétaire que l’allergie alimentaire et le parasitisme ne sont pas les causes les plus courantes de vomissements et qu’il est probable qu’il faille envisager d’autres analyses.

On envisagera de référer l’animal si les tests réalisables à la clinique ne permettent pas d’aboutir à un diagnostic, ou si la maladie que le clinicien soupçonne ne répond pas comme prévu au traitement. Il est préférable qu’un examen endoscopique soit réalisé par un spécialiste afin que le duodénum et l’estomac soient correctement explorés et que les biopsies soient convenablement effectuées si besoin. Il est moins risqué pour le patient d’obtenir les biopsies par endoscopie plutôt que par une laparotomie exploratrice; on conseille donc de discuter avec le propriétaire de la possibilité d’en référer à un spécialiste si le matériel ou le personnel compétent n’est pas disponible au sein de la clinique.

Dog Revolution, comportements gênants canins : séminaire les 1er et 2 octobre

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Les 1er et 2 octobre prochains, l’université Nanterre Paris-Ouest accueillera deux jours de séminaire consacrés à la place du chien dans notre société et à la gestion des comportements gênants. L’originalité ? Ce sera le premier événement de cette ampleur organisé en Ile-de-France, qui permettra de croiser les regards de plus de 12 intervenants confirmés (vétérinaires, éthologues, éducateurs canins, mais aussi avocats et psychiatres) sur les rapports entre l’humain et le chien, et les difficultés qu’ils peuvent rencontrer dans leur relation.

Au cours de ces deux journées, un programme cohérent et progressif sera proposé : de la construction du chien de compagnie à sa place dans notre société, en passant par les modes de sélection et les tendances comportementales, les avancées législatives en matière de bien-être animal, et surtout l’approche à avoir face aux comportements « gênants », les divers professionnels du monde canin partageront leurs différents points de vue sur ces sujets, chacun représentant un aspect d’une approche globale et qui se veut la plus complète possible pour mieux comprendre le meilleur ami de l’homme.

Thierry Bedossa et Antoine Bouvresse, docteurs vétérinaires comportementalistes et initiateurs du projet, nous présentent cette conférence qui sera bien sûr ouverte à tous, professionnels et propriétaires.

Qu’est-ce qui a motivé l’organisation de ce séminaire ? 

Antoine Bouvresse : Ce séminaire est en préparation depuis plus de 2 ans. En 2013, nous avions eu la chance d’organiser avec le CFPPA de Cibeins un colloque qui réunissait l’ensemble des intervenants de la filière canine : éducateurs, éleveurs, chercheurs en éthologie, vétérinaires, comportementalistes. Les retours ont été si positifs de la part des participants et des intervenants qu’il nous est apparu évident qu’il fallait créer un nouvel évènement autour de ce modèle.

Comment s’est établi le choix des deux axes de la réflexion du séminaire : « Le chien de travail, le chien utile, le chien compagnon sont-ils si différents ? » et  « D’où viennent les difficultés rencontrées dans la relation maître-chien ? » Est-ce le fruit des observations des divers professionnels intervenants au quotidien ? Une envie de réfléchir à la place du chien aujourd’hui dans la société et de mieux la faire comprendre ? 

Antoine Bouvresse : Nous sommes partis du constat que de très nombreux professionnels du monde canin cherchent en permanence à parfaire leurs connaissances dans le domaine de la cynotechnie. Pourtant, ces connaissances centrées sur le chien sont parfois insuffisantes pour aborder l’ensemble des problématiques auxquelles nous sommes confrontées. Cela peut entraîner des échecs de prise en charge, et parfois des situations humaines dramatiques. Il faut donc réfléchir au chien en tant qu’individu, avec ses besoins et ses émotions, et à sa relation avec son environnement, ses congénères et ses humains.

Thierry Bedossa : L’erreur de tous les scientifiques, de tous les professionnels et de tous les métiers du chien, c’est de ne penser qu’au chien et jamais à l’humain, son compagnon, son propriétaire, son utilisateur sans doute. Dans ce nouveau séminaire, nous enrichirons notre pensée et nos pratiques grâce à la présence d’un médecin psychiatre et, je l’espère, d’un sociologue.

C’est en effet un comble que les plus fervents défenseurs des bêtes et les plus grands penseurs de leurs droits soient des intellectuels ou des acteurs de la société civile journalistes, sociologues, philosophes et autres et non des professionnels ! Dans ce séminaire, nous voulons penser large et bien, ce dans le but d’aboutir rapidement à une diffusion la plus large possible de la connaissance et de la compréhension de cette nouvelle relation que nous sommes en train de développer avec ce merveilleux ami…

Chaque intervenant prévu intervient dans un domaine très spécifique lié au chien mais les rapports entre chacun sont transversaux pour améliorer son bien-être : leur choix a t-il été motivé pour illustrer cet aspect « collaborer pour solutionner » ? 

