La leucose féline (FeLV)

Qu’est ce que la leucose féline ?

Le virus de la leucose féline (FeLV) est un rétrovirus du genre des lentivirus. Il est excrété dans toutes les sécrétions, mais la contamination se fait principalement par voie oronasale, via la salive infectée. La transmission du virus se fait en général par un contact prolongé avec des sécrétions contaminées (une toilette mutuelle, un partage de gamelle, par exemple).

Une fois qu’un chat est porteur du FeLV, il y a trois possibilités :

  • il devient infecté permanent

  • il est infecté de façon transitoire puis élimine le virus (ce qui peut prendre jusqu’à 3 mois)

  • il développe une infection locale/focale grâce à laquelle le virus va persister dans certains tissus sans être détectable dans le sang.

Quels sont les signes cliniques ?

L’infection par le FeLV est plus courante chez les jeunes chats, qui déclareront des signes cliniques dans les 3-5 ans suivants. Elle est plus répandue chez les chats qui ont vécu en groupe puisque la maladie se transmet par contact étroit et répété.

Une grande proportion des chats FelV-positifs développent un lymphome (cancer des ganglions). Le virus peut aussi être à l’origine d’une anémie (anémie hémolytique à médiation immunitaire ou atteinte de la moelle osseuse) ; les signes généraux observés sont alors un manque d’appétit, une perte de poids, de la fièvre, une pâleur, une faiblesse ou du pica. Le FelV peut aussi engendrer une immuno-suppression, ce qui facilite le développement de maladies opportunistes, de la même manière que lors d’une infection par le FIV

Un vaccin existe-t-il ?

On recommande de faire une vaccination de routine contre le FeLV pour tous les chats ayant accès à l’extérieur ou vivant avec des chats porteurs du virus. Il n’y a pas de contre-indication à vacciner un chat cliniquement sain dont un test ELISA/immunochromatographie ou PCR est positif, car il peut s’agir d’un faux positif ou d’une exposition ancienne au virus, auquel cas le chat ne sera pas protégé contre le virus s’il n’est pas vacciné.

Quel traitement possible ?

Chez les chats infectés, il n’existe pas à l’heure actuelle de traitement permettant d’éliminer le virus, mais il existe certaines molécules, telles que l’azidothymidine (AZT) et l’interféron recombinant d’origine féline, utilisées pour essayer de limiter les conséquences de la présence du virus. Mais l’efficacité de ces traitements est controversée.

Tout comme pour le FIV, plusieurs éléments sont à prendre en compte si le chat est infecté. D’abord prévenir les infections secondaires :

  • en évitant de donner de la viande crue et en essayant d’éviter la prédation (pour réduire le risque de développement d’une toxoplasmose)

  • traiter régulièrement contre les puces

  • vermifuger régulièrement

  • fournir une alimentation de qualité

  • vacciner régulièrement contre les herpesvirus et calicivirus, ainsi que contre le typhus si le chat vit en groupe. S’il est seul, la vaccination n’est pas obligatoire.

Il faut rapidement identifier et traiter l’infection secondaire quand elle se manifeste : infection bactérienne, infection par des protozoaires comme la giardiose, ou la toxoplasmose. Enfin, il faut réduire le risque de contamination pour les autres chats.

Que faire si son état ne s’améliore pas ?

Lorsqu’un chat infecté par le FelV développe une maladie associée à ce virus, le pronostic est sombre. Ils peuvent cependant bien répondre à court terme aux traitements, comme lors d’un lymphome. Si le traitement d’une maladie associée au FelV n’est pas efficace, il est possible d’orienter le patient vers un spécialiste s’il existe un traitement alternatif.

Une fois l’infection par le FelV diagnostiquée, la suite dépendra de l’état de santé du chat. S’il est en bonne santé, il suffira de prévenir les infections secondaires et d’éviter la transmission aux autres chats.

Le chat FIV-positif

Qu’est-ce que le FIV ?

Le virus de l’immunodéficience féline (FIV) est un rétrovirus appartenant au genre des lentivirus. L’excrétion du virus se fait par la salive, et la transmission s’effectue généralement par morsure. La charge virale étant très élevée dans la salive, une seule morsure peut être contaminante. Les chats qui se battent, en particulier les chats sauvages et les mâles non castrés ayant accès à l’extérieur, sont les plus exposés. Il existe beaucoup d’autres modes de contamination mais moins courants, comme le léchage lors de la toilette, le partage des gamelles, la transmission transplacentaire ou par le lait.

