Gestion des épillets

© Eléonore H - Fotolia.com

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Les épillets sont des corps étrangers très fréquents chez les chats et les chiens ayant accès à un champ ou à une zone où les plantes ne sont pas entretenues. On les retrouve typiquement durant les derniers mois d’été, mais on peut être confronté à une otite chronique causée par un épillet qui a dégénéré en abcès, ou à un abcès avec une fistule le drainant de façon chronique tout au long de l’année. Les races de chiens à poils longs sont plus souvent affectées car les épillets s’emmêlent facilement dans les poils, et les chats ayant un vaste territoire également. Les barbillons de l’épillet facilitent sa migration à travers les tissus mous et rendent son extraction difficile.

Signes cliniques

Les épillets se logent souvent au niveau des oreilles, des yeux, des cavités nasales, du pharynx et des espaces interdigités, mais il est possible de les retrouver dans d’autres endroits. Les symptômes sont généralement d’apparition brutale, et sont souvent très sévères.

Selon la localisation de l’épillet, les signes cliniques typiques sont :

Oreilles : l’animal se met soudainement à secouer la tête après avoir fait de l’exercice dans un champ ou dans de hautes herbes. Cette localisation est rare chez les chats et plus fréquente chez les chiens ayant des oreilles tombantes. Les principaux diagnostics différentiels sont des piqûres d’insectes ou une réaction d’urticaire

Yeux : apparition brutale d’un blépharospasme et d’un épiphora qui devient rapidement mucopurulent. L’animal se frotte parfois vigoureusement l’œil touché au point de provoquer des irritations sur la peau autour de l’œil. Il n’y a généralement qu’un seul œil atteint. Il est très rare que le problème touche les deux yeux. Les diagnostics différentiels les plus importants sont une blessure de la cornée provoquée par un traumatisme (ex : griffure de chat), une substance caustique ou une ulcération cornéenne idiopathique. Une conjonctivite sévère, une uvéite ou un glaucome peuvent provoquer des signes similaires

Nez : l’animal se met brusquement à éternuer violemment et se frotte le nez. On observe parfois un  léger  saignement  venant  d’une  narine.  Bien que les  symptômes persistent,  leur sévérité diminue  assez   rapidement.

Pharynx : l’animal donne brusquement l’impression de s’étouffer et d’essayer de vomir, au point de parfois régurgiter de la nourriture. Cette localisation est plus courante chez les chats car ils ont tendance à manger de  l’herbe,  soit  directement,  soit  en  se  léchant. L’épillet  va  souvent  s’implanter  dans  les  cryptes amygdaliennes où l’animal arrive relativement bien à le tolérer durant quelques temps, jusqu’à ce qu’il pénètre la muqueuse et provoque un abcès parotidien ou rétropharyngé. Lorsque l’abcès se forme, l’animal peut présenter des signes de mal-être, avoir de la fièvre, présenter une dysphagie ; on peut voir un gonflement et mettre en évidence un inconfort autour de la gorge et de la partie crâniale du cou. Il arrive occasionnellement  que  l’épillet  migre  depuis le pharynx jusqu’aux poumons via la trachée, et provoque une toux généralement associée à une halitose  marquée.

Espaces interdigités : on observera alors un gonflement, de développement rapide, dans les espaces interdigités, qui finit par se rompre pour laisser une fistule. La zone devient alors irritée et l’animal se lèche de façon compulsive. Les épillets touchent souvent plusieurs espaces interdigités et plusieurs membres. S’ils ne sont pas retirés, ils peuvent migrer en remontant le membre et en formant de multiples fistules sur leur trajet. Cette localisation est plus rare chez le chat. Les principaux diagnostics différentiels sont le pyogranulome interdigité et la furonculose interdigitée pouvant être causés par une infection bactérienne ou des follicules pileux incarnés

Autres localisations : les épillets peuvent être à l’origine de la formation de fistules à n’importe quel endroit de la tête, du cou ou du tronc. Ils peuvent aussi provoquer un écoulement vulvaire ou préputial, un abcès dans les glandes anales, les poumons ou l’abdomen.

Traitement

Pour que le traitement soit efficace, l’épillet doit être retiré. Lorsqu’il n’est pas extrait, l’épiller peut provoquer des atteintes chroniques.

Oreilles : l’animal ne se laisse pas toujours faire lorsque le conduit auditif est douloureux. Il n’est pas rare que les deux oreilles soient atteintes, il est donc important de bien examiner les deux. Le vétérinaire retirera l’épillet à l’aide d’une pince spéciale introduite dans le cône d’un otoscope ayant un bon éclairage et un bon grossissement. L’opération s’effectue généralement sous sédatif ou avec un anesthésique général d’action courte. Lorsque l’animal est coopératif et bien tenu, la sédation n’est pas toujours nécessaire, mais l’extraction peut être douloureuse et il y a un risque de lésions de la membrane tympanique si l’animal bouge la tête au moment critique.

Une fois l’épillet retiré, le vétérinaire prescrira des gouttes auriculaires durant 2-3 jours contenant une association d’anti-inflammatoires et d’antibiotiques afin de limiter la douleur et prévenir le développement d’une infection.

Yeux : le vétérinaire instillera quelques gouttes d’anesthésique local dans l’œil pour soulager la douleur et permettre un bon examen ophtalmique. On observe souvent une ulcération étendue mais superficielle de la cornée, cependant elle n’est jamais centrale. Les épillets vont fréquemment se  loger  à  l’arrière de la troisième paupière ; on peut alors en voir l’extrémité  faire  protrusion  juste   au  bord  de la paupière. On n’aura recours à l’anesthésie générale que lorsque l’animal est très peu coopératif ou lorsqu’un doute persiste quant à la présence ou non d’un corps étranger. Lorsqu’on aperçoit l’épillet, on le saisira à l’aide d’une pince à bords mousse. On traitera l’ulcère cornéen avec une pommade ophtalmique antibiotique durant 3- 5 jours; il guérit généralement très rapidement. On évitera les corticoïdes dans les yeux car ils retardent la cicatrisation. Il faut parfois mettre une collerette quelques jours si l’animal se mutile au niveau de l’œil touché.