Antoine Bouvresse : Une des originalités de ce séminaire est de proposer des interventions en binômes de professions différentes. Ainsi le développement comportemental sera à la fois exposé d’un point de vue scientifique par un vétérinaire et illustré de manière pratique par un éleveur. Cette collaboration interdisciplinaire tout au long de ces deux jours est, selon nous, le meilleur moyen de créer un échange avec l’ensemble des participants. C’est sans aucun doute par l’échange que les idées évoluent, et c’est ce que nous souhaitons promouvoir tout au long de ces 2 jours.

Un appel à participation est lancé pour l’étude de cas pratiques le 2ème jour : des profils particuliers sont-ils recherchés? A qui les gens doivent-ils s’adresser? 

Antoine Bouvresse : Nous avons pris la décision de n’imposer aucun cadre particulier pour les participants des cas pratiques. Le but de ce dernier temps fort (dimanche après midi) est de créer une ouverture à tout professionnel qui pourrait nous apporter un élément supplémentaire à notre vision du chien et à la manière dont on peut harmoniser la relation entre un chien et son humain. Notre ambition serait par exemple de voir se succéder un utilisateur de chien en discipline sportive, un vétérinaire, un éducateur ou un promeneur de toutou pour partager avec nous un cas concret.

Concernant le concours « gestion d’un comportement gênant », sur quels critères la sélection se fera -t-elle?

Antoine Bouvresse : Les critères de sélection seront axés principalement sur la qualité des supports vidéos. Ce point est d’ailleurs inscrit au cahier des charges des intervenants de ces 2 jours. La science doit étayer les pratiques, la théorie doit aboutir au concret: ce sera tout le sens de cet après-midi de partage.

Plus d’informations

« Dog Revolution » : comportements gênants canins, regards croisés
Les 1er et 2 octobre de 8h30 à 18h, Université Nanterre Paris-Ouest, amphithéâtre B2

Prix de l’inscription pour les deux jours (accueil café + lunchbox inclus) : 119 euros
Réservations et informations pratiques sur le site dédié : www.dog-revolution.fr

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Hoarding : quelles séquelles pour les chiens ?

hoarding dog chien accumulation compulsive troubles psychiatriques

Crédits : DR

Le « Hoarding » désigne en général une manie d’accumulation compulsive. On qualifie une situation de « hoarding » lorsqu’une personne accumule trop d’animaux dans un espace restreint, ce qui ne permet pas de satisfaire correctement les besoins des animaux notamment en terme de liberté et de besoin de repos. Les environnements typiques de ces situations sont généralement extrêmement insalubres et malsains, les animaux souffrant de malnutrition, maladies, pouvant entraîner la mort. Plusieurs rapports réalisés sur des chiens sortis de situations de hoarding relèvent de nombreux comportements « anormaux » chez ces animaux. Une étude scientifique a tenté d’établir les différences comportementales entre ces chiens et les chiens domestiques ordinaires.

Les chiens qui ont participé à l’étude ont été sélectionnés auprès de diverses associations américaines qui s’occupent de retrouver un foyer aux chiens sortis de cas de hoarding. Les évaluations comportementales ont été réalisées grâce au questionnaire C-BARQ (Canine Behavioural Assessment ad Research Questionnaire), qui a recours à des échelles pour quantifier l’intensité ou la fréquence de certains comportements.

Près de 408 chiens ont participé à l’étude. Parmi eux, le ratio mâle-femelle était de 0.82:1, et tous avaient déjà passé une moyenne de 2,2 ans dans leur nouveau foyer adoptif au moment de la réalisation du questionnaire. 28 éléments comportementaux ont été comparés entre ces chiens et des chiens ordinaires représentant un échantillon fiable de chiens domestiques (de même race, âge etc) comme groupe de contrôle. Par rapport à ces chiens, ceux qui avaient vécu une situation de hoarding montraient notamment :

  • beaucoup plus de signes d’anxiété (envers les étrangers, leurs congénères, voire un manque total de sociabilité)
  • une plus grande sensibilité au toucher
  • une forte demande d’attention et d’attachement
  • de l’anxiété de séparation
  • des problèmes d’incontinence lorsqu’ils se retrouvaient seuls à la maison

Des points positifs néanmoins : les chiens victimes de hoarding étaient nettement moins agressifs envers les étrangers (s’ils avaient été « relogés » dans une famille sans aucun autre chien) ainsi qu’envers leurs congénères (si les chiens en question avaient moins de 2 ans). Ils sont moins faciles à éduquer, chassent moins les petits animaux, sont moins facilement excités (seulement pendant les 2,5 premières années dans leur nouveau foyer), moins énergiques, recherchent moins la compétition avec leurs congénères et aboient également moins (s’ils sont là encore « relogés » sans autre compagnon canin dans le foyer). Ces éléments sont précieux afin de mieux comprendre les caractéristiques des troubles comportementaux de ces chiens et ainsi offrir des approches thérapeutiques adaptées en vue de leur réhabilitation.

