L’insuffisance rénale chronique

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© Mikkel Bigandt

L’insuffisance rénale chronique est un problème courant, en particulier chez les chiens et les chats âgés. La plupart du temps, l’origine de l’insuffisance rénale est inconnue, car beaucoup de mécanismes pathologiques peuvent aboutir à des lésions glomérulaires et tubulaires irréversibles. Les causes potentielles comprennent une glomérulopathie, des agents toxiques, une pyélonéphrite, une néphrite interstitielle chronique, une urolithiase, une affection congénitale, une tumeur ou des médicaments (ex : AINS). Les lésions des néphrons engendrent une réduction du taux de filtration glomérulaire et l’accumulation de déchets dans le corps au lieu d’être excrétés dans l’urine. La maladie peut évoluer sur une période allant de quelques semaines à quelques années, selon la sévérité et la persistance des lésions rénales. Au fur et à mesure que la maladie progresse et que de moins en moins de néphrons sont fonctionnels, l’azotémie du patient va augmenter (accumulation des déchets azotés dans le sang) jusqu’à provoquer également des lésions à cause de l’excès d’urée sanguine. L’azotémie se met en place lorsque environ 60 % des néphrons ont cessé de fonctionner,et les lésions d’urémie lorsque 70 % des néphrons sont perdus.

Anomalies associées à une insuffisance rénale

  • Diminution de la capacité à concentrer l’urine à l’origine d’une polyurie et d’une polydipsie (PUPD)

  • Modifications hormonales – diminution de la production d’érythropoïétine, augmentation de la production de l’hormone parathyroïdienne

  • Symptômes gastro-intestinaux à cause de l’action des déchets circulants sur le centre du vomissement et développement d’une gastrite urémique ainsi que d’ulcères

  • Hypertension, pouvant provoquer des lésions oculaires et une perte brutale de la vision, en particulier chez les chats

  • Anémie – à la suite de la diminution de la production d’érythropoïétine, du raccourcissement de la durée de vie des hématies, des hémorragies gastro-intestinales et de l’anémie accompagnant les maladies chroniques.

Anamnèse et signes cliniques

Au début de l’installation de la maladie rénale, l’animal n’exprime pas de signes cliniques. Lorsqu’il commence à exprimer des signes cliniques, le propriétaire remarquera qu’il boit et urine plus que d’habitude (ce qu’il ne faut alors pas confondre avec une incontinence urinaire), qu’il perd du poids, qu’il devient anorexique et souffre de vomissements. On notera au cours de l’examen clinique que l’animal est en mauvais état général, avec un poil de mauvaise qualité non entretenu. On recherchera la présence d’une halitose et d’ulcères buccaux causés par l’urémie importante. Si l’on arrive à palper les reins, ils sont souvent petits et irréguliers, selon le processus pathologique en cours. Les animaux qui sont anorexiques, vomissent ou n’ont pas accès à une quantité d’eau suffisante peuvent être extrêmement déshydratés. L’examen ophtalmologique peut permettre de détecter des modifications qui concordent avec une hypertension (vaisseaux rétiniens tortueux, hyphéma, œdème, hémorragie ou décollement de la rétine), en particulier chez les chats.

Lorsque les animaux insuffisants rénaux chroniques sont soumis à un stress rénal supplémentaire (ex déshydratation, hypotension, médicament néphrotoxique), ils peuvent faire une crise d’insuffisance rénale aiguë ; ils sont alors très déshydratés et les signes cliniques se dégradent rapidement.

Principaux diagnostics différentiels

  • Hyperthyroïdie (chats)

  • Diabète sucré

  • Tumeur

  • Affection buccale

  • Affection hépatique

On peut se référer aux fiches sur l’anorexie et les vomissements pour plus de diagnostics différentiels.