Nez : il est nécessaire d’effectuer une anesthésie générale en intubant l’animal avec une sonde endotrachéale  de bon diamètre  pour pouvoir explorer la cavité nasale correctement. On instillera quelques gouttes d’anesthésique local dans les narines afin de réduire les éternuements réflexes causés par l’irritation de la muqueuse nasale. Les corps étrangers pénètrent souvent dans la cavité nasale via le méat ventral, et lorsqu’on aperçoit un épillet, on pourra le retirer avec une pince à épillet. Si l’on ne trouve rien, il se peut que l’épillet ait migré dans le pharynx ; il faut alors repousser le palais mou avec une pince pour examiner les choanes. Si l’on ne trouve toujours rien, ou si l’épillet s’est fragmenté, il faut flusher la cavité nasale dans les deux sens avec une solution saline tiède pour déloger les débris. Après le retrait du corps étranger ou le flush, le vétérinaire mettra l’animal sous antibiotique à large spectre durant environ S jours, ainsi que sous anti-inflammatoires durant quelques jours. Contrairement à d’autres localisations, l’animal tolère en général assez bien la présence d’un épillet dans la cavité nasale après quelques temps ; il n’est pas rare que les mécanismes protecteurs naturels du nez finissent par désintégrer puis éjecter les débris du corps étranger.

Pharynx : bien qu’il puisse être possible de voir un épillet dans le pharynx avec un examen oral simple, il est nécessaire d’effectuer une anesthésie générale pour le retirer. Il arrive qu’il y ait plusieurs épillets dans le pharynx, il est donc indispensable de bien explorer toute la zone afin de détecter la présence éventuelle de fistules. Après son retrait, le vétérinaire prescrira un antibiotique à large spectre durant 3-5 jours ainsi qu’un anti-inflammatoire.

Espaces interdigités : il peut être difficile de trouver un épillet provoquant l’apparition de fistules, et il faut parfois opérer l’animal plusieurs fois pour résoudre le problème. L’examen clinique permet généralement de fortement suspecter la présence d’un épillet. La présence d’épillets entre les doigts ou emmêlés dans le pelage confortera le diagnostic. Lorsque l’animal est amené rapidement, il est possible de voir l’extrémité de l’épillet au niveau de son point d’entrée. Lorsque l’animal se laisse faire et qu’il est bien maintenu, on pourra introduire doucement une pince à épillet stérile dans le point d’entrée. Si on souhaite l’explorer plus profondément, il faut faire une anesthésie générale. Après son retrait, le vétérinaire mettra un pansement sur la plaie durant 3-4 jours pour qu’elle reste propre et ne s’aggrave pas ; il prescrira des antibiotiques à large spectre durant quelques jours. Si l’épillet a été retiré, les signes disparaîtront très rapidement.

Prévention

En ce qui concerne les chiens, la prévention repose sur la coupe des poils longs durant l’été, en particulier autour des pattes et des oreilles, et il faut essayer d’éviter les champs avec des herbes hautes quand le chien fait de l’exercice. Il est clair que pour les chats qui ont un accès à l’extérieur, la prévention est plus compliquée à mettre en place…

L’abcès par morsure de chat

© Nadine Haase - Fotolia.com

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Les abcès par morsure de chat sont généralement associés à des bagarres. Ils se situent le plus  souvent au niveau de la tête, la base de la queue ou les membres, mais on peut aussi en trouver n’importe où sur le corps. Ces abcès s’infectent souvent à cause de Pasteurella multocida, une bactérie faisant partie de la flore buccale commensale des chats.

Signes cliniques

Il est peu probable que le propriétaire ait assisté à la bagarre. Lors de morsure sur la tête ou la queue, ils décriront soit le chat comme étant moins bien (léthargique et/ou anorexique), soit ils auront directement vu la lésion. Si la morsure se situe sur un membre, on observera une boiterie au niveau de ce membre qu’il ne faudra pas confondre avec une fracture. Juste après la morsure, il n’y aura que les marques des dents qui seront visibles sur la peau, et elles seront le plus souvent masquées par des poils emmêlés.La lésion ne deviendra apparente qu’après 2-3 jours,le temps que l’abcès se développe. L’abcès se remplit alors de pus jusqu’à devenir un nodule ferme rempli de liquide.

Puis la peau se situant à la surface de l’abcès se nécrose, ce qui provoque sa rupture. On aura alors une quantité variable de pus qui s’écoulera spontanément. Les abcès se présentent généralement comme des gonflements cutanés  facilement  visibles ou palpables ; cependant, les morsures au niveau des membres provoquent souvent une cellulite plus diffuse.

Quel traitement ?

Le but du traitement est de drainer l’abcès et traiter l’infection bactérienne. Si l’abcès est mûr mais ne s’est pas encore percé, il faut le débrider. Il n’est généralement pas nécessaire d’anesthésier ou sédater le chat si l’on assure une bonne contention et que le vétérinaire est rapide. On massera l’abcès afin de vidanger tout le pus qu’il contient. Si l’abcès est très douloureux, ou le chat très difficile à maintenir, il peut être nécessaire de le sédater ou l’anesthésier, mais ceci peut être plus stressant pour le chat. Si l’abcès est déjà percé lorsque le chat est présenté en consultation, il convient de faire sortir manuellement le pus restant. Si l’abcès n’est pas encore mûr, et semble encore assez diffus, il n’est pas nécessaire de le débrider.

On prescrira ensuite des antibiotiques durant 3- 5 jours selon la sévérité de la lésion. Les choix possibles comprennent l’ampicilline, l’amoxicilline, l’association amoxicilline-acide clavulanique, ou une céphalosporine. On peut indifféremment les donner per os ou faire une injection d’ampicilline ou d’amoxicilline longue action. Une injection unique peut être suffisante, mais il est aussi possible de la répéter 48h plus tard si nécessaire. Si l’infection est sévère, on pourra faire une injection unique  de  céfovecine  à  la  place  des  comprimés lorsque l’observance  risque d’être mauvaise. S’il est indispensable de soulager la douleur, on prescrira un anti-inflammatoire. La castration des chats mâles réduira les risques de bagarre et d’abcès consécutifs.