Il faut savoir qu’un chat infecté le restera toute sa vie. Il sera d’abord asymptomatique durant les premières années : ses cellules immunitaires sont progressivement attaquées et leur effectif diminuera avec le temps. L’apparition de maladies liées à l’infection par le FIV ne se fera donc pas avant plusieurs années, le plus souvent jusqu’à un âge moyen à avancé.

Quels sont les signes cliniques ?

Il peut y avoir un bref épisode fébrile, une fatigue et parfois une lymphadénopathie (une pathologie qui affecte le noeud lymphatique et qui se manifeste par une hypertrophie du ganglion lymphatique) au cours des trois premiers mois suivant l’infection, mais ces signes passent le plus souvent inaperçus.

Le FIV peut être associé à des maladies très variées mais non spécifiques. Les signes cliniques peuvent résulter de l’infection en elle-même directement, avec une lymphadénopathie, une fièvre, une diarrhée, une uvéite, une choriorétinite (une atteinte des pigments de l’oeil), des troubles neurologiques ou encore des tumeurs. Mais en général, les signes sont plus caractéristiques et découlent de l’immuno-suppression et des infections bactériennes secondaires, protozoaires, fongiques, par des levures virales ou par des parasites.

Il faut penser au FIV comme cause sous-jacente de beaucoup de maladies, surtout lorsqu’elles sont récurrentes et incurables.

Parmi les nombreux symptômes possibles, il faut compter une gingivite/stomatite, une infection respiratoire, une conjonctivite/kératite, une anémie, une méningite/encéphalite ou encore une infection cutanée. Les diagnostics différentiels à envisager dépendront des symptômes présents.

Quel traitement ?

Contrairement au FelV, le vaccin contre le FIV n’est pas disponible dans tous les pays. Un vaccin est disponible sur le marché américain, mais son efficacité est encore controversée.

Une fois le chat infecté par le FIV, le virus ne pourra jamais être éliminé. Il n’y a actuellement aucun traitement efficace pour inhiber la réplication du virus, même si certaines molécules, elles aussi controversées (comme l’AZT, ou l’interféron recombinant d’origine féline) sont utilisés pour réduire les effets du virus.

Il sera toutefois possible de mettre en place certaines mesures assez efficaces pour les chats infectés :

  • prévenir les infections secondaires : exactement les mêmes recommandations que pour le FelV.
  • Traiter contre les puces et vermifuger régulièrement
  • Fournir une alimentation de qualité
  • Garder le chat en intérieur pour limiter son exposition à des agents infectieux
  • Mêmes recommandations concernant les vaccins que pour l’infection au FelV
  • Réduire les risques de contamination des autres chats en stérilisant les chats entiers

Il est fortement conseillé de garder son chat en intérieur, mais si le propriétaire a des scrupules, il peut le laisser sortir dans la journée. La plupart des bagarres entre chats ont lieu au crépuscule et à l’aube.

Le manque d’appétit et l’anorexie

Le manque d’appétit ou l’anorexie sont des signes fréquents mais non spécifiques de maladies systémiques, et ils peuvent être aussi causés par des sensations de nausée. Un manque d’appétit doit être différencié d’un animal ayant un appétit difficile, ce qui est particulièrement courant chez les chiens de race de petite taille.

Principaux symptômes

  • incapacité à sentir la nourriture

  • fièvre

  • douleur

  • problème dentaire

  • trouble gastro-intestinal, en particulier présence d’un corps étranger, d’une tumeur intestinale ou d’une gastro-entérite sévère

  • insuffisance rénale

  • trouble hépatique

  • pancréatite

  • insuffisance cardiaque

  • anémie

  • processus tumoral

  • désordre métabolique

Pour pouvoir s’assurer de l’importance et des conséquences du manque d’appétit et de l’anorexie, il faut que le propriétaire puisse indiquer au vétérinaire quel pourcentage de la quantité habituelle de nourriture l’animal a-t-il mangé, depuis combien de temps l’appétit diminue, s’il a perdu du poids et s’il boit normalement. Il faut réaliser un examen clinique complet de tous les appareils. L’abdomen en particulier, doit être palpé avec attention afin de rechercher la présence d’éventuelles masses, car on peut facilement passer à côté. Il faut également noter l’état corporel, l’état d’hydratation et les indicateurs d’une éventuelle maladie sous-jacente.