Techniques diagnostiques spécifiques

Le diagnostic d’une affection rénale repose sur l’association entre les éléments cliniques et clinicopathologiques. La NF sanguine peut mettre en évidence une anémie faible à modérée généralement arégénérative. L’analyse biochimique du sérum met en évidence une élévation plus ou moins importante de l’urée, de la créatinine +- du phosphore selon la sévérité. Il est également possible de détecter une hypo ou hypercalcémie, une hypoalbuminémie (s’il y a une protéinurie importante) ou une hypokaliémie due au défaut d’ingestion couplée à l’augmentation des pertes. L’analyse urinaire montre une légère baisse de la densité malgré la présence de l’azotémie (< 1,030 chez les chiens et < 1,035 chez les chats) ; il est également possible de détecter une protéinurie qu’il faut quantifier en calculant le rapport protéines/créatinine de l’urine. L’examen du culot urinaire peut mettre en évidence une infection urinaire, il faut alors prélever un échantillon d’urine par cystocentèse pour le mettre en culture et réaliser un antibiogramme. Il faut également mesurer la pression sanguine artérielle.

Avant d’établir un diagnostic d’insuffisance rénale parenchymateuse, il faut exclure la possibilité d’une insuffisance rénale prérénale ou postrénale. On peut avoir une insuffisance rénale prérénale lorsque le régime alimentaire est trop riche en protéines, lors d’hémorragie gastro-intestinale, de déshydratation ou d’hypovolémie. Les animaux déshydratés dont la fonction rénale est normale vont concentrer leur urine (densité > 1,030 chez les chiens et> 1,035 chez les chats) sauf s’il existe un autre élément permettant d’expliquer le défaut de concentration de l’urine (ex : hypercalcémie ou administration de certaines molécules telles que le furosémide ou un AIS). Lorsque le régime alimentaire est riche en protéines ou lorsqu’il y a une hémorragie gastro-intestinale,on aura une augmentation de l’urée mais la concentration de la créatinine reste normale. Une insuffisance rénale postrénale est due à une obstruction ou une rupture des voies urinaires ; il est généralement possible d’identifier ces cas à partir de l’anamnèse et de l’examen clinique.

Dans la plupart des cas, il n’est pas nécessaire d’effectuer d’autres examens complémentaires. Ils peuvent cependant aider à éliminer certaines causes d’insuffisance rénale chronique pouvant être traitées spécifiquement, comme par exemple une pyélonéphrite ou uneurolithiase. Les clichés radiographiques montrent le plus souvent des reins petits de forme irrégulière,et l’échographie révèle une hyperéchogénicité diffuse de la corticale associée à une diminution de la délimitation entre la corticale et la médullaire. Chez les jeunes animaux, et plus particulièrement lorsque les reins sont normaux à l’échographie, il faut exclure une maladie d’Addison atypique (par exemple baisse du cortisol mais quantité de minéralocorticoïdes normale) à l’aide d’un test de stimulation à l’ACTH, car on observe souvent des signes frustes de PUPD, d’amaigrissement, d’anorexie ou de vomissements. Il est rare d’effectuer une biopsie rénale à moins qu’un doute subsiste au niveau du diagnostic ou que l’on suspecte la présence d’une tumeur.

Quel traitement ?

Les animaux qui sont déshydratés au moment de l’examen clinique doivent être hospitalisés pour être perfusés. Une grande partie de l’insuffisance rénale semble être d’origine prérénale, le pronostic à court et moyen terme est donc bon une fois que l’animal a été réhydraté et pris en charge comme décrit plus bas.

Le traitement de l’insuffisance rénale chronique vise principalement à ralentir la progression de la maladie et réduire les conséquences de l’accumulation des déchets azotés dans l’organisme.