Le suivi

Si l’abcès ne régresse pas dans les 3-5 jours suivant le traitement, on envisagera les possibilités suivantes :

  • le système immunitaire du chat peut être défaillant (FeLV, FIV, maladie systémique)
  • il peut y avoir un corps étranger ou un foyer d’infection
  • la bactérie peut être résistante à l’antibiotique choisi
  • le micro-organisme présent peut être atypique (ex : Nocardia spp., Actinomyces spp., une mycobactérie, un champignon, un mycoplasme, Rhodococcus…)

Les examens complémentaires et le traitement mis en place lors de la deuxième consultation doivent inclure :

  • un examen cytologique de l’exsudat afin de déterminer la nature de la réponse inflammatoire et des micro-organismes présents
  • une culture ainsi qu’un antibiogramme
  • un changement de l’antibiotique utilisé

Au cours de la deuxième ou de la troisième consultation, on pourra envisager  un dépistage du FeLV/FIV et chercher  un  éventuel  corps  étranger  (imagerie agnostique ou exploration chirurgicale).

Le cas de Myrtille : un abcès oculaire

Myrtille est une jument de robe aubère, arrivée au refuge Aide aux Vieux animaux en août 2011, à l’âge de 18 ans et demi. Née dans la Manche en avril 1992, cette gentille ponette croisée New Forest, « toujours très calme et n’ayant peur de rien », d’après Sylvie Dereeper, secrétaire à l’AVA et sa propriétaire, avait été mise à la retraite après avoir servi dans un club équestre de la région de Rouen.

Son histoire

Au printemps 2012, pour ses 20 ans, Myrtille s’installe chez Sylvie et son mari, dans un pré d’un hectare qu’elle partagera pendant près d’un an avec Michele, un poney hongre de 25 ans, conseillé par AVA comme compagnon animal pour que Myrtille ne se sente pas seule (les chevaux sont des animaux grégaires, ne l’oublions pas!). En quelques heures, celle-ci se sent déjà comme chez elle : « Nous allions les voir plusieurs fois par jour, tous les jours, par tous les temps, sans exception. Le matin, la première visite était agrémentée de friandises (pommes, carottes, pain sec et dur) et c’était l’occasion de contacts physiques entre eux et nous », se souvient Sylvie. « Le terrain dont ils disposaient leur permettait de nous faire des apparitions surprises aux fenêtres, quémandant une friandise et satisfaisant leur curiosité – genre « elle est comment votre écurie ? » – ce qui ne manquait pas de nous amuser et d’étonner les passants. »

Myrtille dans son nouveau pré

Myrtille dans son nouveau pré

Myrtille avec Michele

Myrtille avec Michele

Un matin de février 2013, Sylvie et son mari retrouvent Michele mort, avec Myrtille à ses côtés qui semblait les attendre. Elle accueille un nouveau compagnon bai de race selle français, un colosse d’1m84 au garrot prénommé Jaguar, mis à la retraite après une belle carrière en CSO, et en pension gratuite, pour lui tenir compagnie. Mais même un pré d’un hectare ne suffit pas à nourrir les deux « goinfres », surtout Jaguar qui avec sa taille mange comme 10. Entre le foin à volonté et les divers compléments (orge aplatie notamment), Sylvie et son mari ne s’en sortent plus. C’est donc AVA qui va héberger les deux chevaux à partir du mois de mai 2014. Myrtille se mêle aux autres chevaux du refuge, dispersés dans des pâtures assez éloignées des bâtiments principaux et difficiles d’accès.

Infection due à un abcès oculaire

A l’automne, Myrtille est retrouvée avec l’œil gauche gravement infecté. D’après l’anamnèse du vétérinaire, elle présente de l’épiphora (larmoiement anormal) et de la rougeur conjonctivale. Un traitement antibiotique est tout de suite prescrit (Pen-Hista-Strep) et anti-inflammatoire avec des corticoïdes. Elle présente par ailleurs une fourbure (une congestion inflammatoire aigüe des quatre pieds).

L'abcès oculaire manifeste sur l'oeil gauche

L’abcès oculaire manifeste sur l’oeil gauche

Mais le lendemain, l’état de l’oeil ne s’améliore pas, au contraire. Le vétérinaire conseille une hospitalisation. L’état de santé de Myrtille à son arrivée est globalement satisfaisant, mais elle manifeste une exophtalmie modérée de l’oeil gauche, associée à un chémosis (oedème de la conjonctive) et un prolapsus de la conjonctive (une descente de la membrane) marqués, de l’épiphora séreux, une sécheresse cornéenne, une déformation concave de la cornée en région centrale et même de la cécité.

Les tests à la fluorescéine détectent un ulcère en région centrale de l’oeil sur 2 cm de diamètre. Le bilan biochimique révèle une leucocytose neutrophilique modérée (une augmentation des globules blancs en raison de l’infection) et une discrète augmentation des CPK (enzyme musculaire). L’oeil et la cornée sont nettoyés, mais les vétérinaires soupçonnent un traumatisme de la cornée avec ulcère cornéen marqué et suspicion de kératomalacie (dégénérescence provoquant la cécité). Leur pronostic est mauvais.

L’opération

Rapidement, une énucléation sous anesthésie générale est suggérée, sans quoi l’infection pourrait très vite atteindre le cerveau et tuer la jument. Un traitement ophtalmologique intensif lui sera associé. Myrtille supporte bien l’opération, et reçoit un nouveau traitement d’antibiotiques, d’antalgiques et anti-inflammatoire par voie intraveineuse, un vasodilatateur et inhibiteur de la dégranulation des mastocytes (Calmivet) ainsi que des larmes artificielles sur l’oeil gauche toutes les 4h à la suite de l’opération. Son pansement est changé deux jours après l’intervention, la plaie est propre, l’oedème et les sécrétions ont disparu.