Par la suite, les démarches diagnostiques seront orientées selon la présence ou l’absence de signes spécifiques révélateurs de certaines maladies. Si aucun signe clinique révélateur n’est présent, et qu’une origine alimentaire est exclue, on recommande d’effectuer une prise de sang pour faire une analyse des paramètres hématologiques et biochimiques ainsi que des analyses urinaires. Si encore une fois rien ne ressort de ces analyses, il est préférable de réaliser des radiographiques du thorax et de l’abdomen.

Quel traitement ?

L’identification et le traitement spécifique du problème en cause permettront un retour de l’appétit. Durant la période de convalescence, le propriétaire devra proposer des petites quantités de nourriture appétente et réchauffée, comme du poulet ou du poisson cuits, ou encore une alimentation humide vendue en clinique adaptée à la convalescence. Certains animaux apprécieront d’être nourris à la main, mais il faut éviter de les forcer à manger car ils peuvent développer une aversion envers la nourriture proposée.

Que faire si son état ne s’améliore pas ?

Une anorexie totale durant plus de trois jours chez les chats, et cinq jours chez les chiens, devient une urgence vitale. Ce risque est d’autant plus important chez les chats à cause du risque de lipidose hépatique. Il faut hospitaliser l’animal, lui poser une voie veineuse pour le réhydrater si nécessaire, et lui fournir les fluides nécessaires à ses besoins d’entretien. Il faut également rétablir l’équilibre électrolytique. Il faut essayer de l’alimenter par voie entérale. Si l’animal reste anorexique, il faudra mettre en place une sonde naso-oesophagienne. Elles sont en général assez bien tolérées, simples à mettre en place, et idéales pour l’alimentation à court terme des patients qui ne vomissent pas et qui n’ont pas d’atteintes oesophagienne. Les animaux peuvent quand même manger d’eux-mêmes avec la sonde en place. Certains animaux tolèrent d’être nourris à la seringue mais seules des personnes ayant l’habitude doivent le faire à cause du risque de faire fausse route, et il ne faut pas continuer si l’animal l’accepte mal.

La perte de poids

Chez un chien ou un chat en bon état corporel, on sentira facilement une fine couche de gras recouvrir les côtes. On pourra également voir sa taille s’affiner en arrière des côtes lorsqu’on le regarde du dessus. On s’apercevra souvent qu’un changement de poids a eu lieu quand cette silhouette idéale est modifiée. Cependant, le propriétaire peut se tromper quant à l’origine du changement de poids de son animal. Par exemple, les chiens présentant à la fois une distension abdominale et une fonte musculaire, peuvent donner l’impression à leurs propriétaires d’avoir pris du poids, alors qu’ils en ont perdu. Les animaux en croissance perdent rarement du poids, mais ils peuvent souffrir d’un retard de croissance lorsqu’ils apparaissent trop maigres pour leur âge.

Une perte de poids peut avoir beaucoup d’origines différentes et doit toujours être considérée comme pathologique, sauf si le propriétaire a lui-même réduit la quantité de nourriture ou augmenté son niveau d’exercice. Lorsque la perte de poids est progressive, le propriétaire mettra plus de temps à s’en rendre compte. Il est donc conseillé de noter le poids de son animal à chaque visite vétérinaire, afin de mieux apprécier tout changement.

Quels sont les symptômes ?

Ils peuvent être de 4 types différents, avec de multiples origines :

Insuffisance de l’apport calorique due à :

  • une alimentation de mauvaise qualité ou en quantité insuffisante

  • une maladie systémique, causant une perte d’appétit ou une anorexie (ex : insuffisance rénale chronique)

  • une impossibilité à s’alimenter, par exemple suite à un traumatisme crânien

  • une augmentation du niveau d’exercice ou de travail

Une mauvaise absorption intestinale due à :

  • des parasites intestinaux

  • une atteinte gastro-intestinale

  • une insuffisance du pancréas exocrine

Une incapacité à utiliser les calories absorbées due à :

  • un diabète sucré

  • une affection hépatique

  • un syndrome néphrotique

Une augmentation du métabolisme causée par :

  • une hyperthyroïdie (chez les chats)

  • une maladie infectieuse ou inflammatoire chronique

  • une cachexie associée à un processus tumoral ou à une insuffisance cardiaque

Une perte de poids a souvent une origine multifactorielle, il faut donc hiérarchiser les hypothèses différemment selon l’âge de l’animal. Un vieux chat qui s’amaigrit souffre très probablement d’une insuffisance rénale, d’une hyperthyroïdie, d’un diabète sucré et/ou d’un processus tumoral, alors qu’un retard de croissance chez un chiot est souvent causé par une alimentation inadaptée ou du parasitisme intestinal.