Références :

F. McMillan, R. Vanderstichel, H. Stryhn, J. Yu, J. Serpell, Behavioural characteristics of dogs removed from hoarding situations, Applied Animal Behaviour Science 178 (2016) 69–79

La grippe canine touche également les chats

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© kulkann

Et si parler de grippe « canine » était un abus de langage? Peut-être, à la lumière d’une récente découverte.

Le Programme de médecine en collectivités de l’école vétérinaire de l’Université du Wisconsin a confirmé que le virus qui a touché un grand nombre de chiens dans le Midwest l’an dernier a infecté également un groupe de chats dans la région.

L’équipe de chercheurs a récemment testé plusieurs chats d’un refuge pour animaux au nord-ouest de l’Indiana et les a trouvés positifs au virus H3N2 de la grippe canine.

« Les soupçons d’une épidémie chez les chats ont d’abord été soulevées quand un groupe a montré des signes inhabituels de maladie respiratoire », a déclaré Sandra Newbury, DVM, MS, professeur adjoint de clinique et directeur du programme de médecine en collectivités de l’école vétérinaire.

« Bien que ce premier rapport ait confirmé que plusieurs chats ont été testés positifs à la grippe canine aux Etats-Unis, ce qui montre que le virus peut affecter les félins, nous espérons que les infections et les maladies continueront d’être assez rares.« 

Des cas similaires ont été signalés précédemment en Corée du Sud ont suggéré que le virus, qui n’avait pas été détecté aux États-Unis jusqu’en 2015, était capable de passer des chiens aux chats. Cependant, un seul chat a été testé positif à H3N2 aux Etats-Unis l’an dernier. Aucun échantillonnage supplémentaire n’avait été fait, parce que l’échantillon initial n’a été détecté comme positif que bien après la convalescence du chat et la disparition de ses symptômes.

Il semble maintenant que le virus puisse se répliquer et se propager de chat à chat.

« L’échantillonnage séquentiel de ces chats s’est révélé positif et a montré une augmentation de la charge virale dans le temps », a déclaré Kathy Toohey-Kurth, PhD, section de virologie au Laboratoire de diagnostic vétérinaire du Wisconsin, se référant à la quantité de virus trouvé dans un échantillon donné.

Les travaux préliminaires pour étudier la signature génétique du virus montre qu’il est identique au virus H3N2 qui infecte les chiens. Les chercheurs de WVDL finalisent actuellement une analyse génétique complète et l’étude du virus.

Newbury et l’équipe de médecine de l’école vétérinaire travaillent en étroite collaboration avec un refuge pour animaux pour gérer l’épidémie de grippe, un certain nombre de chiens ayant également été testés positifs pour le virus.

« A cette époque, tous les chats infectés ont été mis en quarantaine, et aucun des chats ou des chiens infectés n’a quitté ce refuge » , dit Newbury. « Nous allons continuer à surveiller attentivement les cas de la maladie. »

Les chats qui ont contracté le virus au refuge ont affiché des symptômes des voies respiratoires importants, tels que écoulement nasal, congestion et malaise général, ainsi que des claquements de lèvres et une salivation excessive. Les symptômes ont disparu rapidement et à ce jour, le virus n’a pas été fatal aux chats.

Les chiens infectés peuvent développer une toux persistante, un écoulement nasal et de la fièvre. Certains chiens ne présentent aucun symptôme, tandis que d’autres présentent des signes plus graves de la maladie. Le virus a été lié à certains décès chez les chiens, mais la plupart des chiens récupèrent avec des soins de soutien.

Les chiens et les chats infectés par le virus de la grippe canine doivent être logés séparément des autres animaux et des mesures d’hygiène doivent être prises pour éviter la propagation du virus via les mains et les vêtements.

Un vaccin H3N2 est maintenant disponible pour les chiens, mais il n’existe actuellement aucun vaccin approuvé ou recommandé pour les chats. Un vétérinaire peut recommander ou non de demander un vaccin contre la grippe canine H3N2 pour les chiens.

(NewStat, 7 avril)