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Deux jours après l’opération, le pansement est ôté, la plaie est propre

Convalescence

Myrtille effectue sa convalescence au refuge avec les soigneurs de l’AVA. Outre l’administration des antibiotiques et anti-inflammatoires, elle doit garder le box jusqu’à guérison complète de la plaie chirurgicale et de la crise de fourbure. Les vétérinaires préviennent que du sang frais ou des sécrétions hémorragiques peuvent être présentes dans le naseau gauche pendant quelques jours. Sa ration alimentaire est réduite pour que les symptômes de la fourbure s’estompent et finissent par disparaître.

Myrtille presque au bout de sa convalescence

Myrtille presque au bout de sa convalescence

Myrtille se remet très rapidement, a bel appétit et des crottins normaux. Selon les vétérinaires, elle s’est très bien habituée à sa nouvelle condition. Une semaine après l’opération, les points de tension sont retirés, le pansement changé. Début décembre, toutes les agrafes sont retirées, et Myrtille montre une extrême bonne volonté durant l’opération ! Fin décembre, la jument peut enfin sortir du box, mais son alimentation reste sous surveillance.

Site Internet de la clinique équine qui a effectué l’opération :

Clinique Moulin d’Ecalles : http://cliniquemde.fr/

Le chien souffrant d’anxiété de séparation

© Valentin Bartolomeu

© Valentin Bartolomeu

Beaucoup de chiens ont un comportement destructeur lorsqu’ils sont laissés seuls, mais la vraie anxiété de séparation, résultant de l’attachement excessif à une personne, reste rare.

Principaux diagnostics référentiels

  • l’opportunisme ou l’ennui : les jeunes chiens s’amusent souvent à renverser les poubelles ou les étagères, à grignoter les meubles, déchirer les tissus ou le papier peint.

  • La frustration : lorsqu’un chien imaginait qu’il allait pouvoir sortir en promenade avec ses maîtres, il peut présenter une brève mais intense période de destructions et de vocalisations durant les quelques minutes suivant le départ des propriétaires

  • l’anxiété par anticipation du retour du propriétaire : les chiens qui ont été punis à plusieurs reprises à cause de leur comportement destructeur deviennent souvent anxieux par anticipation de la prochaine punition lors du retour du maître. Ils se montrent généralement soumis lorsqu’il rentre à la maison.

  • Une peur ou une phobie : s’il s’est produit un événement ayant effrayé le chien ou à la suite duquel il a développé une phobie alors qu’il était confiné dans une pièce en particulier, il peut devenir anxieux et essayer de s’échapper s’il est à nouveau enfermé dans cette pièce durant l’absence du propriétaire.

  • Un trouble de la cognition (sénilité) : la sénilité altère la capacité du chien à s’adapter à son environnement, il devient alors plus dépendant de la présence de son maître. Ces chiens peuvent devenir très anxieux lorsqu’ils sont laissés seuls.

  • Une véritable anxiété de séparation : l’anxiété de séparation touche plutôt les jeunes chiens, mais elle peut également survenir à la suite d’évènements bouleversant la composition de son environnement. C’est notamment le cas lors d’un déménagement ou lorsque l’un de ses maîtres recommence à travailler après une longue période d’inactivité.

Approche diagnostique

Le diagnostic sera établi grâce à l’analyse attentive des comportements évoqués précédemment. Il est capital de recueillir des informations concernant l’âge d’apparition des troubles, l’existence d’autres peurs ou phobies, et l’éventuelle présence de signes d’hyper-attachement pour pouvoir établir le diagnostic.

Pour déterminer qu’il s’agit d’une anxiété de séparation, le chien doit présenter les signes suivants :

  • signes d’anxiété lorsque le propriétaire se prépare à quitter la maison

  • apparition d’un stress même lorsque le chien est séparé de son maître pendant un temps très bref (par exemple, aller aux toilettes)

  • suivi du propriétaire afin d’en être le plus proche possible en permanence

  • une anxiété systématique dès que le maître est absent, même lorsqu’une autre personne est avec lui.

  • Une anxiété permanente tant que le maître est absent (agitation, pleurs, halètement, tremblements, perte de continence, ptyalisme)

  • un comportement destructeur dans le but de s’enfuir

Les chiens qui sont anxieux de façon intermittente lorsqu’ils sont seuls, mais qui ne présentent que peu d’autres signes d’hyper-attachement souffrent probablement d’une autre affection.

Il faut essayer autant que possible de confirmer le diagnostic grâce à des vidéos incriminant le comportement du chien. On essaiera d’en obtenir au moins deux à un moment où le chien était seul durant environ 40 minutes. Il faut inclure le moment où le propriétaire se prépare à partir.

Comment y remédier ?

Si le chien s’ennuie ou se montre opportuniste, il est possible d’y remédier en lui fournissant de nombreux objets qu’il peut détruire durant l’absence du propriétaire : un carton à déchirer, mâcher ou d’autres jouets pouvant distribuer de la nourriture (Kong ® ou Pipolino). Si le chien a peur de son retour, le propriétaire ne devra pas le punir.

Le traitement comportemental de l’anxiété de séparation est généralement plus efficace lorsqu’il est accompagné par un traitement à base de phéromones ou de clomipramine. On installera le diffuseur de phéromones à proximité de la zone de couchage du chien. Il ne faut pas l’allumer uniquement lorsque le propriétaire s’absente, mais au contraire le laisser allumé en permanence.

Beaucoup d’approches comportementales sont efficaces :

  • réduire l’importance que le chien accorde à la personne à laquelle il est hyper-attaché. Pour ce faire, on peut faire en sorte qu’une autre personne le nourrisse, joue avec lui et le promène.