Comment y remédier ?

Si l’alimentation est incorrecte, il faut commencer par la corriger. Si un doute persiste quant au protocole de vermifugation effectué, en particulier chez les jeunes animaux, il faut en faire un nouveau. La plupart du temps, un traitement efficace sera basé sur l’identification et la prise en charge de la cause sous-jacente.

Que faire si l’état de s’améliore pas ?

Il faut poursuivre les investigations si la perte de poids continue malgré les premiers examens. Les radiographies de l’abdomen peuvent révéler des éléments indétectables à la palpation (ex : une tumeur). Les patients atteints d’une affection gastro-intestinale ou d’une insuffisance pancréatique exocrine peuvent présenter des vomissements ou une diarrhée de façon peu fréquente, ou bien le propriétaire peut ne pas avoir remarqué les signes gastro-intestinaux (ex : chats ayant accès à l’extérieur). D’autres examens complémentaires tels qu’une échographie abdominale, une endoscopie ou une biopsie peuvent être nécessaires pour établir un diagnostic définitif. Les tests de dépistage des maladies infectieuses peuvent être utiles, bien que généralement les patients présentent d’autres signes cliniques.

Le cas de Elvis

Elvis, le cane corso de Virginie, a aujourd’hui 8 ans et court comme un lapin. Mais ce n’était pas gagné d’avance. Très jeune, Elvis a manifesté de graves symptômes d’une dysplasie de la hanche qui l’handicapait beaucoup. Elvis boitait en permanence, présentait une fonte musculaire et une douleur aiguë à l’extension de ses hanches. « Il avait les pattes arrière complètement tordues et avait du mal à marcher », se souvient Virginie. Elle l’a donc confié au docteur Benaïm, qui témoigne : « La dysplasie est une affection fréquente touchant principalement les chiens de grande race, qui est due à un développement anormal de la hanche lors de la croissance du chiot. L’hérédité est un facteur majeur de la dysplasie. Il peut arriver néanmoins que les parents soient indemnes mais qu’ils possèdent tout de même des gènes de la maladie. »

Elvis aujourd'hui

Elvis aujourd’hui

Quels sont les signes d’une dysplasie ?

La dysplasie de la hanche engendre une laxité de l’articulation de la hanche. De ce fait, la tête fémorale et le cotyle (cavité articulaire) se déforment en s’aplatissant. De l’arthrose apparaît sur l’articulation et est cause de douleurs. Parfois, l’articulation peut être si modifiée que suite à un traumatisme mineur, elle peut se luxer. L’animal se met alors subitement à boiter. La réduction de la luxation (remise en place) est généralement inefficace car la hanche est trop modifiée.

Généralement les signes cliniques de dysplasie coxo-fémorale peuvent être décelés vers l’âge de 3 mois (il existe alors des traitements chirurgicaux précoces très efficaces) mais le diagnostic est plus souvent réalisé vers 8 à 12 mois, comme ce fut le cas pour Elvis.

Certains chiens ne montrent les premiers signes de dysplasie que vers 2 ans, voire quand ils sont âgés. Les signes cliniques d’un problème peuvent d’abord apparaître comme une intolérance à l’exercice. Les sauts de lapin, la difficulté à se lever après un repos, une boiterie sur un postérieur, et l’atrophie des muscles des postérieurs sont des signes caractéristiques.

La luxation de la hanche est une autre indication de chirurgie. Si des signes d’arthrose sont présents lors de luxation de la hanche, ou en cas de luxation ancienne, la hanche ne peut être remise en place dans le cotyle. Une prothèse totale de hanche ou une résection arthroplastie  de la tête et du col fémoraux sont alors indiqués. Les fractures graves de l’acétabulum ou de la tête ou du col fémoraux ne peuvent parfois pas être réparées.

Une forme de dégénérescence de l’articulation coxo-fémorale, appelée maladie de Legg-Perthes-Calve existe chez les petits chiens en raison d’une altération de la vascularisation de la tête fémorale. Cette maladie provoque l’effondrement de la tête du fémur et il en résulte de la douleur.