  • L’alimentation. La raison principale pour passer à un régime alimentaire spécifique pour les insuffisants rénaux est de réduire l’apport en phosphore, car il est prouvé qu’ainsi,on ralentit la progression de la maladie. On conseille de mesurer le phosphore sérique à quelques semaines d’intervalle au départ afin de s’assurer que le régime mis en place fonctionne. Une restriction protéique peut aider à diminuer l’urémie chez certains patients. Il faut limiter l’apport en sodium pour limiter l’hypertension. Cependant, il est essentiel que l’animal ingère suffisamment de calories pour éviter qu’il ne continue à perdre du poids, donc s’ilne veut pas manger l’alimentation spécifiquement formulée pour les insuffisants rénaux, il est important de le laisser manger autre chose pour qu’il continue à s’alimenter. Mieux vaut n’importe quel aliment plutôt qu’aucune nourriture.

  • Les chélateurs de phosphore (ex : du carbonate de lanthane (Renalzin•, Bayer) ou du chitosan avec du carbonate de calcium (lpakitine•, Vetoquinol)) sont parfois nécessaires si l’alimentation pauvre en phosphore seule ne permet pas de revenir à une phosphatémie normale, ou si l’animal refuse de manger une alimentation spécifique.

Le traitement d’une incontinence urinaire par incompétence sphinctérienne peut être médical ou chirurgical. Le traitement médical peut être hormonal ou reposer sur l’administration d’agents sympathomimétiques. Les agents sympathomimétiques améliorent le contrôle de la continence en augmentant la tonicité de l’urètre. Le traitement médical le plus utilisé à l’heure actuelle est une molécule alpha-adrénergique qui est la phénylpropanolamine (Propalin, Vétoquinol). Les chiennes stérilisées incontinentes peuvent aussi répondre à l’administration d’oestrogènes tels que l’estriol (Incurin, Intervet).

Il arrive que certains animaux répondent bien à l’administration d’oestrogènes ou d’alpha-adrénergiques au départ, puis que l’incontinence revienne. Dans le cas des oestrogène, il est possible que les récepteurs se désensibilisent. Les oestrogènes sensibilisent les muscles lisses de l’urètre à la stimulation alpha-adrénergique, il est donc conseillé d’associer les oestrogènes à une molécule alpha afin de diminuer la posologie de chaque médicament et ainsi réduire leurs effets secondaires. Le taux de réussite du traitement avec ces molécules à long terme est d’environ 50%.

Il est possible d’utiliser des androgènes chez le chien mâle castré, mais l’expérience montre que les résultats sont décevants. Il faut essayer de faire perdre du poids aux chiens obèses. Lorsqu’une jeune chienne est incontinente, on déconseille de la stériliser, ou au moins d’attendre qu’elle ait eu deux fois ses chaleurs, car l’incontinence sphinctérienne congénitale peut guérir spontanément après le premier ou le deuxième oestrus dans certains cas.

Les principales options chirurgicales pour traiter une incontinence urinaire par incompétence sphinctérienne sont :

  • d’augmenter la résistance de l’urètre en plaçant des bandelettes synthétiques péri-urétrales, un sphincter artificiel ou en effectuant des injections intra-urétrales avec une molécule hydrophile (collagène par exemple)

  • d’augmenter la longueur de l’urètre à l’aide de techniques de reconstruction du col vésical

  • de repositionner le col vésical en position intra-abdominale par colposuspension (chiennes) ou pexie des canaux déférents, urétropexie ou prostatopexie (chiens mâles).

Généralement, le taux de réussite d’un traitement chirurgical est de 50%. Il est préférable que ce soit un chirurgien spécialisé qui effectue ces opérations.

Que faire si son état ne s’améliore pas ?

Si l’incontinence ne s’améliore pas suite au traitement médical mis en place comme décrit précédemment, il faut effectuer des examens complémentaires pour éliminer les autres hypothèses diagnostiques. Pour différencier les diverses autres causes d’incontinence urinaire, on aura recours à la radiographie avec produit de contraste, à l’échographie, et si possible à un examen urodynamique. Ces techniques nécessitent des compétences particulières et beaucoup d’expérience, il est donc préférable de référer l’animal.

Si une incontinence urinaire par incompétence sphinctérienne est confirmée suite aux examens complémentaires, et si l’animal ne répond pas bien au traitement chirurgical, on conseille d’envisager un traitement chirurgical.