  • Proposer au chien des activités l’encourageant à être plus indépendant, comme en jouant souvent avec lui lors des balades

  • aménager une zone de couchage propre au chien dans laquelle on l’encouragera à se reposer et à dormir sans aucun contact physique avec le propriétaire

  • désensibiliser le chien vis-à-vos des signes annonçant le départ du propriétaire (lorsqu’il prend ses clés, met sa veste ou ses chaussures, ferme les fenêtres ou éteint la télévision). Il faut que le propriétaire répète ces actions plusieurs fois dans la journée mais sans partir. Le chien va donc graduellement faire moins attention à ces indices de départ

  • habituer le chien à faire plusieurs balades de courte durée (moins de 2 minutes) par jour.

Le chien craintif

© Eric Isselée

© Eric Isselée

La peur constitue la base émotionnelle de beaucoup, voire de la majorité des problèmes comportementaux. Les signes les plus classiques de peur sont :

  • une attention focalisée sur le stimulus dont le chien a peur

  • une posture plutôt basse

  • des aboiements/grognements

  • des tremblements, un halètement

Le degré de peur est proportionnel à l’importance de la menace, il a tendance à diminuer au fur et à mesure des expositions ; l’animal aura de moins en moins peur du stimulus si ce dernier se révèle être en fait sans danger. Les chiens peuvent souvent avoir peur des inconnus, des autres chiens, du bruit et de la circulation en ville. Dans le contexte clinique, les chiens sont souvent craintifs lorsqu’ils voient un stéthoscope, un thermomètre ou une seringue.

Lorsqu’ils sont effrayés, les jeunes chiens adoptent plutôt un comportement d’évitement en essayant d’échapper à la menace, ou en allant se réfugier auprès d’un autre individu tel que le propriétaire. Lorsque le chien devient adulte, cette attitude se transforme donc généralement en agressivité liée à la peur ; il est donc important d’apprendre au chien à ne pas avoir peur des gens ou de ses congénères dès que possible.

Les chiens qui ont été élevés dans un environnement non domestique (chenil, ferme, dans une annexe hors de la maison) ont plus de chances d’être craintifs et de devenir agressifs, tout comme les chiens qui n’ont pas suffisamment été socialisés. Les propriétaires vont alors souvent renforcer ou confirmer le comportement craintif du chien en essayant de le calmer lorsqu’il est effrayé.

Principaux diagnostics référentiels

Les principaux diagnostics référentiels d’un comportement craintif sont l’anxiété et la phobie. L’anxiété correspond à une appréhension par anticipation d’un danger ou d’une menace. Elle se produit dans des situations sans véritable danger, mais où le chien n’a soit pas l’habitude et ne se sent alors pas en sécurité, soit il va l’associer à un autre situation dans laquelle il a peur. Les signes typiques de l’anxiété sont :

  • une perte d’appétit

  • des tremblements, un halètement

  • le léchage des babines

  • des bâillements

  • une augmentation de la vigilance ou de l’exploration de l’environnement

  • des difficultés pour fixer son attention (par exemple lorsqu’on lui donne un ordre)

Les chiens anxieux sont difficiles à entraîner car ils n’arrivent pas à se concentrer et ne sont pas motivés par les récompenses sous forme de friandises. Lorsqu’ils sont anxieux, les chiens sont facilement effrayés, perçoivent plus facilement les évènements extérieurs comme des menaces et réagissent de façon excessive à ce qui leur arrive (en devenant parfois agressifs ou en s’enfuyant). Une peur phobique est progressive et débilitante. Elle a tendance à s’étendre à d’autres stimuli. Un chien souffrant d’une phobie vis-à-vis d’un bruit en particulier devient souvent effrayé lorsqu’il entend un bruit qui se rapproche. Les signes typiques d’une phobie sont :

  • la peur ne s’estompe pas lors d’expositions normales et répétées au stimulus. Lorsqu’il s’agit d’une phobie, elle a tendance à s’aggraver avec le temps.

  • La peur est disproportionnée face au réel danger, et elle persiste longtemps après la disparition du stimulus. Lorsqu’un chien est phobique vis-à-vis du bruit en particulier, il paniquera même lorsque celui-ci est presque inaudible.

  • Des réactions de panique, le chien cherche à tout prix à s’enfuir.

La peur ou l’anxiété qu’éprouvent certains chiens font parfois partie d’un problème comportemental plus global. Cependant, il est important d’arriver à faire la différence entre une réaction de peur, phobique ou d’anxiété face à un stimulus, car le traitement ne sera pas le même.

Comment traiter l’anxiété ?

On conseille d’essayer d’éliminer l’exposition aux stimuli dont le chien a peur afin d’améliorer son bien-être. On réduira ainsi leur impact psychologique et le risque que l’animal devienne agressif tout en améliorant l’efficacité du traitement. Il ne faut pas que les propriétaires essaient de rassurer leur chien lorsqu’il est effrayé. On se servira des caractéristiques de la réponse du chien lorsqu’il a peur afin de :

  • déterminer un moyen de confronter le chien face au stimulus sans franchir le seuil au-delà duquel il a peur (en utilisant un enregistrement visuel ou auditif, en augmentant la distance ou en cachant en partie le stimulus) ?

  • Trouver les conditions dans lesquelles le chien ne sera pas anxieux mais détendu.

  • Exposer régulièrement le chien au stimulus de façon contrôlée en adoptant une approche de désensibilisation et de déconditionnement.

Comment désensibiliser ?

Pour effectuer une désensibilisation, il faut exposer le chien au stimulus dont il a peur de façon répétée, en restant sous le seuil d’intensité qui déclenche la peur et dans un environnement calme où le chien n’est pas stressé. L’avantage de cette méthode est que l’on peut la répéter tout le temps au même endroit et que les progrès effectués seront transposables partout. La désensibilisation est la première étape dans le traitement d’une phobie, il faut débuter avec un stimulus d’intensité très faible afin d’éviter d’effrayer le chien.

Le déconditionnement nécessite d’établir une association entre le stimulus à l’origine de la peur et quelque chose que le chien aime de façon inconditionnelle. Dès que le stimulus qui l’effraie apparaît, il faut lui proposer de jouer ou de lui offrir une friandise jusqu’à la disparition du stimulus. Cette méthode marche bien chez les chiens qui sont très motivés par ce type de récompense, mais il faut répéter l’opération dans des endroits différents, afin que l’apprentissage se généralise à toutes les situations.