But de l’opération

L’animal est  anesthésié. Le membre et la hanche à opérer sont entièrement tondus. Une incision est réalisée sur la région de la hanche. L’articulation coxo-fémorale est exposée et la tête et le col fémoraux sont ôtés. Les plans musculaires, graisseux et cutané sont refermés. Si nécessaire, la tête fémorale est envoyée pour analyse histologique.

Après la chirurgie, des tissus fibreux se forment dans la région de l’articulation coxo-fémorale, empêchant ainsi le contact os contre os. La masse musculaire maintient la hanche en place. La patte opérée sera légèrement plus courte qu’en pré-opératoire, mais cela ne cause aucun problème fonctionnel.

Convalescence

Virginie pensait que son chien ne marcherait jamais correctement, et qu’il courrait encore moins. « Mais l’opération a extrêmement bien fonctionné et un an après, tout était oublié, Elvis courait très bien. David s’en est très bien occupé ». Le docteur Benaïm l’atteste : « La plupart des animaux vont bien après cette intervention. Ils commencent à poser la patte et à s’y appuyer dans les deux semaines suivant la chirurgie. L’appui se montre progressivement plus franc et la récupération est complète en 2 à 3 mois. A noter que pour les animaux de plus grande taille, une faiblesse peut être observée sur le membre opéré. Ceci est dû à la musculature supportant la hanche, un exercice trop important pouvant mener l’animal à boiter. Des anti-inflammatoires peuvent soulager l’animal en cas de besoin. Elvis, quant à lui, a récupéré en 2 mois une locomotion quasi normale. »

Quels soins post-opératoires?

Des soins sont évidemment prodigués à l’animal opéré, le contrôle de la douleur post-opératoire est gérée au besoin avec de la morphine. Une fois de retour à la maison, des médicaments seront prescrits pendant quelques jours.

Contrairement à ce qu’on pourrait penser, l’activité n’est pas limitée après la chirurgie. En fait, l’exercice permet de limiter la formation d’adhérences et donc de maintenir la mobilité de l’articulation de la hanche. La rééducation doit être réalisée jusqu’à ce que l’animal utilise normalement sa patte. Ceci consiste en des mouvements de flexion et d’extension de l’articulation de la hanche. La nage, lorsqu’elle est possible, est une autre forme de physiothérapie. Il est aussi recommandé que des séances de rééducation soit réalisées avec le vétérinaire du service de rééducation fonctionnelle.

Le cas de Corsica

corsicaIl y a 7 ans en Corse, Isabelle a recueilli un chien peut-être sauvage, peut-être abandonné, elle n’a jamais trop su. « La maison était constamment ouverte, un jour ce chien est entré spontanément. Il avait les pattes en sang, il errait sans doute depuis un moment. Mais on n’a jamais rien su de son passé, d’où il venait, s’il était vraiment sauvage ou tout simplement abandonné », raconte-t-elle.

Naturellement baptisé « Corsica », cette sorte de croisé labrador est le premier chien d’Isabelle, qu’elle a ramené avec elle à Paris. Il avait alors 2 ans environ. Et bien que sorti de nulle part, ce chien avait un sens inné des limites : « Il ne monte jamais à l’étage, n’entre pas dans la salle de bains, il marche parfaitement en laisse, obéit à tous les ordres, bref, il est super bien élevé alors que je ne lui ai jamais rien appris ! Je me demande parfois s’il n’avait quand même pas connu le contact humain avant nous… Mais on ne saura jamais. »

Malheureusement, Corsica était porteur de la leishmaniose, cette maladie souvent mortelle transmise par un moustique appelé « phlébotome », et qui sévit justement sur tout le pourtour méditerranéen. Isabelle l’a découvert lorsqu’on lui a diagnostiqué un cancer de la rate. L’ablation de l’organe a été faite il y a an, et pourtant aujourd’hui Corsica se porte à merveille et « court comme un dératé » !

On sait qu’après une telle opération les chances de survie sont minces et l’espérance de vie assez courte… Mais Corsica a bénéficié d’un remède miracle : « Chaque jour il prend du Pet Phos, 1mg d’aspirine en préparation, du Zyloric également, et 200 mg de doxycycline. A cela s’ajoute un régime alimentaire spécial, à base de légumes, viande blanche, pain et riz. On s’y tient à la lettre, et depuis un an l’état de santé de Corsica s’est considérablement amélioré », explique Isabelle.

Le traitement de Corsica est donc essentiellement phytothérapeutique, sans molécule chimique, et c’est sans doute ce qui contribue à son excellente santé. De surcroit, ce traitement n’a pas un coût excessif.