Le petfood à base de poisson, cause de l’hyperthyroïdie féline ?

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© Claude Calcagno

Personne ne sait réellement quelle est la cause de l’hyperthyroïdie féline, mais certaines études supposent qu’un lien existerait entre les polluants environnementaux tels que certains bisphénols. Une nouvelle étude émet une autre hypothèse.

Des chercheurs japonais ont analysé la nourriture pour chats à base de sous-produits de poisson, qui ne sont pas exempts de toxines. Ils ont effectivement trouvé que les traces de ces sous-produits toxiques, présents à de très hauts niveaux dans les analyses sanguines de chats, venaient de de la nourriture et non d’un autre type d’exposition aux bisphénols.

L’étude a été publiée le 2 décembre dans la revue Environmental Science & Technology.

(NewStat, 11 janvier)

Les chiens savent être altruistes envers leurs congénères !

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© alexei_tm

Avoir une attitude positive et altruiste envers son prochain est considéré comme l’un des fondements des relations et de la coopération humaines. Pourtant, d’après une récente étude menée par des chercheurs de l’école vétérinaire de l’université de Vienne, il semblerait que ces traits se retrouvent chez d’autres espèces, notamment les chiens.

Les chercheurs ont montré que les chiens peuvent se montrer serviables et altruistes envers leurs congénères, à condition qu’ils connaissent l’autre chien au préalable. Ces résultats ont été publié le 16 décembre dans la rubrique scientifique de Nature.

Les chercheurs ont étudié le comportement social de 16 chiens afin d’évaluer leur disposition à aider des partenaires familiers et non-familiers. Chaque chien devait tirer un plateau contenant une récompense, et décider si le deuxième chien pouvait la recevoir. En tirant sur le fil du plateau, le chien donneur « servait » la friandise à son compagnon. Chaque animal avait la possibilité de tirer un plateau vide ou un plateau plein.

Selon la connaissance que le chien donneur avait de son congénère, le choix était différent. Les chiens donneurs tiraient plus volontiers le plateau-friandise lorsqu’ils connaissaient l’autre chien que lorsqu’ils n’en étaient pas familiers. « Les chiens peuvent vraiment être altruistes », explique Friederike Range, un des chercheurs de l’étude. « Cela n’avait jamais été démontré de façon expérimentale. Et le degré de familiarité est fondamental pour influencer le comportement des chiens envers leurs congénères. »

(NewStat, 5 janvier 2016)

Posséder un animal évite de nombreux frais médicaux !

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© Christin Lola

Le 14 décembre dernier, la Human Animal Bond Research Initiative (HABRI) a publié une nouvelle étude économique qui estime l’économie réalisée par les propriétaires d’animaux domestiques en soins médicaux, a près de 11,7 milliards de dollars. « De nombreuses études avaient démontré à quel point les animaux domestiques ont un effet bénéfique sur la santé humaine, mais c’est la première fois que l’on a une estimation économique de cet impact sur le système de santé américain », explique Terry L. Clower, professeur en politiques publiques à l’université George Mason. « Notre étude démontre qu’avoir un animal allège les charges de notre système de santé ».

On peut distinguer deux domaines de bénéfices :

  • les propriétaires d’animaux, 132,8 millions aux Etats-Unis, économisent 11,37 milliards de dollars en visites médicales
  • les 20 millions de propriétaires qui promènent leur chien 5 fois par semaine voire plus ont moins de prédispositions à l’obésité et économisent ainsi 419 millions de dollars en frais médicaux

Selon les chercheurs, les chiffres pourraient être encore plus importants mais des données économiques supplémentaires seraient nécessaires pour montrer l’impact sur le contrôle des infections, les maladies cardio-vasculaires, l’hypertension, le cholestérol, les allergies, le stress, la pression artérielle et les troubles psychologiques.

(NewStat, 29/12/15)