Il est également important que le chien dispose d’un moyen de contrôle de l’intensité du stimulus qui l’effraie lorsqu’il y est confronté (on pourra par exemple lui donner un moyen d’éviter ou d’échapper à la menace qu’il perçoit). Ceci est particulièrement important pour les situations dans lesquelles il est impossible de supprimer le stimulus, telles que l’arrivée d’un bébé dans une maison où le chien a peur des enfants. Si ce chien peut se retirer dans un endroit inaccessible pour l’enfant, il s’habituera à sa présence beaucoup plus rapidement et risquera de devenir moins agressif.

On peut également appliquer le déconditionnement aux chiens ayant la phobie de certains bruits. Lorsqu’il se produit un événement dont le chien a la phobie, tel qu’un orage ou un feu d’artifice, il faut qu’il puisse avoir accès à une cachette au calme, dans la pénombre, avec un couchage confortable, de l’eau, de la nourriture et des objets familiers tels que des jouets ou des vêtements du propriétaire. Dans l’idéal, il faut préparer cette cachette une semaine avant l’évènement dont le chien a la phobie, il est également possible de le rendre plus apaisant à l’aide d’un diffuseur de phéromones.

Pour un stimulus donné, on constate généralement une amélioration en 4-6 semaines lorsque le traitement comportemental est effectué quotidiennement. Il est parfois nécessaire, dans les cas plus sévères, d’avoir recours à un traitement de soutien à base de phéromones ou d’un psychotrope.

Le chien agressif

© Rita Kochmarjova

© Rita Kochmarjova

La composante agressive du comportement d’un chien fait partie des éléments normaux de son mode de communication. Cependant, l’agressivité peut être normale ou anormale. L’agression normale est très ritualisée, chaque posture et chaque vocalisation possède une signification spécifique. L’intensité des signaux que le chien émet va augmenter pour signifier qu’il est de plus en plus menaçant et sur le point de passer à l’attaque. Le chien va donc d’abord grogner, puis montrer les dents, claquer des dents pour enfin essayer de mordre. Ces signaux d’avertissement sont accompagnés de postures particulières indiquant le degré de confiance du chien. Lorsqu’il s’aplatit et se recroqueville, il est effrayé et peu sûr de lui ; en revanche, lorsqu’il est dressé sur ses pattes, il est généralement sûr de lui et prêt pour une confrontation.

Avant de devenir agressifs, les chiens montrent généralement des signes d’anxiété, de stress, de peur ou de tension émotionnelle. Parmi ceux-ci, on pourra voir le chien se lécher les babines, bailler, lever la patte, ramener la queue entre les postérieurs, avoir un regard fuyant et se recroqueviller.

La morsure, elle, survient lorsque la personne a ignoré tous ces signes et que le chien est resté stressé. Mais même lorsqu’il devient agressif, l’agressivité est contrôlée, il ne va généralement mordre qu’une fois et lâcher prise. Le chien cessera d’émettre tous ces signaux s’il a appris, au travers de ses expériences passées, que ces signes d’avertissement sont souvent ignorés et donc inutiles.

Les chiens souffrant de troubles physiques ou émotionnels ne suivront pas toujours ce schéma ritualisé. Certains chiens peuvent devenir agressifs sans avoir émis, ou très peu, d’avertissements ou de provocation. Ils vont alors attaquer et mordre plusieurs fois.

Principaux diagnostics différentiels

Les principaux diagnostics différentiels comportementaux de l’agressivité sont un comportement de prédation ou un comportement de jeu :

  • le comportement de prédation est rare. Il cible généralement les autres animaux de compagnie et rarement les hommes. Il n’y a alors aucun signal indiquant l’imminence de l’attaque (pas de grognement, d’aboiement etc)

  • Le comportement de jeu est très courant et il est souvent confondu avec l’agressivité, en particulier lorsque de jeunes chiens jouent avec des enfants. On retrouve alors des signaux de communication qui sont spécifiques au jeu.

Le jeu peut parfois sembler agressif, être à l’origine de blessures et sembler difficile à distinguer d’une réelle agression au premier abord. Cependant, au cours du jeu, les chiens vont entrecouper l’agression pour jouer avec des signaux de « métacommunication », qui ont pour but de rassurer l’autre individu qu’il n’y a pas de réelle intention d’attaque. On pourra ainsi remarquer que le chien s’arqueboute, que sa posture est assez souple et que la bouche est ouverte avec les dents presque entièrement recouvertes par les babines.

Approche diagnostique

Toute douleur, maladie ou affection débilitante a tendance à augmenter l’irritabilité et le caractère craintif des animaux dans toutes les espèces. Il faut partir du principe que lorsqu’un chien adulte change brutalement de caractère ou de comportement, il est possible qu’il soit malade.

On conseille de se concentrer sur l’analyse des éléments suivants :

  • la cible de l’agression : espèce, âge, sexe, aspect physique, lien avec le chien (familier ou inconnu), que faisait la cible avant, pendant et après l’incident.

  • la posture et la communication : vocalises, comportement et postures avant, pendant et après l’incident.

  • le contexte : dans la maison, à l’extérieur, présence d’éléments stressants (bruit)

  • si le chien a des phobies ou peurs connues pouvant être reliées à l’incident.

Ces informations permettront de placer le problème dans l’une de ces catégories d’agressivité ;

  • Liée à la peur : lorsque la cible est un inconnu, la posture et le comportement du chien seront typiquement liés à la peur.

  • Territorialité : la cible est un individu non familier qui pénètre ou qui se trouve dans le territoire du chien. Il adopte une posture dressée. Le chien peut se comporter normalement lorsqu’il est sorti de ce contexte.

  • Possessivité : le chien défend de la nourriture ou un objet. Il peut adopter une posture reflétant de la peur ou être prêt à une confrontation.

  • Réorientation : elle se produit lorsque le chien devient frustré ou est puni lorsqu’il devenait agressif. Son agressivité se réoriente alors sur un autre individu tel que le propriétaire. Ce comportement augmente beaucoup le risque associé au traitement d’une agressivité territoriale ou entre deux chiens

  • Instinct maternel : lorsqu’une chienne a des petits ou fait une lactation de pseudo-gestation

  • Agressivité entre les chiens mâles

  • Agressivité dirigée vers le propriétaire ou la famille : la cible est alors une personne familière. Les signaux envoyés par le chien peuvent être de la peur, une attitude de confrontation ou changer au cours du temps et à la suite des incidents.

Une attaque dirigée vers le propriétaire/la famille comporte généralement plutôt des postures ambivalentes que des postures de dominance. L’analyse du déroulement d’un incident met toujours en évidence comme cause sous-jacente de la peur, de l’anxiété ou un conflit émotionnel.

Comment gérer ?

Il faut identifier les circonstances pouvant rendre le chien agressif afin de les éviter. S’il y a un facteur médical, il faut le traiter avant d’envisager les autres causes d’agressivité. Dans la majorité des cas, afin d’avoir des résultats concluants, il faut référer le chien à un comportementaliste. Cependant, il existe quelques méthodes pouvant aider le propriétaire à gérer les différentes formes d’agressivité que peut présenter son chien :

  • un chien qui devient agressif pour défendre son territoire ne doit pas entrer en contact avec des inconnus sans la supervision d’un adulte capable de le contrôler

  • on nourrira les chiens possessifs dans un endroit calme pour ne pas les déranger, et on s’assurera que les objets qu’il cherche à protéger son hors de portée.

  • L’agressivité liée à la peur doit être traitée par des techniques de déconditionnement

Il n’existe à l’heure actuelle aucune preuve que la stérilisation peut contribuer à diminuer l’agressivité d’un chien. Il ne faut donc pas conseiller d’opérer en premier lieu. Il est recommandé d’identifier la cause ou la motivation précise de ce comportement.

La malpropreté

© alexsokolov

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Les chiots et les chatons apprennent les endroits appropriés pour faire leurs besoins en observant leur mère. Ils auront chacun leur endroit et leur substrat préféré, qui les suivront durant toute leur vie. Lorsqu’on leur apprend à vivre à la maison, il faut essayer de respecter ces comportements naturels. Il faut emmener les chiots faire leurs besoins à l’extérieur dès le début, afin que cette préférence appropriée pour le propriétaire soit la plus ancrée possible dans son comportement. Les récompenses renforceront l’apprentissage.

Les chats ont une préférence pour les substrats ressemblant à du sable et les endroits isolés. Il faut donc proposer aux chatons plusieurs caisses facilement accessibles en attendant qu’ils choisissent le substrat qu’ils préfèrent et qu’ils aient accès à l’extérieur.

On déconseille d’utiliser des alèses ou des journaux comme latrines d’intérieur temporaires pour les chats ou les chiens, car cela les encourage à faire leurs besoins à l’intérieur.

Une fois que l’animal a choisi son endroit préféré pour faire ses besoins, il restera généralement propre durant toute sa vie. Il pourra arriver qu’il les fasse à l’intérieur s’il est soumis à un stress, une maladie ou qu’il ne peut pas accéder à l’endroit où il a l’habitude de faire ses besoins. Un chien en éveil peut normalement se retenir durant 4-5h d’affilée lorsqu’il est laissé seul.

Principaux diagnostics référentiels

La malpropreté peut faire suite à :

  • un mauvais apprentissage de la propreté

  • un marquage de l’intérieur de la maison

  • la sénilité

  • une polyurie/polydipsie

  • une incontinence : les signes d’incontinence sont une fuite de quelques gouttes d’urine lorsque l’animal est couché ou des mictions répétées sur le lieu de couchage

  • une diarrhée : beaucoup de propriétaires oublient de mentionner qu’en plus de la malpropreté, les selles de l’animal sont molles et en quantité augmentée

  • une anxiété : elle peut augmenter la fréquence des mictions et être à l’origine de selles plus molles

  • une peur : les animaux qui ont peur des feux d’artifice ou des voitures ne voudront pas aller faire leurs besoins à l’extérieur. Ils vont donc plus souvent les faire dans la maison.

  • Une peur du propriétaire : les animaux qui ont été punis à plusieurs reprises à cause de leur malpropreté ne veulent parfois pas aller faire leurs besoins lorsque leur maître est à proximité ; certains chats n’aiment pas utiliser leur litière lorsque leur propriétaire est présent, et certains chiens hésitent à faire leurs besoins au cours d’une balade.

Approche diagnostique

En s’aidant de l’âge et du sexe de l’animal, ainsi que des signes cliniques, on déterminera dans quelle mesure les facteurs suivants sont impliqués :

  • facteurs médicaux : sénilité, incontinence, etc.

  • facteurs émotionnels : peur, phobie, anxiété

  • apprentissage de la propreté

Lorsqu’il y a plusieurs animaux dans la maison, il est parfois nécessaire de les filmer pour déterminer quel est le « coupable ». Sinon, il est aussi possible de donner à l’animal une nourriture particulière pouvant être détectée dans son urine ou ses selles. Les grains de maïs sont un bon marqueur de selles car ils sont très peu digérés.

Chez les chats, il est important de distinguer le marquage urinaire (ex : jet sur un support vertical) d’une miction, car le traitement n’est pas le même. Pour le marquage, le chat choisit généralement un support bien visible pour émettre un jet d’urine à l’odeur forte en position debout. Lors du marquage, le chat a le regard vide et le bout de la queue tremble. Les chats choisissent un endroit plus isolé pour uriner, ils sont accroupis et le volume d’urine émise est beaucoup plus important. Il arrive cependant qu’un chat souffrant d’une cystite interstitielle urine en restant debout et émette un faible volume d’urine.

On identifie généralement un stress social à l’origine du marquage chez les chats. Il peut être dû à une compétition avec les autres chats au sein de la maison ou à l’extérieur. Les propriétaires doivent répertorier tous les endroits de la maison où ils retrouvent de l’urine et en quelle quantité. Lorsque les lieux de marquage sont plutôt localisés autour des portes menant à l’extérieur et des fenêtres, on s’orientera vers un problème de stress dû à une compétition avec d’autres chats de l’extérieur. S’ils sont plutôt localisés dans les couloirs ou sur les portes à l’intérieur de la maison, il s’agit de conflits entre des chats partageant la même maison.

Comment y remédier ?

Il faut commencer par s’assurer qu’il n’y a pas une cause médicale à l’origine du problème et la traiter le cas échéant. Les endroits qui ont été souillés par l’animal doivent être parfaitement nettoyés pour faire disparaître l’odeur lui permettant de les retrouver. Il faut faciliter l’accès de l’animal aux endroits appropriés pour faire ses besoins (faciliter l’accès à l’extérieur, augmenter le nombre de bacs à litière, etc.)

La malpropreté au sein de la maison chez les chiens

Dans tous les cas, il faut essayer au maximum d’apprendre aux chiens à faire leurs besoins sur commande. Il faut également leur donner la possibilité de faire leurs besoins juste avant que le propriétaire ne parte ou aille se coucher. Attention, ce n’est pas parce qu’on fait sortir le chien dans le jardin qu’il va forcément faire ses besoins. Il faut emmener les chiens faire leurs besoins dans un endroit où ils se sentent en sécurité et ne risquent pas d’être effrayés ou distraits par des bruits, d’autres chiens ou des menaces pour leur territoire.

Une méthode classique d’apprentissage de la propreté pouvant être conseillée au propriétaire est la suivante :

  • sortir le chien en laisse et l’emmener dans un endroit approprié du jardin toutes les 90 minutes ainsi qu’après chaque repas et chaque sieste

  • faire le tour de la zone d’élimination 2 à 3 fois puis s’arrêter

  • lorsque le chien commence à faire ses besoins, lui dire doucement une phrase qui servira de commande

  • récompenser le chien immédiatement dès qu’il a fini avec une friandise et détacher la laisse pour le laisser aller explorer et jouer dans le jardin quelques minutes

  • si après 10-15 minutes, le chien ne fait pas ses besoins, rentrer à la maison en le laissant en laisse et sans un mot

  • à mesure qu’on détecte les périodes durant lesquelles le chien fait le plus souvent ses besoins, on peut diminuer les sorties aux autres moments

  • énoncer la phrase de commande de plus en plus fort et lorsqu’on arrive au niveau de la zone d’élimination, au lieu de la dire lorsqu’il commence à faire ses besoins

Le reste du temps, il faut surveiller le chien pour ne pas lui laisser l’occasion de faire ses besoins à la maison. Lorsqu’on ne peut pas le surveiller, il est possible de le confiner dans sa zone de couchage. Il y aura ainsi moins de risque qu’il y fasse ses besoins.

Si le chien urine ou défèque dans la maison alors que le propriétaire est présent, il faut qu’il tape dans ses mains ou qu’il dise « non » sur un ton calme, puis qu’il l’emmène dehors pour terminer ses besoins.Il ne faut pas le punir car cette pratique peut engendrer des problèmes plus complexes à traiter.

Il ne faut jamais que le propriétaire punisse son chien lorsqu’il découvre qu’il a fait ses besoins (en rentrant au domicile par exemple).

Cet apprentissage nécessite généralement 2 à 3 semaines.

La malpropreté au sein de la maison chez les chats

La meilleure solution est de respecter les préférences du chat :

  • mettre deux bacs à litière à disposition pour l’urine et les selles

  • installer autant de bacs qu’il y a de chats dans la maison

  • respecter sa tranquillité en ne plaçant pas les litières dans un lieu de passage, à côté de la gamelle, etc.

  • pour le substrat, on mettra 2-3 cm d’épaisseur d’une litière minérale ressemblant à du sable. Beaucoup de chats n’aiment pas les litières végétales ou parfumées.

  • Il faut préférer les caisses ouvertes aux fermées.

Une fois que le chat a cessé de faire ses besoins à l’extérieur de la caisse, il est possible de retirer les bacs qui sont peu utilisés et de déplacer graduellement ceux qui le sont vers un endroit plus pratique pour le propriétaire.

Beaucoup de chats ayant accès à l’extérieur ont pourtant du mal à trouver un endroit qui leur convient pour faire leurs besoins, car il leur est difficile de s’isoler dans certains jardins pouvant par exemple être pavés. On conseille aux propriétaires d’aménager des zones d’élimination pour leur chat en bordure de jardin. Pour ce faire, il suffit de creuser des trous d’environ 30 cm de profondeur et de les remplir avec du sable fin.

Les problèmes de marquage urinaire chez les chats

Il faut identifier les sources de stress pour les supprimer. Lorsqu’il y a des conflits entre les chats d’une même maison, on diminuera considérablement les tensions en augmentant la disponibilité des ressources suivantes :

  • permettre un accès facile à l’extérieur en permanence

  • laisser l’alimentation en libre service à différents endroits de la maison afin que les chats puissent manger quand ils le souhaitent

  • augmenter le nombre de zones de repos et de couchage disponibles

  • faciliter l’accès aux zones de repos situées en hauteur avec des arbres à chats ou des étagères

  • augmenter le nombre de bacs à litière

Ces conseils sont également valables lorsque la source du stress est un conflit avec des chats étrangers. Il est aussi recommandé d’utiliser une chatière électronique qui ne laissera pas entrer les intrus. Les fenêtres autour desquelles le chat a fait du marquage doivent être occultées temporairement. Les chats de l’extérieur ne pourront ainsi plus intimider ceux de la maison.

Le premier jour de traitement, il est important de bien nettoyer plusieurs fois tous les endroits dans lesquels le chat a marqué à l’aide d’un produit inodore biologique. Il faut ensuite continuer à les nettoyer toutes les semaines ainsi que lorsque le chat marque à nouveau, jusqu’à ce que le problème soit résolu. On éliminera ainsi l’odeur des marquages qui attirent le chat et l’incitent à marquer à nouveau le même endroit.